Un jour, ça y est. On se réveille en se disant qu’on est en train de devenir apicoleuse.

C’est encore un peu confus mais on sait que bientôt la supersédure n’aura plus de secret pour soi, non plus que la parthénogenèse arrhénotoque.

On se pénètre de ces mots nouveaux en les répétant in petto encore et encore, comme pour se défaire de notre timidité à leur égard. C’est qu’ils ont une apparence un peu guindée et hautaine, de prime abord : ommatidie, par exemple, il ne vous en impose pas, à vous ?

Tout le contraire d’ostiole, léger et mignon comme un diminutif. Ça glisse tout seul sur les dents et la langue, ça s’échappe de la bouche en voletant légèrement. Ostiole.

D’autres ont un son déjà connu même si la définition qu’on s’en fait n’est pas forcément très nette. C’est le cas de miellat… presque un cri de chat.

Pis on se défait de quelques uns de nos préjugés. Une ouvrière passe la majeure partie de son temps non pas à travailler, mais à se reposer et à arpenter le superorganisme qu’est la colonie. Un vrai scandale !

On apprend le secret de la phéromone royale, le secret des danses frétillantes effectuées dans le noir sur les rayons… Tout un monde à découvrir, rien de moins.