Cette fois, au lieu de Sardy, nous partirons d’Epiry (les Quatre Vents) pour arriver à Montreuillon en suivant la rigole d’Yonne.

Nous en profitons pour aller voir la tour d’Epiry – de loin, car elle est non visitable et située en propriété privée. Cette grande tour carrée est surnommée « Tour Vauban » mais ce n’est pas lui qui l’a conçue. Son épouse était originaire d’Epiry et cette tour du 15e siècle appartenait à sa famille. Aussi, ce fut simplement le domicile du maréchal durant ses rares congés, avant qu’il n’acquière le chateau de Bazoches.

La plaque en marbre fut posée sur la façade par Napoléon Ier, en hommage à Vauban.

Nous voilà partis, sous les gouttes comme la veille, et donc je ne sortirai pas mon appareil photo de la journée – ah si, une exception le soir, vous verrez à quel sujet…

Le chemin à prendre pour rejoindre la rigole d’Yonne est très boueux. Ca met tout de suite dans l’ambiance !

Il fait plus froid qu’hier et la pluie ne faiblit pas, que du contraire. Il y a quelques nappes de brume.

Tout est silencieux. Nous sommes seuls.

Nous avions promis au logeur, grand fan de champignons, de prêter attention aux spécimens que nous rencontrerions.


De la famille des clavaires ?


Anthurus d’Archer

Ce champignon rouge en forme de pieuvre (ou d’étoile de mer, comme vous préférez !) est originaire d’Océanie. La façon dont il est parvenu en France n’est pas clairement établie.

En tous cas il dégage une odeur épouvantable et n’est pas comestible !

L’arche formée par les branches des arbres ne suffit pas à nous éviter la douche (froide, la douche).

AàG ne pensait pas avoir autant raison en disant « la seconde semaine sera sous le signe de l’eau » 😆

Nous arrivons au but de notre promenade, l’aqueduc de Montreuillon. Haut de 33 mètres et long de 152m, il possède 13 arches et a été construit en 1841.

Prière de ne pas glisser. Ni d’un côté ni de l’autre, d’ailleurs !

Vues panoramiques sur la campagne humide et brumeuse – oh yeah.

Vues depuis l’autre côté de l’aqueduc – à noter qu’il n’y a de petit pont métallique qu’à une seule extrémité, il faut bien choisir son côté dès le départ.

Un sentier descend sur la grand-route, nous préférons continuer à suivre le canal dans les bois.

Au niveau de la Roche Ménard, on croise une petite route qui descend mais on continue, avant de s’apercevoir que nous faisons fausse route : on est bien trop haut par rapport aux maisons, il n’y a plus de jonction possible.

Hop demi-tour sous la drache et on descend dans le village dire bonjour à la rivière.


L’Yonne gonflée par les précipitations

Le seul endroit abrité que nous trouvons pour pique-niquer, c’est une aubette de bus. Ca devient une habitude 😆

Nous avons à nouveau reçu un sac de tomates de notre logeur, et elles sont toujours aussi délicieuses… Ah si seulement on pouvait avoir les mêmes chez nous !!

Avec l’immobilité on a encore plus froid, alors on décide d’entrer dans le café d’en face. Leur chocolat est dégueulasse mais au moins il est chaud. On effectue le retour au pas de course : on n’a plus rien de sec, on grelotte, bref c’est un peu trop galère !

On aura cependant la chance de voir deux cincles plongeurs faire des rase-mottes au-dessus de l’eau. Ils fuient un peu plus loin à chaque fois que nous nous rapprochons, le petit jeu dure un moment ! Ils sont trop vifs et trop distants pour les photographier.

Sur la route nous apercevons un autre petit aqueduc que nous ne connaissions pas.

Je laisse AàG y monter seul, je suis indécollable du chauffage de la voiture !

Nous allons ensuite au lac de Pannecière.

C’est le plus grand lac du parc du Morvan et c’est là le départ du canal (communément appelé « rigole d’Yonne ») d’alimentation du canal du Nivernais.

Ce barrage à voûtes multiples (ou « multivoûtes ») est muni de douze contreforts. Il a été conçu suite aux grandes inondations de Paris (1910), pour mieux contrôler les crues des affluents de la Seine.

Les variations annuelles de niveau de ce lac-réservoir, qui permet à la fois l’écrêtement des crues en hiver et le soutien d’étiage en été, vont jusqu’à 25 mètres.

La longueur du barrage dépasse les 350m et sa hauteur atteint quasiment les 50 mètres.

Nous n’aimons pas du tout cet endroit : il appartient à la Ville de Paris et franchement ça se ressent, c’est grillages et caméras partout…

Le logeur nous avait conseillé de monter jusqu’à la chapelle du Banquet pour le panorama, mais vu le temps brouillardeux (et notre manque de courage il faut bien le dire) on laisse tomber.

On se rabat sur l’église de Corbigny, qui possède quelques beaux vitraux et statues.

Il cesse enfin de pleuvoir et je finalise quelques cartes postales avec des timbres durement acquis au bar-tabac du coin. La tenancière m’engueule presque, parce que c’est un service gratuit qu’elle rend. C’est ma faute, peut-être ?

Ensuite elle n’arrive pas à faire correctement l’addition pour les quelques malheureux timbres en question… bon je suis pas malhonnête je le lui dis 🙄

L’honorable abbaye de Corbigny a été défigurée avec enthousiasme par un américain nommé Lawrence Weiner. Il appelle les méfaits oeuvres qu’il commet réalise des « sculptures ». Celle-ci s’appelle « au pays » et date de 2009. (Merci vos impôts !)

Je sors mon APN. AàG me dit « Noooon, tu ne vas pas photographier CA ? »
Et si !!

Extraits du panneau explicatif (sais pas ce qu’ils avaient fumé !!) :

Les oeuvres de Lawrence Weiner, qu’il nomme sculptures, se présentent sous la forme d’énoncés qui désignent des objets et des actions qui se construisent dans l’esprit du spectateur. Quelles que soient leurs formes (objets, phrases, éditions), elles se présentent comme des témoignages d’expériences que l’artiste a tentées concernant la nature, les priorités, le comportement de matérieux, d’objets ou de phénomènes. C’est cette dimension matérielle qui distingue son travail de l’art conceptuel dont il a été une figure fondatrice majeure, ayant participé à l’émergence et aux fondements de ce courant au cours des années soixante.

(…)

La proposition de Lawrence Weiner se déploie à la fois à l’extérieur de l’abbaye, sur sa façade sud, comme en écho à la pierre de fondation du monument située à fleur de terre sur le pavillon du couchant, et à l’intérieur, dans l’escalier monumental. Elle consiste, dans les deux cas, en une phrase inscrite directement sur le mur, en dialogue avec l’architecture, le territoire et le spectateur. Les couleurs utilisées par l’artistes, jaune, bleu et rouge, rappellent tout autant celles du drapeau de la Bourgogne que celles des toits vernissés de la région. Ainsi, l’oeuvre s’intègre-t-elle dans l’histoire et le patrimoine culturel régional tout en référant au bâtiment de l’abbaye, porteur d’un projet culturel contemporain.

Tournée vers la ville, l’oeuvre s’adresse aux habitants de Corbigny et aux visiteurs, leur propose le texte comme un refrain à fredonner et opère une transition entre l’extérieur et l’intérieur de l’abbaye où la même inscription, organisée autour de l’oculus, se retrouve sur le mur de l’escalier monumental. Sur la façade, les mots viennent s’inscrire sur les bandeaux horizontaux qui séparent les deux niveaux, tout en introduisent un léger décalage avec le rythme régulier des ouvertures. En réponse à l’architecture classique du XVIIIe siècle, l’intervention de l’artiste marque son propre rythme, revendiquant ainsi sa modernité.

Alors ok j’ai un certain parti pris contre l’art « moderne » mais là, quand même… ça n’a rien d’original ni de moderne, il suffit de regarder la mairie, qui possède des bandeaux similaires (avec les mots ‘liberté’, ‘égalité’, ‘fraternité’ et ‘république française’), sur deux étages également, pour comprendre d’où est venue son inspiration…

Ensuite nous allons souper au Bistrot comme le premier jour, mais cette fois nous avions réservé. En effet, le mercredi est le jour de fermeture dans le coin, et nous voulions nous assurer d’avoir une place. Enfin, deux places. C’est mieux.

S’ensuit une chasse aux moustiques dans la chambre en guise d’exercice digestif !