La commune de La Machine doit son drôle de nom à un système de treuillage particulier qui permettait de monter et descendre les mineurs et le matériel dans les mines de charbon locales. Il s’agissait d’un manège mû par des chevaux.

Nombre d’habitants venaient, curieux, voir cette étrange « machine » d’extraction construite là par un ingénieur liégeois à la fin du 17ème siècle. L’exploitation industrielle de ce bassin houiller allait amener le développement de la ville et sa prospérité durant trois siècles…

Nous commençons par visiter le musée, installé dans les anciens bureaux de la houillère mais, très rapidement, la dame de l’accueil nous fait signe que nous sommes à présent suffisamment nombreux pour la visite guidée au puits des Glénons, où se trouvent le chevalement métallique et une reconstitution de la mine.

Le dernier propriétaire de la houillère, avant la nationalisation en 1946, était la compagnie Schneider & Cie. La fermeture eut lieu en 1974-75… après six siècles d’exploitation ! Au départ on exploitait artisanalement les affleurements de houille à ciel ouvert ou à flanc de coteaux. Les quatre « filons » (les Meules, les Blards, les Crots et les Murs) se partageaient en 13 couches différentes.

Notre groupe de visiteurs n’aura malheureusement pas la chance d’avoir un ancien mineur comme guide. Nous commençons par les installations de surface et notamment la salle de commande des treuils, avec ses énormes tambours.

Pour communiquer entre la surface et le fond, un « alphabet des signaux » était mis en place. Il s’agit de codes sonores : le nombre de coups frappés correspondait à des ordres prédéfinis (arrêt de la cage, descente ou montée, etc.)

On notera la présence d’une traduction en italien et en polonais, signe de la présence en nombre de ces nationalités parmi les ouvriers. Il y avait également des Chinois, arrivés là durant la première guerre mondiale, mais presque tous repartirent dans les années ’30.

Je pense (?) que ceci est un généphone ou « téléphone du fond » (souvent appelé yoyo ou youyou à cause du bruit produit).

Ce mât indiquait grâce aux deux petites flèches rouges la position des cages dans le puits d’extraction. Le machiniste pouvait ainsi ralentir à l’approche de la recette (croisement entre le puits et la galerie de roulage).

Les graduations signalent les différentes recettes, donc les différents niveaux auxquels le gisement a été exploré.

Ces deux leviers permettaient de contrôler la position de la cage. Notez la présence de la pédale de sécurité, appelée « pédale de l’homme mort ».

Les câbles ont sérieusement évolué au cours du temps, permettant d’atteindre des profondeurs plus grandes. Au départ ils étaient plats, tressés en fibres végétales, et leur poids propre était conséquent.

Ci-dessous, deux cuffats (parfois orthographié « cufat »).

Ces tonneaux servaient de cage primitive pour permettre à trois-quatre hommes de descendre. Il servait aussi à remonter les déblais lors du fonçage du puits.

On se promène ensuite librement sur le carreau, où des trains entiers de berlines stationnent sur une portion de voie étroite reconstituée.

Il y a également des berlines basculantes et des wagons pour le transport du personnel.

Voici une vieille locomotive suivie de wagonnets dont l’écartement est plus étroit que la voie : leurs roues ne sont pas sur les rails mais par terre 😆

Les wagons-plateaux servaient à transporter le matériel plus encombrant, notamment les troncs nécessaires pour le boisage (étançonnage à l’aide de bois) des galeries.

Dans le matériel stocké sur le carreau, on trouve également des plaques tournantes et une tête de fraisage, je ne sais pas très bien comment ça s’appelle.

Au pied du chevalement, ils sont en train de repeindre tout l’encagement… et même les berlines ! Elles n’ont sans doute jamais eu droit à un tel traitement lors de leur vie de labeur !

Ci-après, des berlines dans un état nettement plus « normal », remplies de schistes… on a bien ri de voir que ça servait de base à un montant de l’échafaudage 😆

Il est l’heure de rentrer sous terre pour visiter le (faux) fond. Il s’agit de quelques galeries de mine remarquablement reconstituées par les anciens mineurs eux-mêmes, afin que la mémoire du passé minier de leur commune soit conservée et transmise.

On entre par cette descenderie.

Nous n’avons pas pu faire de photos sous terre. La visite est intéressante mais le guide est trop récitatif à notre goût et peine parfois à répondre aux questions. On ne peut pas utiliser le matériel car le réseau d’air comprimé est en maintenance.

Nous sortons par la salle des pendus ou « salles des chaînes », c’est-à-dire les vestiaires où les mineurs se changeaient. Ils pouvaient ainsi prendre une douche avant de rentrer chez eux, et ne plus mériter leur surnom de « gueules noires » !

Le système de suspension des vêtements était ingénieux : il permettait aux habits de mieux sécher et de ne pas être la proie des rongeurs, et ça prenait moins de place que des armoires.

Retour au musée, où nous découvrons un minerai local : l’autunite. Ce minéral radioactif contient 58% d’uranium, ce qui explique en partie sa luminescence d’après le panneau explicatif.

Ci-dessous un arithmomètre, c’est-à-dire une antique machine à calculer capable d’effectuer des additions, soustractions, multiplications et divisions, et un ancien théodolite utilisé pour relever les angles en topographie.

Nous partons ensuite découvrir un peu les vestiges du patrimoine, dont les cités ouvrières et le puits Henri Paul.

Il ne subsiste pas grand chose et les lieux semblent récupérés pour de l’airsoft.

Nous retournons à Decize pour dîner, mais il y a peu de restaurants et encore moins d’ouverts.

Nous finirons dans une pizzeria à la carte énigmatique : je comprends bien les mentions « junior » ou « normale », mais « senior » ça veut dire quoi ? Ça veut dire livrée à domicile ! 😯

Nous terminons cette soirée en beauté par un coucher de soleil sur les bords de Loire, au niveau de la poétique « île de la Crevée ».