(et non le « saut de l’archange », ainsi que je l’avais compris la première fois qu’AàG m’en a parlé !)

Après une discussion sur le bouddhisme, nous quittons définitivement notre sympathique chambre d’hôte pour aller loger du côté de Decize.

Sur la route de Château-Chinon, nous décidons de faire la promenade le long de la Canche, une petite rivière traversant un massif granitique dans des gorges boisées. Nous nous garons au barrage, c’est-à-dire que nous prendrons le sentier dans le sens descendant. Il n’y a pas un souffle de vent, l’eau est un miroir…

Quelques détails techniques au sujet du barrage de la Canche : construit vers 1920, nationalisé en 1946, il s’agit d’un barrage-poids haut de 7,5m et long d’une septantaine de mètres. Cette retenue a une capacité d’environ 24000 m³ d’eau. En cas de crue, un siphon s’amorce.

La conduite jusqu’aux turbo-alternateurs fait 1,66 km pour un dénivelé de 106m, elle n’est en conduite forcée que sur les 415 derniers mètres. Le débit de 2,5m³/s permet une production annuelle moyenne de 3,2 millions de kWh (soit la consommation électrique de 1300 habitants).

Un paisible sentier de randonnée musarde entre pierres et rivière. L’ombre des arbres est agréable et le murmure joyeux de l’eau nous accompagne.

Arrivés à un croisement, nous décidons de nous écarter du ruisseau pour aller voir la fameuse cheminée d’équilibre qui a été construite à la jonction entre la galerie en béton à faible pente et la conduite forcée en acier plongeant vers l’usine hydroélectrique.

Cette cheminée permet de se prémunir des « coups de bélier » – surpressions générées lorsqu’on ferme la vanne de pied (juste avant les turbines) – en évacuant le surplus d’eau jusqu’à la fermeture de la vanne de tête (en amont, au niveau du barrage).

Nous comprenons soudain pourquoi le logeur nous a dit que la promenade semblait « dangereuse » car d’autres touristes qu’il avait hébergés étaient tombés à l’eau… il y a en fait deux passages à gué qui, selon le niveau de la rivière, peuvent s’avérer faciles ou délicats !

Vu mon sens de l’équilibre et ma faculté à toujours glisser là où il ne le faut pas, AàG m’attend de l’autre côté avec l’appareil photo prêt à mitrailler. Heureusement mon esprit de contradiction me fera passer à sec !

J’avoue, je n’ai pas su choisir entre ces deux vues :

Les cascades de la Canche sont sans prétention mais photogéniques. La forêt de ravin montrera brièvement à AàG un de ses hôtes, le circaète Jean-le-Blanc. Sa présence indique que les lieux sont riches en reptiles.

Nous ne verrons malheureusement pas de cincles plongeurs, ces oiseaux qui savent nager avant d’apprendre à voler !

Nous verrons quelques groupes de marcheur, mais il semble que tout le monde ait pris le sentier dans l’autre sens que nous, c’est-à-dire en montant.

Nous recroisons la conduite forcée et arrivons, peu de temps après, à la petite usine hydroélectrique. Elle n’était pas en fonctionnement lors de notre passage.

Il est temps de rebrousser chemin, et donc de remonter ce que nous avons descendu.

Dans ce sens-ci, les panneaux d’avertissement sont plus nombreux et plus explicites. J’ai beaucoup apprécié le « Ne nous laissons pas emporter ! » :mrgreen:

Évidemment, il faut repasser les gués… AàG n’attend que cela, il aurait bien aidé le sort en me poussant mais il sait que j’aurais été généreuse en éclaboussures 😛

A mi-remontée, on s’accorde une pause « apéro » – faut pas déconner tout de même, ok c’est pas les Alpes mais après les visites pépères des autres jours, ça creuse… 😆

Revenus à la voiture, on s’aperçoit que le clébard d’un groupe de promeneurs a gentiment baptisé notre voiture 🙄 C’est super pour pique-niquer.

En repartant, nous ferons un bref arrêt aux Bardiaux pour visiter les ruines d’un ancien théâtre gallo-romain qui a la particularité d’être rural. C’était probablement un village-relais avec beaucoup de passage.