A la chambre d’hôte, notre logeur dispose de plein de fiches de randonnée. Nous arrêterons notre choix sur une promenade à Uchon, la « perle du Morvan ».

On se gare dans un endroit pas très sympathique : en gros, il est interdit de tout ! On peine un peu à trouver le début du circuit, la fiche n’étant pas très loquace sur ce point.

Le chemin part dans les bois et nous marchons ensuite sur la digue d’un étang artificiel. Lorsque le chemin passe à travers les prairies à vaches, il fait une chaleur accablante et d’impressionnants nuages de mouches s’envolent des ronciers à notre approche.

Le signal d’Uchon est un chaos granitique et la carte est parsemée de noms qui titillent l’imagination : la griffe du diable, les rochers du carnaval, la pierre qui croûle, etc.

On se croirait en Bretagne, vous ne trouvez pas ? Ci-dessous, le Nez de Chien.

Le point de vue doit être magnifique lorsqu’il n’y a pas de brume de chaleur. Nous pique-niquons dans les sous-bois proches du départ des parapentes.

Étant donné que la promenade suit bien trop souvent les routes goudronnées à notre goût et que les autres formations rocheuses sont trop loin pour que ce soit compatible avec la suite de notre programme, nous décidons, chaleur aidant, de nous arrêter là.

Un rigolo a tagué sur le mur : « old usine -> attention à l’homme tout nu sur un tigre avec un fusil à pompe » 😆

On se rend ensuite à Autun, où nous ne verrons pas le quart de ce que nous aurions aimé voir, suite à un imprévisible imprévu (si si) !

C’est tout un sport de se garer à Autun lorsqu’il y a la foire sur la place du Champ de Mars. Nous rejoignons en premier lieu la ville haute, où se trouve la cathédrale St Lazare.

Bâtie au 12ème siècle dans le style roman, elle est réputée pour ses sculptures et notamment son tympan qui vient d’être restauré.

Ce tympan a été sauvé de la Révolution française par les chanoines qui l’avaient plâtré une vingtaine d’années auparavant… car ils le trouvaient de mauvais goût !

Cette représentation du jugement dernier fut sculptée ou plus vraisemblablement commandée par un certain Gislebert.

Nous faisons le tour extérieur de la cathédrale. Sa flèche de 80m de haut a été construite en 1469 par le fils du chancelier Rolin, pour remplacer un clocher roman (qui avait reçu la foudre).

On aperçoit ci-dessous la jolie fontaine de Saint Lazare.

On s’empresse de visiter l’intérieur car les heures d’ouverture approchent doucement de leur fin. La nef est en voûte brisée.

Il y a des bizarreries comme ce chemin en hauteur empruntant un curieux pont oblique en bois.

Il est écrit :

On ne marche pas
sur une tombe


même celle d’un évêque

désolé de devoir le rappeler aux visiteurs indélicats

Et là je me marre, parce que pendant des siècles les nefs ont justement été « pavées » de tombes, mais bon… ils ne sont plus à une contradiction près ! :mrgreen:

Les chapiteaux historiés ornant les colonnes montrent la fuite en Egypte (ci-dessus), la pendaison de Judas, etc.

Ceux se trouvant à l’extérieur sont évidemment moins bien préservés :

AàG, qui s’était éloigné pour photographier un autre coin de la cathédrale, s’approche de moi quand soudain nous nous figeons tous deux. Un drôle de piaillement se fait entendre, nous cherchons à l’identifier et à trouver sa provenance…

Sous la semelle d’AàG, le bout du bout de l’extrémité de la fin de l’aile d’une chauve-souris 😯 Elle nous crie son mécontentement, nous la ramassons (à l’aide de ma boîte à lunette) et la mettons sur un mur, à un endroit où elle risque moins de se faire écraser qu’en plein milieu de la nef latérale !

Aussitôt elle escalade le mur en s’aidant de ses ‘pouces’ (les petites griffes au milieu de ses ailes), pour aller se cacher derrière un immense tableau. Elle n’a pas l’air blessée, mais ne vole pas. Serait-elle tombée du haut plafond, et encore sous le choc ??

Il nous reste la salle capitulaire à voir. On décide de finir notre visite et de revenir voir ensuite.

La pauvre a redégringolé depuis sa cachette… elle n’est donc vraiment pas en forme. Je vais à l’office du tourisme, qui se trouve juste en face, pour demander quelle association locale s’occupe de ce genre d’affaire, mais la dame ne connaît absolument pas et ne trouve rien sur internet. Elle n’a pas non plus de petite boîte en carton mais me conseille le bar-restaurant voisin, où ils me donnent gentiment une grande boîte plastique semi-transparente.

Il y a un magasin de pêche à l’autre bout de la ville, nous décidons d’y aller dare-dare avant la fermeture pour acheter des ténébrions (vers de farine). Par chance ils en avaient, mais que des gros. La pipistrelle (?), évidemment pas habituée à ce type de nourriture, n’en veut pas et commence à être très agitée et agressive. Elle a peur et nous craignons qu’elle ne s’épuise à force de tourner dans cette grande boîte lumineuse.

Sur le retour, à mi-chemin, nous nous arrêtons dans un cabinet vétérinaire (qui a tout d’une boutique animalière). Nous y recevons enfin les coordonnées d’une association qui s’occupe de revalidation de faune sauvage ! Et la miss finit par être mise au noir dans un petit carton à sa taille. Au téléphone, on nous promet qu’ils vont joindre leur correspondant local le plus rapidement possible. Comme 3/4h après nous n’avons toujours aucune nouvelle, nous rappelons Athenas, et notre interlocuteur nous apprend qu’il n’a malheureusement pas encore réussi à le joindre.

La véto n’est pas hyper enthousiasmée par nos démarches mais accepte de garder la chauve-souris jusqu’à ce que l’association vienne la chercher, soit le soir-même soit le lendemain matin.

Nous retournons jusqu’à la cathédrale car AàG s’est rendu compte, en feuilletant les livres mis à disposition dans la salle d’attente, qu’il n’avait pas vu un chapiteau dont le thème l’intéressait tout particulièrement. Sur le trajet, je plaisante sur le fait qu’on va en trouver une deuxième… et bingo !! A peine entrés, je vois un cadavre de chauve-souris par terre. A l’extérieur, au niveau de la porte d’entrée, une troisième chauve-souris se traîne et n’a pas l’air dans son assiette. J’en verrai une quatrième toute desséchée à l’intérieur… Y a une épidémie ou quoi ??

A notre sortie, la demoiselle est montée hors de notre portée. Nous retournons jusqu’au cabinet vétérinaire car c’est le seul endroit où j’avais repéré des cabines téléphoniques. On prévient l’association qu’il serait intéressant de faire le tour complet de la cathédrale lorsqu’ils viendront… on ne peut guère faire plus 😦

Avec tout ça, la nuit tombe… nous n’aurons rien vu d’Autun (et pourtant qu’est-ce que j’ai mal aux pieds :mrgreen: ). Adieu la tour des Ursulines, les portes romaines, le temple de Janus, le théâtre romain, la cascade de Brisecou et la mystérieuse pyramide

Et le pire, le comble, de cette fin sombre… c’est qu’on n’a même pas pensé à lui tirer le portrait, à cette charmante chauve-souris !