Après Bibracte, nous avons encore un peu de temps libre avant de nous mettre en quête d’un restaurant. Nous le mettons à profit pour aller jusqu’à Glux-en-Glenne pour voir la source de l’Yonne, située au niveau de la ligne de partage des eaux séparant les bassins versants de la Seine et de la Loire.

Des panneaux explicatifs situés au point de départ de la promenade nous informent que le fleuve traversant Paris devrait s’appeler non la Seine, mais l’Yonne – le débit de cette dernière étant supérieur…

Le début du chemin me fait typiquement penser aux tourbières des Fagnes. Nous suivons les caillebotis en bois jusqu’à rejoindre le sol ferme de la forêt du mont Préneley.

Les forêts du Morvan sont intensément exploitées dès la fin du 15ème siècle, notamment pour fournir Paris en bois de chauffage. En effet, la population de la capitale augmente et les forêts avoisinantes s’épuisent progressivement. Des retenues étaient aménagées sur l’Yonne pour permettre le flottage des bûches jusqu’à Clamecy, où elles étaient ensuite assemblées en « trains de bois ». Il y a près de 400km de Glux jusqu’à Paris !

Nous traversons sur une digue le « Port des Lamberts » : cette retenue était le départ le plus en amont des bois flottés. La dernière livraison de bois descendit la Seine en 1939 mais dès la fin du 19ème siècle la houille avait commencé à prendre le relais des forêts morvandelles surexploitées.

Après l’ascension en forêt, nous retrouvons un plateau de prés humides et les fameux hêtres tressés mais en version plus « jeune ». On appelle ces reliques d’anciennes haies bocagères des « queules » ou « haies plessées ». On les taillait ainsi pour faire des clôtures, c’est une technique ancestrale.

Bon alors les sources, de manière générale, on nous avait prévenu : « c’est un attrape-touristes, il n’y a jamais rien à voir ». Ben c’est pas moi qui vais pouvoir contredire cette affirmation !

On arrive dans un pré gorgé d’eau, où on ne voit strictement rien. C’est pas du tout frustrant.

Et alors ce qu’on n’a pas du tout compris, c’est que malgré la proximité de toutes ces sources, ils semblent utiliser des désherbants chimiques pour mieux marquer le chemin ?! 😯

Ce sera ensuite la galère complète pour trouver un restaurant ouvert. Déjà il n’y en a pas beaucoup dans les parages, mais en plus il sont tous fermés ! Parfois c’est la fermeture hebdomadaire, parfois ils sont en vacances car c’est la fin de la saison, et parfois ben la porte est close sans qu’on sache pourquoi…

On navigue de village en village, St Léger, Etangs-sur-Arroux… on atterrira finalement dans un petit resto figé dans son décor des années ’60. C’est une cantine plus qu’autre chose, mais ça nous dépanne bien !