Pardonnez-moi l’inélégance de ce titre, qui aurait initialement dû être « La peste ou le choléra », mais j’ai une overdose de « politiquement correct » en ce moment, d’où cette petite poussée d’urticaire.

On nous annonce que trois jours avant les élections, la moitié des Belges disent ne pas encore savoir pour qui ils vont voter. Chouette, nous voilà les possesseurs du record du taux d’indécision ! Depuis le temps qu’on bavait sur le record du taux d’abstention… Voisins français, vous n’avez qu’à bien vous tenir !

D’ailleurs malgré le fait que voter soit ici une obligation légale, beaucoup prévoient de s’abstenir. C’est complètement inhabituel. Je crois que le facteur décisif sera… la météo. Surréaliste concurrence que celle du barbecue !!
Tu voteras merguez ou cuisse de poulet, toi ? Moi je suis plutôt patates chaudes.

Bon faut avouer, y a aucun mérite à ce record d’indécis, c’est tellement le bordel dans notre « paysage politique » qu’une chatte n’y retrouverait pas ses jeunes.
Et puis, à quoi bon se pencher sur la question ? De toute façon les jeux sont déjà faits : tu peux voter libéral, socialo, vert ou chrétien « humaniste », peu importe ! C’est du pareil au même puisqu’on vit en particratie. L’opposition est là pour faire joli, « parce qu’il faut bien », plutôt que pour exercer un réel contre-pouvoir. Certains persifleront qu’il y a déjà suffisamment d’oppositions au sein même de l’alliance majoritaire…

pour eva

Et je ne vous parle pas des extraterrestres du vote électronique ! Ça ne me concerne pas, dieu bourgmestre merci, mais environ la moitié des électeurs doivent se coltiner une machine qui, sous les rayons cosmiques, est parfois prise de lubies ! Et je ne plaisante pas (*).
Ça coûte la peau des fesses, ça ne prend pas vraiment moins de temps au final, et surtout c’est invérifiable. Des élections démocratiques sans contrôle démocratique possible ? On vient de l’inventer ! Mon petit doigt me souffle même que les recommandations émises depuis des années par les observateurs internationaux de l’OSCE ne seraient toujours pas mises en œuvre…

(*) Voici un extrait du compte-rendu officiel de la Chambre des Représentants, c’est à pleurer de rire :

Zoé Genot (ECOLO): Monsieur le président, à l’occasion des dernières élections, nous avons eu droit, en Région bruxelloise, à un petit incident connu comme l’incident de Schaerbeek: un candidat a eu 4.096 voix de trop. Cela a pu être détecté car, heureusement, on s’est rendu compte de l’aberration mathématique. L’incident s’est produit et n’a pas été comptabilisé. On a même pu localiser le problème. Mais quand les experts ont cherché la cause de ce problème pour pouvoir définitivement l’éliminer, ils ont dit que – je cite – « le collège conclut que l’erreur a très probablement été occasionnée par une inversion spontanée et aléatoire d’une position binaire ». Après avoir lu cela, je me suis demandé ce que cela signifiait. Je me suis renseignée chez des experts informaticiens. Leur réponse n’est pas tellement plus rassurante.
Ils m’ont expliqué qu’un rayon cosmique, venu du fin fond de l’univers, touche l’ordinateur et provoque des réactions imprévisibles. Que les résultats des élections puissent être troublés par des rayons cosmiques venus du fin fond de l’univers, cela paraît très drôle dans un premier temps. Mais dans un deuxième temps, cela paraît nettement moins drôle! Cette fois, on a pu détecter l’erreur, on s’est rendu compte de l’aberration mathématique! Mais si ce rayon cosmique était venu avant le comptage, celui-ci aurait pu être intégré et l’erreur n’aurait pas été détectée. Je me demande quelle est la probabilité que ce genre de rayons cosmiques venus du fin fond de l’univers frappent les machines de vote.
(…)
Le président: Merci, madame Genot, de vous inquiéter de l’influence des Martiens sur nos élections.

On n’est même pas encore à la fin de la campagne que déjà les montants dépensés en publicité électorale atteignent plus de 1,6 millions d’euros, soit 2,5 fois le montant dépensé pour les élections de 2004. C’est sûr qu’étant donné l’état des routes du pays et des caisses publiques, on peut tout à fait se permettre de jeter ainsi l’argent par les fenêtres. Après on dira à ces crétins de gouvernés au bon peuple qu’il faut se serrer la ceinture – ce n’est pas notre faute si c’est la crise, chers concitoyens, mettons-y tous de la bonne volonté…

Les journaleux n’en ont que pour les quelques grands partis habituels, normal puisque ces derniers subsidient leurs rédactions… les petits n’existent pas. Sauf un ! En effet, un nouveau parti dit « populaire » a vu le jour et a réussi à faire suffisamment peur aux « grands » pour que ceux-ci s’acharnent à le tuer dans l’œuf par presse interposée.
Sachant que dans une communication, le fond n’influence que pour 10 à 20%… La forme (manière de le dire, intonation, gestes, postures, etc.) va donc déterminer le résultat des élections.

Ah non pardon, j’oubliais, le résultat des élections est déjà en train de se discuter maintenant via les négociations entre partis… suis-je bête !