Certains ont pu croire que cette bourgade de la côte d’Usure était un endroit idyllique, j’avais promis de montrer des photos plus représentatives.

J’avoue avoir malgré tout gardé les plus hideuses dans mes tiroirs. Des photos de folies routières, de surréalismes urbains, tout le monde voit à quoi ça peut ressembler.

En vérité, St-Laurent est une ville…

– où les voitures sont reines

– où les arbres ont à peine de quoi s’enraciner au milieu du béton

– où les palmiers sont chétifs pour ne pas dire gringalets

– où un rideau vert essaie de faire illusion devant un amas continu d’immeubles hideux

– où le béton ne consent à laisser que quelques mètres de libre aux galets

– où les oiseaux chient exprès dans la mer sans même se cacher ni que la police intervienne

– où les bateaux restent au port…

…même quand il fait beau jour (évidemment qu’il fait beau, rho !)

– où, pour photographier un palmier sans avoir de voiture dans le champ, on est obligé de cadrer n’importe comment

– où on ne peut échapper aux ombres, sauf à faire du contre-jour

– où les fruits sont étranges et n’ont pas l’air comestible

– où ils trouvent toujours le moyen de vous pourrir un cadrage avec des poubelles omniprésentes

– où les avions se posent dans votre jardin arrière-cour

– où des plantes carnivores essaient de vous attirer dans leurs tentacules tordues

– où les fleurs sont frileuses et ferment boutique au départ du soleil (ah cette culture de la grève !)

– où des bébés laissent d’inquiétants messages codés

– où des armées de mutants s’exercent à la marine pour dominer le monde

– où, quand il n’y a pas de poubelle, des mâts porte-drapeau prennent le relai pour niquer votre tof

– où la rue piétonne n’est qu’une succession de snacks surpeuplés

– où les couleurs du soir sont même pas fichues d’être belles chaque soir (c’te honte)

– où des palmiers sont décorés, à leur tronc défendant, de guirlandes lumineuses d’un goût plus que douteux

– où la racaille se bat sur fond d’aéroport

Voilà, il fallait avoir le courage de le dire.