Dans le réveil matin, dans la montre, dans les télécommandes, dans le gsm, dans le gps, dans le lecteur mp3, dans la lampe torche, dans l’appareil photo, dans la voiture télécommandée, dans la station météo portable, dans la carte postale qui chante « Happy Birthday », dans le porte-clés lumineux… bref dans énormément d’objets tant utiles que superflus (et à peu près dans tous les jouets pour enfants de nos jours 🙄 )… il y a des piles, batteries, accumulateurs qu’il ne fait pas bon éparpiller dans la nature.

Aussi, l’Europe, dès 1991, a imposé la collecte des piles et accumulateurs portables, industriels ou automobiles contenant du plomb, du mercure ou du cadmium. Mais, fin des années 90, le mercure a disparu des piles basiques, la directive ne visait donc plus que les batteries au plomb industrielles ou automobiles, les accumulateurs nickel cadmium utilisés dans l’outillage électroportatif ou les systèmes de secours et de sécurité, et les piles boutons au mercure. Trois filières de recyclage distinctes, spécifiques, difficiles à mettre en place, qui n’intéressaient plus les banales piles de tous les jours, ce qui a moyennement motivé certains pays à transposer la directive ou la mettre réellement en vigueur.

D’où la directive de 2006. Celle-ci couvre l’ensemble des piles, rend les producteurs responsables des coûts liés à la collecte, au traitement et au recyclage et fixe un objectif en terme de collecte : 25 % pour 2012 et au moins 45 % pour 2015. Un chiffre qui aurait pu être plus ambitieux, mais dans un souci de réalisme, un compromis (à la belge ») a été trouvé pour que les douze « nouveaux » pays de l’Union puissent y arriver… L’ennui c’est qu’au plus bas on place ses ambitions, au moins les pays sont motivés pour se bouger.

En 2009, à trois ans de la première échéance, l’Association des recycleurs de piles et batteries (Ebra) tire la sonnette d’alarme et l’oreille des mauvais élèves. L’Ebra, qui représente de 85 à 90 % du marché du recyclage de piles, a placardé ses chiffres de 2008.

On apprend ainsi que sur les 188 750 tonnes de batteries mises sur le marché, il n’y en a que 27 627 tonnes qui ont été traitées (14,5 %), soit un pourcent de plus que l’année précédente. Selon E. Beaurepaire secrétaire général de l’Ebra, « il y a trois grandes catégories de pays. Il y a ceux qui, comme la Belgique, la France, l’Allemagne, ont historiquement déjà mis en place des choses et qui ont relativement de facilités à remplir les quotas. Une deuxième catégorie de pays, ce sont ceux, comme l’Irlande, la Grèce, l’Espagne qui sont dans une tendance qui devrait leur permettre d’atteindre cet objectif de 25 % en 2012. Il reste une troisième catégorie avec des pays très en retard, avec deux cas distincts. D’abord des pays historiques de l’Union : la Finlande, le Royaume-Uni et l’Italie. Dans ces pays, même la directive de 91 était peu ou mal appliquée. Dernier cas de figure : tous les pays entrant de l’Union européenne qui y travaillent depuis peu. »

L’Association des recycleurs de piles espère que son baromètre poussera les retardataires à la collecte et se dit évidemment prêt, par la voix de son secrétaire général, a absorber le surplus de travail : « On nous annoncerait demain, même par l’opération du Saint-Esprit, qu’il y aurait 50 000 tonnes de piles collectées, nous, on a aucun problème. La capacité, c’est un faux problème. Les recycleurs, c’est des industriels, s’il faut développer les unités, ils sauront le faire. Aujourd’hui, on est largement excédentaires en capacité. »

Quand vos piles rechargeables sont usées, pensez à les rapporter dans les nombreux points de collecte… et espérons que le Saint-Esprit opère, donc !!


NB : en parlant mercure, j’ai complété l’article sur l’éclairage intérieur.