Nous sommes vendredi soir, il est presque minuit, je rentre chez moi en voiture. Des loupiotes bleues et rouges clignotent au loin, ça ressemble à un balisage d’accident, je ralentis. La circulation des deux bandes de la nationale est ramenée sur la bande d’arrêt d’urgence. Oulah ce doit être un sérieux accident ! Certains ont sans doute trop fêté Sainte Barbe…

Des policiers répartis sur le rétrécissement font signe d’avancer en levant le pied. La circulation est carrément déviée par une sortie, sur un parking. Je ne réalise ce dont il s’agit qu’en voyant un panneau lumineux annonçant alternativement « police » et « contrôle ». YES !!! Enfin ! Depuis le temps que je rêve de souffler dans le ballon… 😀

Un groupe de quatre policiers arrête la voiture me précédant, regarde l’intérieur à l’aide de torches électriques et autorise la voiture à repartir sans autre formalité. Ça augmente la probabilité pour moi, c’est tout bon ça !

Mon tour vient. Le cœur battant, j’ouvre la fenêtre et lance au policier qui est à ma hauteur un « bonjour » anormalement jovial. Sans rien dire, ils examinent ma personne et la voiture. Oh merde, j’ai oublié d’enlever le mouchoir plein de sang du siège passager (non je n’ai tué personne, mais je saigne tout le temps du nez en ce moment).

Les cernes jusqu’au milieu des joues, c’est suspect, non ? Pis j’ai fêté la Sainte Barbe, m’sieur l’agent, je vous jure. J’ai même écrit à AàG que j’avais mal au ventre tellement j’avais bu ! (mais pas d’alcool :P)

J’ai droit à un laconique « vous pouvez aller, madame« . Je suis tellement surprise et déçue que je ne redémarre pas tout de suite. En fait j’ai failli insister. Mais je me suis dit qu’il valait mieux pas, que ce serait pris pour une provocation. Pas envie d’être victime d’excès de zèle non plus !

C’est trop injuste. Les rares fois où je suis tombée sur un barrage filtrant, on ne m’a jamais contrôlée. Pfff. Et je fais comment, moi, pour souffler dans un ballon ?? 😦