Journée de voyage vers Agordo & Gosaldo – visite du lac de barrage de Mis


Plafonds peints de l’église de Badia

Ce matin nous clôturons nos comptes à La Villa / Stern. Le logement, Plans, était bon mais trop bruyant à notre goût (le voisin du dessus avait le pas lourd et les horaires tardifs).

La logeuse nous présente une note plus salée que prévu : elle prétend qu’on est en saison « C » alors que septembre est en « D » selon le guide de l’office du tourisme et elle nous compte un supplément parce qu’on avait un balcon alors que rien de tel n’est précisé dans le livret. On est quand même resté 8 nuits, faut pas exagérer !

Évidemment elle ne parle quasi pas anglais et moi je ne parle quasi pas allemand, mais heureusement tout finit par s’arranger. Ce n’était que pour 8 euros, mais c’est une question d’honnêteté – pis ça fait tout de même deux parts de sacher torte précise AàG 😛

On a spécialement choisi notre jour de transhumance pour ne pas qu’il tombe un jour d’affluence genre vendredi soir ou samedi soir. C’est souvent difficile de trouver un logement « au pied levé » le week-end.

Nous partons vers le sud des Dolomites, en espérant établir notre deuxième « camp de base » dans la province de Belluno, en Vénétie. Nous sommes plus bas en altitude et il fait très chaud.

Agordo se révèle être une ville très bruyante, avec un grand trafic de véhicules. Nous pique-niquons à un endroit qu’on sait être tranquille : le parking du cimetière !

Ce n’est pas celui en photo, qui est le cimetière de La Plié (Pieve je crois, en italien ?), apparemment un haut lieu de l’artisanat du fer forgé !

Ce sont les mêmes thèmes qui reviennent pour la plupart des tombes : épis de blé, feuilles de vigne, grappes de raisins…

La permanente de l’office du tourisme d’Agordo ne parle pas un seul mot d’anglais. On prend quelques dépliants sur la région et elle nous donne une feuille A4 avec les Bed & Breakfast des environs, leur adresse et leur prix…

Ces informations se révèleront pour la plupart fausses, on se demande si elles ne datent pas des tout débuts de l’euro !

Il y a en fait peu de chambres d’hôtes dans les environs et leurs prix sont souvent très élevés (genre entre 80 et 120 euros pour une chambre double), surtout que le rapport qualité-prix ne suit pas. Idem pour les hôtels.

Nous suivons ligne par ligne la liste reçue, en nous éloignant au fur et à mesure de la ville. Les mauvaises surprises ne manquent pas : n’existe plus, adresse incorrecte, prix doublé, bâtiment abandonné depuis manifestement plusieurs années (!!), etc.

Celui-ci dessous n’était pas sur la liste je vous rassure 😉 C’est l’hôtel Buzzati, dont la splendeur passée est encore visible…

L’une des auberges, perdue dans un petit village de montagne, nous propose une chambre minable semblant dater des années ’60 (poussière comprise), avec une douche très « artisanale » qui ne donne pas envie d’y mettre les pieds (une palette au sol et un vieux rideau d’une propreté douteuse qui pendouille). Le prix n’a rien à voir avec celui indiqué par l’OT : la vieille dame nous demande 30 euros par nuit et par personne, mais elle fera finalement un geste en descendant à… 28 euros.

Non seulement c’est hors de notre budget, mais en plus ça ne les vaut franchement pas !! Elle ne veut pas baisser davantage (pourtant son hôtel semble désert), donc nous repartons.


Une des belles demeures d’Agordo

Ça fait des heures que nous cherchons, ça devient galère. C’est du temps de visite perdu et la voiture est étouffante avec le soleil qui tape. On s’éloigne de plus en plus d’Agordo vers Gosaldo.

A Don, hameau de Gosaldo, AàG remarque avec amusement que le volant de la cloche est trop grand pour la largeur du clocher. Il dépasse donc par une ouverture ! 😀

Au hameau Le Feste, une petite chambre vieillotte sentant le renfermé est disponible pour la modique somme de 50 euros pour deux, petit-déjeuner compris. Il faudra « partager la salle de bain avec l’Allemagne » !! nous prévient le logeur, qui parle un peu français.

Après négociation, j’obtiens qu’en restant 5 nuits le prix de la nuitée descende à 40 euros (soit le prix mentionné sur la feuille de l’OT 🙄 ).


Le mur des faire-parts, juste à côté du logement. Toutes les petites ombres sont des agrafes !

En fait c’est plus cher que notre spacieuse chambre avec salle de bain privée dans la touristique zone de La Villa, c’est fou !! Mais pour la région il semble difficile d’avoir mieux, donc on pose nos bagages, heureux d’être débarrassés du problème et de pouvoir enfin penser à autre chose.

Comme l’après-midi est déjà bien entamé, nous décidons d’aller jusqu’au lac de barrage de Mis. La petite route qui y mène suit le torrente Mis et est extrêmement pittoresque, au fond d’une gorge magnifique et encaissée, agrémentée de tunnels de roche brute. Par chance la route est déserte, car il est préférable de ne pas y croiser de voiture en sens inverse ! :mrgreen:

Le lac est gigantesque mais son niveau est très bas. Aucun chemin ne permet d’accéder aux berges, rien n’est aménagé pour le tourisme.

Les installations du barrage ne sont pas du tout accessibles ni même visibles d’un peu plus près. On en est réduit à utiliser le zoom. Déception 😐

Nous continuons notre route vers Sospirolo. Le toit de l’église a légèrement envie d’aller dire bonjour au sol, donc ils ont installé de grandes toiles pour que les morceaux ne tombent pas sur la tête des fidèles.

Après quelques tours et détours involontaires, nous atterrirons finalement à la « grosse ville » du coin, Santa Giustina, dont l’église possède un clocher-tour indépendant (campanile).

C’est l’heure de pointe, la rue principale n’est qu’une immense file de bagnoles.

On flâne et on déambule sans but, on tue le temps plus qu’autre chose ! On en profite tout de même pour prendre une glace et faire les courses pour l’excursion du lendemain.

On aura un peu de mal à trouver un restaurant ouvert, finalement on échouera dans une pizzeria déserte où une dame très gentille nous servira de copieuses pizzas.