Forcella de Medesc (Fanes)

C’est notre dernière journée dans la région de Badia / La Villa. Nous allons monter au milieu des deux montagnes visibles depuis notre logement (voir photo ci-dessous), au col noté sur notre carte Forcela de Medesc (alt. 2533m). Nous rejoindrons ainsi le parc naturel de Fanes par l’autre côté que Pederü.

Les routes étant fermées à la circulation, cette randonnée commence sur les hauteurs du village Rüdefëria, au milieu des prairies. La dénivelée pour arriver au col sera en gros de 1000m. Ca n’en a pas du tout l’air, comme ça !

La première partie commence agréablement par de la forêt, on est seul. C’est dimanche, il est encore tôt, tout est calme. Tout ? Non, il y a quelques Gauloises Italiennes qui résistent… une mère et sa fille discutent en criant car elles progressent à quelques dizaines de mètres l’une de l’autre (on les a entendues bien avant de les voir), sans oublier qu’elles ont des coups de fil hyper importants à passer avec des interlocuteurs ayant la pile de leur sonotone manifestement à plat – quel malheur que les ondes gsm arrivent jusqu’ici. On ne risque pas de voir même l’ombre d’un oiseau.

A un moment je n’y tiens plus, même si je ne sais pas parler italien je me lance et lui dis gentiment : per favore, parla più piano… Elle commence par répondre qu’on doit faire demi-tour, sans doute a-t-elle cru que je lui demandais le chemin de San Cassiano. Quand elle comprend ce que je lui ai vraiment demandé, elle se tait brusquement, se retourne et continue sa route à grandes enjambées. Désolée si je t’ai vexée demoiselle, mais ton niveau sonore était vraiment insupportable 😐

Tout en cheminant, nous devisons sur les hôpitaux italiens qui doivent sans nul doute donner une tape sur les oreilles – et non sur les fesses – des nouveaux-nés, ce qui explique les nombreux problèmes auditifs que présente la population par la suite. :mrgreen:

Le sentier n°12 débouche sur un large torrent à sec. Des cairns et des balisages rouge & blanc permettent de ne pas perdre son chemin dans cet immense lit de pierres blanches.

A partir d’ici les choses sérieuses commencent, au niveau des pentes. Voici la première partie de la montée, dont le début zigzague dans la fin de la végétation – la photo a été prise au retour :

Et voici ci-dessous la seconde partie de la montée, bien pire car le sentier de randonnée est davantage pentu et n’est plus que cailloux qui roulent. J’en ai bien bavé, l’impression de courir dans du sable sous un soleil brûlant. Ca me ralentit tellement qu’un grand groupe de randonneurs nous rejoint.

Sur la fin, on ne sait plus trop où est le passage, s’il y en a un. On se retrouve dans des pentes raides à utiliser ses mains autant que ses pieds. Quelqu’un parvenu au sommet essaie de guider quelques jeunes qui sont dans une mauvaise passe « No, follow your yellow friend ! » Euh, yellow je veux bien mais je suis pas leur friend hein ! 😆

L’arrivée au sommet, enfin ! Qu’est-ce que mes mollets tirent !

La plupart des autres randonneurs poursuivent vers le Piz Lavarella (alt. 3055m). On est un peu inquiet pour certains qui ne semblaient pas avoir le niveau ni la préparation nécessaire pour un trois mille…

Nous voici donc à nouveau sur le plateau de Fanes, sur le même sentier n°12, mais emprunté dans l’autre sens…

Toujours aussi minéral et désolé, mais avec une ambiance nettement différente sous le soleil. Nous le préférions sous un ciel d’orage.

Nous pique-niquons à la croisée des chemins. On hésite sur la voie à suivre : soit continuer le sentier 12 jusqu’au à l’endroit où nous nous étions interrompus la fois passée, soit suivre le 12B « Ju dla Crusc ». L’idéal serait d’aller jusque là et ensuite de reprendre le 7 puis le 12 pour faire une boucle mais cela semble trop long pour être réalisable.

Il y a également un sentier qui redescend directement depuis Ju dla Crusc, mais il y a une partie indiquée comme via ferrata sur notre carte. Par ailleurs, ce chemin ne rattrape pas notre route à l’étage inférieur à moins d’un très long détour. A nouveau irréalisable.

On commencera tout de même par le sentier 12B vers Ju dla Crusc mais c’est ça passe dans des rochers tout du long, ça devient rapidement mauvais au niveau de mes chevilles… donc à un moment on redescend à travers tout pour rattraper le n°12.

Ca descend puis ça serpente au milieu de nulle part, au fond de la cuvette minérale de Fanes.

Une petite pause paresseuse (une fois n’est pas coutume) pour faire ses griffes sur les rochers ensoleillés…

De temps en temps on entend des blocs qui tombent. Difficile de les détecter du regard par contre, les cailloux c’est pas ce qui manque :

On est presque surpris de tomber sur une zone herbeuse ! Du vert, ici ?

Je ne suis pas très motivée à continuer la balade dans ces landes de pierres, et AàG regrette le climat pluvieux qui donnait son charme aux lieux à notre précédente visite. Nous demi-tourisons donc et remontons au col.

J’angoisse d’avance en pensant à la descente qui nous attend… Et effectivement mes fesses s’en souviennent ! C’est là que je regrette mes moqueries sur les bâtons de marche et que j’assommerais bien un(e) touriste pour lui piquer les siens 😆

Le plus dur est derrière nous, en fait c’était moins pire que prévu, faut avouer. Le sol est à nouveau solide sous nos pieds et nous discernons déjà en bas le serpent de la rivière à sec.

Nous repassons la rivière et retrouvons les arbres. Il fait encore plus chaud à cette altitude (vers 2000m), nous recherchons l’ombre.

Comme nous avons encore du temps devant nous, nous quittons le sentier 12 pour prendre la variante 12A : un chemin plus ou moins de niveau qui va nous faire longer le pied du Sas dla Crusc (c’est-à-dire Sass del Croce… c’est pas évident une carte en ladin !).

On a du mal à imaginer que le sentier 7 descendant de Ju dla Crusc est quelque part au milieu de cette barre rocheuse :

A nouveau le point info tatoué sur mon front fonctionne, et nous renseignons deux ados se croyant sur le chemin de San Cassiano. Je ne sais d’ailleurs pas comment ils ont fait pour se tromper, les panneaux en bois sont très explicites.

Nous arrivons à l’embranchement avec le sentier 15, qui va nous ramener gentiment vers notre n°12 attitré à travers une zone nommée « Pra de Medesc » sur notre carte.

Les zones humides sont aménagées avec de petites passerelles en rondins de bois, à peine surélevées. C’est pratique et cela a un certain charme.

La fin du sentier, dans les bois, redevient plus pentue. Nous parvenons à la croix qui marque les dernières centaines de mètres du n°15.

Et dire que nous étions là-haut…

AàG me met au défi de parvenir à photographier l’herbe. La couleur verte parsemée de fleurs est magnifique, et la « texture » est difficile à rendre mais… le résultat n’est déjà pas si mal, je trouve 😉

On est quand même bien fatigués en arrivant à la voiture. J’hallucine de voir que mes jambes, exposées une douzaine de minutes au soleil lors de notre pause là-haut, ont pris un coup de soleil !

Le fameux rosissement des montagnes avec le soleil couchant :