Passo Gardena : forcella Cier et forcella de Crespeina

Ce matin, en route vers Corvara ! Le but est d’atteindre Passo Gardena (alt. 2121m) alias Grödner Joch en allemand ou encore Jëuf de Frea en ladin. Ce n’est pas très loin de notre chambre d’hôtes à La Villa / Stern / La Ila – c’est un peu contraignant les régions trilingues 🙂

En ce premier samedi de septembre, le col est complètement embouteillé, nous roulons au pas ! Serait-ce la proximité du très touristique Val Gardena qui engendre tant de files ? Une fois parvenus laborieusement au sommet, c’est pour se retrouver dans un chaos de manœuvres et de parkings (payants bien sûr).

Nous fuyons les voitures et les bus, et commençons à descendre l’autre versant. Quelques lacets plus loin, une place nous tend les bras sur le bord de la route. Rien n’interdit le stationnement, c’est gratuit et c’est désert : parfait ! Seul bémol : AàG se rend compte qu’il a oublié son appareil photo au logement…

Un sentier permet de court-circuiter le large chemin non revêtu qui mène à l’auberge au pied du Gran Cier. Comme un téléphérique y mène également depuis Colfosco, il y a beaucoup de monde. On espère que la foule va se disperser parmi les différents GR, et que la suite sera plus « aérée »…

La montée au forcella Cier (Danter les Pizes, alt. 2469m) est pénible. C’est en file indienne, on est serré comme dans un couloir de métro, les gens sont chiants bruyants et le moindre rocher ou buisson est parsemé, ô joies de la nature, de PQ.

C’est une constante ici, et cela nous fait ironiser au sujet du nombre faramineux de toilettes indiquées sur les autoroutes allemandes… :mrgreen:

Dans les zones d’ombre, il reste encore de la neige tombée cette nuit.
Derrière le col de Cier, une grande vallée verte s’ouvre devant nous.

Je demande à AàG si c’est bien le sentier n°12 pour nous, il grogne un acquiescement (la foule le rend ours, c’est ainsi – pardon Moukmouk). Ca tombe bien, il n’y a quasi personne qui s’engage dedans !

Je suis, moi aussi, un peu ourse ce matin. Je dévale les pentes avec ardeur, pressée de me retrouver seule et de me refaire une sérénité.

Après une demi-heure à ce rythme soutenu, on a déjà avalé un bon dénivelée (je sais que c’est un nom féminin, mais… je bloque !). AàG me rejoint et m’annonce : ça descend beaucoup trop, c’est de la forêt devant nous et une ville au loin, c’est pas normal. Il sort la carte de son sac et on l’examine.

Sur notre carte, il y avait l’autre partie du sentier n°12 qui continuait tout droit. Mais sur les panneaux, il ne s’appelait pas 12 ! Il était fléché comme étant le sentier n°2. C’est celui que la foule empruntait, il restait à peu près de niveau avant de rejoindre un autre col. Et merde…

Après 1h de remontée, nous sommes à peu près revenus au point de départ. Sur la fin, un raccourci nous permet de couper pour ne faire qu’un côté du triangle. On pique-nique là, dans le vent froid, avant de s’attaquer à la brève mais pentue montée au 2ème col : forcella de Crespeina (alt. 2528m).

En fait on aurait dû venir directement du sentier de gauche, en bas des marches :

On pourrait descendre directement sur le plateau, l’altipiano de Crespe, et voir le lac de Crespeina (alt. 2374m). C’est l’Alta Via Dolomiti, le fameux sentier 2.

On préfère prendre la variante, qui part à niveau et nous fait rejoindre les crêtes, via Sas Ciampac (alt. 2672m) et on passe ensuite au large de Sas Ciampei (alt. 2654m).

On retrouve un paysage un peu similaire au plateau de Fanes.
Cet espèce de « volcan », ci-dessous, nous a intrigués.

Sur ces pentes caillouteuses exposées au soleil, la température est parfois élevée. Je décide de mettre en pratique une méthode de refroidissement crânien radicale et innovante.

Effet secondaire appréciable : sachez que mettre de la neige sur votre tête, ça fait rire un AàG. Bon, il a moins ri quand c’était sur la sienne après :mrgreen:

Notre chemin nous offre une vue plongeante sur le Lech de Crespeina, qui a un niveau assez bas – comme tous les lacs que nous avons vus jusqu’ici dans les Dolomites.

Ce qui est bien, avec notre heure et demie de délai involontaire, c’est que nous ne sommes plus dans la vague de randonneurs. On en croise par-ci par-là quelques uns, bien sûr, mais de manière tout à fait supportable. Non nous ne sommes pas complètement asociaux 😉

Depuis Sas Ciampac, nous avons un beau point de vue sur la vallée et notamment la ville de Colfosco. Ce n’est d’ailleurs pas que visuel mais aussi auditif : on a droit du Dire Straits à fond de balle !! 😆

Ca vient d’une des maisons en contre-bas et le son nous parvient comme si c’était à côté. La magie de l’acoustique…

On ne se lasse pas du panorama, je mitraille au niveau photos… ‘scusez-moi, c’est compulsif ^^

Ce cairn est, si mes souvenirs sont bons, au sommet du Sas Ciampac…

Continuons à tourner…

Et hop, finissons le 360° en retournant sur Colfosco :

Le chemin se poursuit de manière moins évidente, car au milieu d’un chaos de roches fragmentées. Heureusement les balises sont bien marquées à intervalles réguliers. Je ne me tordrai même pas les chevilles, admirez la performance !

Les photos suivantes se passent de commentaires ♥ (oui je mets des piti cœurs sur mon blog si je veux, d’abord).

Les roches prennent une teinte rouge orange, vers le Sas Ciampei. Un peu de fer ?

Le sentier oblique au fur et à mesure pour rejoindre le n°2, mais c’est très long. On finit d’ailleurs par couper la pointe du fuseau.

Nous voilà enfin revenus sur l’Alta Via Dolomiti, il n’y a plus qu’à finir cette longue boucle à présent. Avec ça et le petit « divertissement » de ce matin, je commence à sentir la fatigue poindre le bout de son nez.

L’Alta Via ne va pas au lac, mais se contente de passer au loin. AàG ira jusqu’à l’eau, moi j’en profite pour poser les fesses sur un caillou et enlever mes chaussures… rah c’que ça fait du bien d’avoir les petons à l’air !!

L’après-midi est fort avancée, ne passent plus que des randonneurs chargés de gros sac à dos, qui dormiront cette nuit à un refuge visible au loin (probablement Utia Puez).

Après un instant de frayeur (où est passé Charlie AàG ?), on remonte le forcella Crespeina puis le forcella Cier. Là nous attend toute la longue descente jusqu’à l’auberge, fermée à cette heure. Reste à rejoindre la route, puis la voiture. Je finis en miettes.

On soupe à Corvara, les pizze étaient bonnes mais la compagnie un peu moins : à la table voisine un enfant joue avec un jeu électronique très sonore, le genre de jingle répétitif tapant sur les nerfs.

Cette pizzeria est manifestement réputée car lorsque nous sortons de là il y a file dehors. J’ai les dents qui claquent et les muscles qui rouspètent, heureusement nous ne sommes pas garés loin… Je ferai d’étranges rêves cette nuit-là.