C’est juste une bouffée d’air frais, mais rien de moins : l’alpaga (lama des Andes) est devenu un symbole, celui de la résistance à la censure en Chine. Je crois bien que plus on réprime/opprime, au plus on crée/renforce cette résistance… même s’il y a parfois un temps mort entre l’action et la réaction.
Tant qu’il y a des pieds-de-nez, il y a de l’espoir !

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C’est sous la forme d’une parodie très appréciée sur le Net que s’est propagée cette forme de réponse collective à la propagande officielle. Sur l’air d’une célèbre chanson enfantine, des centaines de milliers d’internautes se sont passionnés pour l’histoire de ce « troupeau d’alpagas du désert de Ma Le Gobi, joyeux et malins, espiègles et agiles, ils aiment courir libres, ils aiment s’allonger dans les herbes hautes« .

Au terme d’une bataille épique pour préserver leur environnement, raconte la chanson, les alpagas mettront en déroute les crabes d’eau douce qui envahissaient leurs steppes. « C’est ainsi que les crabes d’eau douce ont disparu à jamais du désert de Ma Le Gobi. » Dans le langage codé de l’Internet chinois, les crabes d’eau douce rappellent le mot « harmonie » et donc la « société harmonieuse » dont le président Hu Jintao a fait le paradigme de son mandat. Son invocation récurrente sur la Toile renvoie à la censure omniprésente des sites par des armées d' »harmonisateurs ».

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Dans un texte qui circule sur Internet, Cui Weiping, une critique littéraire et de cinéma, conclut ainsi son propos : « Alors je chante cette jolie chansonnette – je suis un alpaga – et quand bien même le monde entier l’entend, vous ne pouvez pas dire que j’ai violé une quelconque loi.« 

Article complet sur Le Monde.