13 septembre 2008 – Château Sarriod de la Tour, pré Saint-Ours et aqueduc romain de Pont d’Aël

Après cette série de lacs, passons à autre chose ! Nous quittons – sous la pluie – le ‘Village’, Morgex et Courmayeur pour la région de Cogne et son splendide parc national : le bien-nommé Grand Paradis (Parco Nazionale Gran Paradiso).

Aujourd’hui est une journée de transition, nous devons établir notre nouveau « camp de base ». Comme nous comptons rayonner un peu, nous préférons ne pas loger à Cogne même car c’est tout au fond d’une longue vallée… nous espérons plutôt trouver un logement du côté d’Aymavilles ou Saint-Pierre. Malheureusement pour nous, beaucoup de logeurs semblent être tout juste partis en vacances ou en week-end.

Le château de St-Pierre et sa curieuse église accolée ont attiré notre curiosité mais seule l’église est ouverte en ce moment. Dommage car le château possède une magnifique porte !

En face, un monument aux morts de la guerre 15-18 (et non pas 14-18 !) écrit en français.

Pour se consoler de la fermeture du château St-Pierre, nous décidons d’aller visiter celui de Sarriod de la Tour, qui se trouve juste en face. Il est entouré d’un verger de pommiers. Le temps est toujours aussi maussade, rendant la prise de photos difficile.

C’est une visite guidée au pas de course, pourtant nous sommes très peu nombreux (il y a juste un autre couple). En une demi-heure il faut avoir fait le tour, c’est dommage… nous n’avons même pas le temps de lire tous les panneaux explicatifs. Enfin, le guide a la gentillesse de nous dire quelques mots en français à chaque salle. Les photos étaient interdites à l’intérieur.

Nous pique-niquons presque au sec, entre deux averses. Ce n’est pas plus mal qu’il pleuve pendant les journées de transition, et qu’on ait du meilleur temps pour randonner !

Nous allons jusqu’à Cogne, faire connaissance avec le village. Nous commençons par l’église puis enchaînons avec de petites ruelles étroites et désertes bordées de vieilles maisons. C’est assez plaisant, partout de petits détails sur les façades ou les fontaines accrochent notre attention.

Les rues principales, composées de magasins, nous plaisent moins. Il n’y a pas foule car à cette heure-ci les commerces sont encore fermés (au moins jusqu’à 14h, parfois 15h). Curieusement, la plupart des cartes postales sont à faire peur.

Se promener dans le Pré-Saint-Ours sous la bruine n’est pas fort enthousiasmant. Du coup, nous ne nous y attardons pas et partons vers Pondel, aussi appelé Pont-d’Aël, et son pont-aqueduc romain. C’est une petite route en cul-de-sac qui n’est pas pire que les autres, malgré une flopée de panneaux alarmants à son entrée.


Au-dessus de la clé de voûte : inscription latine datant de l’an 3 après J-C et mentionnant Caius Avillius Caimus.

La gorge étroite et profonde du torrent (torrente Grand Eyvia) est impressionnante. Nous sommes perchés presque à 60m au-dessus de l’eau. Les petites pierres arrondies faisant parapet ont été rajoutées bien plus tard, quand le passage des personnes a commencé à se faire en surface.


Vue plongeante

Il y a de nombreuses explications sur ce lieu, j’avoue ne pas avoir tout retenu. Les archéologues ne sont pas certains de l’utilisation de cet aqueduc : différentes hypothèses se sont succédées. La plus probable est que cet ouvrage romain servait à la fois au transport de l’eau (en surface, à découvert) et au passage des gens (en souterrain, un tunnel couvert d’environ 1m de large). Les pierres du canal à découvert étaient parfaitement jointes et imperméables.

C’est très sympa de pouvoir encore accéder à ce souterrain, même si l’une des sorties est à présent bouchée par la ruine d’une maison. En examinant les pierres de l’entrée, on s’aperçoit qu’il y avait une porte à chaque extrémité. Il existe également un autre niveau accessible, mais celui-là est sans fenêtre et nécessite une petite lampe (heureusement j’ai toujours ça sur moi – oui je sais, les sacs de fille c’est terrible).
Le tunnel va encore assez loin avant d’être bouché, j’étais surprise. Deux horribles photos au flash :

De l’autre côté du pont s’ouvrent deux sentiers de promenade, nous décidons d’en suivre un au hasard. Il est presque à plat, longeant des myriades de petites terrasses aménagées avec des murets en pierres. La plupart sont à présent à l’abandon. Nous tomberons sur une curieuse inscription gravée, portant la date de 1834 ainsi que des initiales qui ne nous parlent pas.


1834 f.P.A.D ??

La gorge du torrent, très verdoyante, et le hameau de Pondel dans le fond.

J’ai trouvé ce panneau tout mignon 🙂


Il est interdit de cueillir les papillons !

Le sentier se prolongeant indéfiniment, nous décidons à un moment de demi-touriser pour poursuivre la recherche d’un logement (recherche avortée ce matin cause personne de présent).

Une petite sélection de portes du hameau de Pondel, la plupart sur d’anciennes maisons ou étables abandonnées.

Au revoir Pont-d’Aël, ce fut un plaisir de te visiter !

Nous finissons, après maintes péripéties, par trouver une chambre d’hôtes à la Casa Buillet, frazione Vercellod. Nous avons un mauvais pressentiment au niveau de l’insonorisation de la maison, mais nous n’avons pas trop le choix. Il y a aussi la chatte et les deux chatons… manifestement ils ne stérilisent pas, ne nourrissent pas, etc. Heureusement j’avais des croquettes dans la voiture :mrgreen:

Le château d’Aymavilles, juste à côté, n’est pas accessible au public :

Nous soupons dans un hôtel-restaurant proche. Arrivant aux toilettes, je suis très embêtée de savoir si je suis une « signore » ou une « signori ». Nul indice ne me laisse deviner lequel est masculin et lequel est féminin !! La serveuse, qui ne parlait pas un mot de français, a ouvert de grands yeux mais a fini par comprendre et me dire que j’étais une « signore » 😆