11 septembre 2008 – Lac et glacier du Miage (et le prétendu lac des Marmottes !)

Ce matin nous allons faire les courses à Courmayeur pour le pique-nique. Ce n’est pas évident de se garer dans cette ville, et jusque mi-septembre les places sont payantes (encore quelques jours de patience, donc !)

Nous avons décidé d’aller voir le fameux lac glaciaire du Miage, dans le Val Veny. La journée débute dans les nuages.

Selon la carte on peut s’avancer pas mal en voiture, mais en arrivant sur place nous nous rendrons compte que la route est fermée. Et tous les abords sont interdits de stationnement, il nous faut redescendre toute la route pour nous garer sur le grand parking en bas… il est bondé et nous n’arrêtons pas de voir de bruyants hélicoptères passer en un ballet incessant.

Sur la photo ci-dessus, le « moustique » en haut à droite est un hélicoptère. Ils étaient deux à se relayer, ils faisaient une navette entre le parking et un refuge d’altitude. Des groupes d’alpinistes s’engouffraient dedans, il y en avait des tonnes. Ce n’est que le soir qu’on a appris qu’il y avait ce jour-là une commémoration officielle et que donc ce trafic était exceptionnel (ouf !).

Plutôt que de remonter à pied via la route en lacets, nous prenons le chemin à travers bois. C’est agréable, on longe la rivière… Il fait un peu froid, juste de quoi être bien réveillés.

Nous arrivons au pont de la Visaille, à partir duquel la route est théoriquement fermée. Des dizaines de voitures s’y engagent malgré les panneaux… une centaine de mètres plus loin, la fermeture est matérialisée par une barrière (ooooh, pas de chaaance).
Du coup les gens se garent n’importe comment sur le bas-côté (instable), font des demi-tours en essayant de nous écraser, etc. Super, quoi. Vive le tourisme.

Après la barrière, c’est beaucoup plus calme. Le chemin est une large voie carrossable qui monte en lacets pour suivre ensuite un ravin.
Petit à petit on rejoint le niveau du torrent (Dora di Veny). Il n’y a pas « foule » mais il y a très régulièrement d’autres randonneurs. Ce n’est pas un petit sentier perdu comme on les aime…

Je tiens un morceau de pain en main. Un chien qui gambadait vient soudain m’en mendier, mais les deux touristes auxquels il appartient s’agitent « nein nein » ! Il est au régime 😆 (pourtant il n’était pas gras du tout)

Sur la dernière partie le chemin carrossable est assez plat. Au bout se trouve une petite buvette. De là, un sentier monte jusqu’au glacier du Miage. Il arrive sur une crête avec vue plongeante sur le lac et la moraine.

Le glacier forme un cirque tout gris, recouvert de cailloux et de roches… seules les parties qui viennent de tomber sont blanches. Il fait toujours froid et il y a du vent. Un morceau de glace barbote dans le lac, il fait plus penser à un glaçon dans un verre qu’à un iceberg.

Nous nous asseyons et profitons du spectacle. Régulièrement, une avalanche miniature précipite des cailloux dans le lac. On les entend avant de les voir. Ce n’est parfois qu’après l’impact sur l’eau qu’on parvient à localiser la coulée de gravillons en mouvement. De temps à autre, une roche plus importante fait un beau plongeon sonore.

Ca a l’air bête mais en vrai c’est hypnotisant. On attend la prochaine chute de pierres, on attend que le bout de glacier suivant se détache, tiens, regarde là, il y a un point qui semble plus fragile… mais notre attente sera vaine. Le froid nous fera bouger, on descendra dans un premier temps jusqu’au bord de l’eau.

Si vous regardez la photo suivante en grand, vous verrez un géomètre sur la crête (son collègue était sur la rive d’en face, près de nous). Lui aussi on a attendu de voir s’il n’allait pas tomber à l’eau… 😆
Accessoirement, sa silhouette donne l’échelle de la photo.

Nous longeons le bord puis nous remontons dans la caillasse. Un repli de terrain, sorte de petite crevasse remplie d’éboulis, nous offre un abri contre le vent. Nous pique-niquons là.

AàG ira faire un tour sur le glacier, je ne m’y risquerai pas à cause de mes chevilles. Et puis je ne connais pas grand-chose aux risques des glaciers, donc j’estime plus prudent de m’abstenir.

Ci-dessous (en haut à gauche) vous voyez que les hélicos n’ont pas fini leur ballet… De là où nous sommes, nous voyons le fameux refuge où ils atterrissent.

Ci-dessous, une vue d’une petite partie du lac du Miage, par le dessus (nous venons de la gauche, là où c’est coupé).

Nous hésitons à traverser carrément le glacier pour rejoindre le lac des Marmottes (surnom du lac du Breuillat), mais finalement nous allons faire le tour. Donc tout redescendre… et évidemment tout remonter !
C’est un peu râlant mais au moins le chemin est balisé et sans danger. Le départ se fait au niveau du pont de la Visaille.

Il y a différents itinéraires possibles, j’hésite à aller plutôt au Lago Verde… Ce lac vert est situé dans une sorte de petite vallée qui remonte entre deux bras du glacier et porte le doux nom de « jardin du Miage ». C’est une promenade indiquée comme facile.
Mais le lac des Marmottes est – traîtreusement !! – annoncé à seulement 0h55 de marche sur le panneau. Nous ne nous rendons évidemment pas compte que c’est une erreur et y allons gaiement, naïfs et confiants ! (les photos ci-dessous sont encore sur la route du Miage)

On monte tout d’abord dans la forêt de mélèzes, ce qui est toujours une partie agréable pour moi. Surtout que le soleil a décidé de pointer son nez et qu’il fait à présent étouffant !
Ensuite on traverse d’immenses pierriers parcourus par quelques rivières… aucune ombre pour nous abriter. A perte de vue des rocs et des rocs, un monde minéral. Les balisages jaunes nous guident.

On arrive finalement de l’autre côté du glacier du Miage, il fait à nouveau froid. Nous sommes fort las mais la perspective de voir un beau lac et des marmottes nous motive à continuer. Le chemin devient plus difficile, il passe parfois sur le glacier dans un imbroglio de rochers, j’essaie de faire attention à mes pieds mais eux aussi sont fatigués et plusieurs fois je me tordrai légèrement les chevilles (sans conséquence, heureusement). Pour ne rien arranger, il se met à pleuviner. Têtue, je veux continuer. On est si près du but…

Finalement nous aurons mis 2h pour arriver au « Lago delle Marmotte ». Tout ça pour se rendre compte qu’il ne s’agit en ce moment que d’un petit marécage pouilleux, pfff. Et en fait de marmottes, nous apercevrons seulement quelques mini-grenouilles. Quelle déception !! Enfin on se console en se disant que cela aurait pu être le lac du Miage qui était vide… (selon les époques, les niveaux varient fortement)

Le chemin du retour se fera encore plus lentement, nous sommes des zombies. La descente se fait en mode automatique. Nous serons les avant-derniers à quitter le parking. AàG estime le dénivelée de la journée à 800m, ce n’est pas monstrueux mais pour une journée qu’on voulait « cool » pour se reposer, ce n’est pas tout à fait ça…

Je ne me sens pas très bien ce soir-là, je crois que je suis passée à un cheveu de l’insolation. On ne se méfie jamais assez des cieux nuageux en montagne.
Nous retournons manger à la « Pizzeria du Tunnel » à Courmayeur. Il faut monter un drôle d’escalier car la salle est en mezzanine (faut pas être grand)… Eh bien c’était la montée de trop ! Mal partout !