(…) L’attaque la plus frontale date de début 2007. Dans de nombreux pays d’Europe, lycées, collèges et universités reçoivent sans l’avoir demandé un luxueux ouvrage illustré, L’Atlas de la création. Edité et imprimé en Turquie, il prétend démontrer que l’évolution n’est pas une doctrine scientifique mais de la propagande antireligieuse.

(…) Egalement diffusé en Asie et au Moyen-Orient, ce discours extrémiste n’a toutefois exercé en Europe et aux Etats-Unis qu’une influence limitée. Il en va tout autrement du concept de « dessein intelligent » (…). Sa thèse centrale ? La vie est trop complexe pour être issue d’un processus non dirigé tel que la sélection naturelle. L’évolution des espèces est admise, mais elle ne peut qu’être l’oeuvre d’un concepteur d’ordre supérieur.

 » (…) dès lors qu’on fait accepter, d’une façon prétendument scientifique, l’existence d’un concepteur à l’origine du monde, il devient facile d’appuyer des positions législatives très conservatrices, et de faire admettre certains comportements – l’homosexualité, la contraception, l’avortement – comme déviants. » Sous ses aspects théoriques, le créationnisme constitue bel et bien un enjeu de société. (…)

Article complet dans Le Monde du 17.11.2008

(…) Les thons rouges sont victimes de surexploitation. Les scientifiques assurent que les captures ne devraient pas dépasser 15.000 tonnes/an pour cette espèce (…). Or ce chiffre est largement dépassé.

(…)Les prises déclarées sont deux fois plus élevées et dépassent le quota fixé par la Cicta (28 500 tonnes pour 2008) après d’interminables tractations. Et si l’on prend en compte la fraude – très répandue -, c’est sans doute près de 60 000 tonnes de thons rouges qui sont capturés chaque année en Méditerranée, par un petit nombre de pays (dont principalement la France, l’Espagne, et l’Italie).

(…) Si personne ne conteste la nécessité de mesures drastiques, les points de vue n’en sont pas moins très éloignés. Pour éviter le pire, le Japon, qui absorbe à lui seul plus de la moitié des thons rouges pêchés en Méditerranée, va plaider pour une simple réduction des TCA (taux de capture autorisé). D’autres pays, en revanche, pourraient réclamer l’inscription du thon rouge sur la liste des espèces en danger d’extinction et, à ce titre, obtenir une interdiction pure et simple de son commerce.

L’Union européenne, elle, s’en tient à une position médiane. La Commission a imposé aux Etats membres une réduction de plusieurs semaines de la période de pêche. Il lui faudra sans doute aller au-delà et financer des mesures de réduction de la flotte.

Article complet dans Le Monde du 18.11.2008