9 septembre 2008 – Le val Ferret : refuge Elena et glacier du Pré de Bar

Ce matin le petit-déjeuner est étrangement restreint : pas de prosciutto, pas de fromage, pas de « dessert », pas de pain aux noix… Ouin ! Serait-ce parce que c’est notre dernière nuit ?? 😐

Par contre nous aurons droit à la visite de la « cave », une pièce remplie de souvenirs tels que colliers de vache et outils traditionnels. Nous discutons avec le logeur des pratiques d’antan et prenons ensuite congé de lui.

Nous partons vers Courmayeur et tentons de trouver un nouveau logement. Ce n’est pas évident car la région est chère et par ailleurs beaucoup de chambres d’hôtes sont déjà fermées car c’est la fin de la saison touristique.

Après quelques tours et détours infructueux, nous abandonnons (momentanément) cette recherche pour aller au Val Ferret (côté italien). La traversée de Courmayeur est un peu pénible, nous voudrions acheter de quoi pique-niquer mais tous les parkings sont payants et bondés.

J’ai beaucoup aimé la couleur de la rivière (Dora di Ferret) et ses vagues vives.
Une zone ombragée et remplie de bancs en bois nous tend les bras pour un pique-nique très relax. Les pinsons viennent assez près pour nous mendier des bouts de pain. Ils sont également fort adeptes des crêpes de Bruges !

De chaque côté de la vallée, ça monte très vite très fort. AàG me nomme chaque sommet, comme la Dent du Géant, mais je n’en retiendrai pas la moitié. Les Grandes Jorasses sont particulièrement impressionnantes.

Au bout de la vallée, nous décidons d’aller jusqu’au refuge Elena (alt. 2062m). Pour ce faire, nous avons le choix entre le large chemin carrossable longeant la rivière dans le fond de la vallée, ou le petit sentier de randonnée fléché « TMB ». Vu les multiples traces de roues de vélo, j’ai cru que le « MB » se rapportait à Mountain Bike, mais en fait TMB veut simplement dire Tour du Mont-Blanc 😆

Nous empruntons bien sûr l’étroit sentier. Cela monte raide au départ puis nous arrivons sur une sorte de petite crête. On y rencontre quelques autres promeneurs :

Sur notre flanc de montagne le panorama est végétal, notre sentier s’enfonce dans un vert tendre un peu fâné par l’automne. En face lui répondent l’aridité des rochers et la majesté des glaciers.

Un solide pont en bois enjambe le ruisseau, ensuite le chemin reprend sa montée vers le refuge.

Ci-dessous : AàG appelait ces fleurs des « vieux punks » ^^
(Si quelqu’un connaît le vrai nom ??)

Il y a pas mal de monde au refuge Ellena, beaucoup sont arrivés par la voie carrossable semble-t-il. En face de la terrasse du refuge, un glacier nous fait de l’oeil :

Nous avons encore largement le temps pour aller lui dire bonjour avant que la nuit ne tombe. Il suffit de descendre un peu sur la ‘route’ et d’ensuite couper à travers les pierriers. Notre présence effraye certains : trois chamois s’enfuient soudain, avec une vitesse et une agilité sidérantes !

L’endroit n’est qu’un éboulis de roches de différentes tailles. Curieusement sur ce terrain mes pied sont très sûrs d’eux et je suis d’humeur particulièrement chantante. Des passages sont signalés dans les pierriers par des kerns, mais au bout d’un certain temps il y a tellement de kerns marqués tout partout que n’importe quel endroit peut être considéré comme le chemin !

Il s’agit du glacier du Pré-de-Bar. Des marques sur de gros rochers indiquent les niveaux atteints suivant les années. Le glacier a reculé de 120m entre 1989 et 1999. De 1999 à 2008 je ne connais pas le chiffre mais ce ne sera pas mieux… Dans ce rapport technique de l’ONERC datant d’octobre 2008, vous trouverez la comparaison photographique entre 1929 et 2007. C’est atterrant.

L’approche finale du glacier est compliquée par la présence de l’eau de fonte qui s’échappe en un joyeux petit torrent. Pour toucher le glacier sans se mouiller les pieds, c’est assez acrobatique ! Mais il faut croire que le talisman du chant protège de l’eau 😉

AàG remonte encore un peu le long de la langue de glace pour photographier les fissures et cette couleur bleue si fascinante… Pendant ce temps je repars doucement sur mes pas. Ainsi je peux prendre tout mon temps et essayer de ne pas réitérer l’exploit de la cheville foulée l’année dernière.

D’ailleurs, je ne sais pas si c’est d’avoir pensé à la Bretagne mais je me surprends à chanter du Tri Yann, plus précisément la complainte de Yuna Madalen !

Détail de la glace :

Il commence à pleuviner, j’embraie sur Sound of Silence de Simon & Garfunkel. Cette chanson me fait toujours pleurer, alors ça se marie bien avec la pluie. Je croise deux autres touristes qui semblent un peu préoccupés. Je comprendrai pourquoi par la suite : ils ont laissé toutes leurs affaires (sacs, casque de moto…) au début du pierrier, pensant sans doute que personne ne passerait par là.

Le temps se couvre méchamment, j’escalade un rocher pour attendre AàG qui revient en galopant avec, certes, moins de grâce que les chamois mais tout de même, c’était honorable 😛

Nous revenons à la voiture par le chemin carrossable, il commence à faire fort sombre. Nous irons manger, après maintes hésitations, à la « Pizzeria du Tunnel » à Courmayeur. Il y a beaucoup de « locaux » (de non-touristes quoi) donc on espère que ce sera correct… Nous n’avons pas été déçus ! C’était bon, copieux et pas cher. Quand AàG a vu la taille de sa pizza (qui prenait presque toute la table), il s’est exclamé que c’était une pizza de géant, ce à quoi le serveur lui a répondu : that’s the small size (je vous rassure, c’était pour plaisanter).

Un petit panoramique (cliquez dessus) : sur place le contraste avec le vert était saisissant, ça donne beaucoup moins bien en photo…

Nous trouvons finalement un logement à Morgex. Une vaste « cave » réaménagée récemment en studio avec un coin salle à manger, un coin chambre à coucher, un coin cuisine équipée, une belle petite salle de bain moderne et un poêle à pellets. Le tout dans le calme absolu d’une ruelle en cul-de-sac au fond d’un village charmant. Avec en plus un logeur très sympathique, bref un vrai coup de chance. Je vous en mettrai une ou deux photos plus tard…