Extrait du Monde :

Les sociétés humaines doivent réformer rapidement leur gestion des ressources en eau douce, sur lesquelles pèsent des pressions de plus en plus importantes. Sans changements, la sécurité hydrique, alimentaire et énergétique de certaines régions du monde serait compromise. (…)

« Pendant longtemps, la ressource en eau a été disponible, en grande quantité, et de bonne qualité. Elle était considérée comme inépuisable, résume Cecilia Tortajada, présidente de l’Association internationale des ressources en eau (IWRA). » (…)

Le congrès de Montpellier, à dominante scientifique, se tient quelques mois avant la réunion du Forum mondial de l’eau, fixé en mars 2009 à Istanbul, qui rassemblera politiques, industriels et organisations non gouvernementales. (…)

(…) au moment où la population mondiale s’accroît, l’eau se fait plus rare. Première cause de déséquilibre : le réchauffement climatique. La température augmentant, l’évaporation de l’eau des fleuves et des rivières est plus importante, donc la quantité d’eau disponible dans l’environnement moindre. Le régime des pluies étant aussi affecté, les disparités entre régions du monde, déjà considérables, devraient être accentuées.

Le deuxième grand facteur de raréfaction est l’accroissement des pollutions d’origine urbaine, industrielle ou agricole. « Très peu de pays traitent correctement leurs eaux usées, remarque Cecilia Tortajada. A Mexico, le principal cours d’eau est tellement pollué que la ville doit aller prélever son eau potable à des kilomètres. »

La salinisation des eaux douces, due à la surexploitation des nappes phréatiques côtières ou des fleuves, les rend également impropres à la consommation sans de coûteux traitements préalables.

Or les besoins en eau augmentent. La croissance de la population mondiale, qui a lieu essentiellement dans des mégapoles, concentre la demande dans l’espace, ce qui complique l’approvisionnement en eau potable. Mais ce sont surtout les volumes nécessaires pour assurer l’alimentation de la population mondiale à l’avenir qui inquiètent. Aujourd’hui, 70 % en moyenne du volume d’eau douce prélevé dans le monde vont au secteur agricole.

« Les cultures irriguées ont un rendement deux à trois fois supérieur aux cultures pluviales, explique M. Jarraud, de l’Organisation météorologique mondiale (OMM). L’irrigation devra être développée, mais son efficacité dans l’utilisation de l’eau devra s’accroître. » Le choix des plantes cultivées devra également tenir compte de la moindre disponibilité en eau.

De plus, l’augmentation du prix de l’énergie et la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre incitent les Etats à développer les ressources alternatives, comme l’hydroélectricité, mais aussi les centrales thermiques ou nucléaires, qui ont besoin de gros volumes d’eau pour leur refroidissement, ou les agrocarburants, eux aussi consommateurs d’eau.

(…)