Avant-hier, les marins-pêcheurs. Hier, les transporteurs routiers. Aujourd’hui, les agriculteurs. Sans oublier les fonctionnaires et les chauffeurs de taxi, en attendant les suivants… Tous unis pour réclamer des mesures contre l’inéluctable. Un peu comme s’ils manifestaient pour obtenir de nos gouvernants des mesures contre la pluie en été ou la chute des feuilles à l’automne.

Car enfin, ce qui est en train de se passer était tellement prévisible. Depuis des décennies, nous savons que les réserves de pétrole ne sont pas inépuisables. Mais depuis des décennies, nous feignons de l’ignorer. Prétextant « qu’on va trouver des solutions de remplacement ».

La majorité de la population occidentale croit désormais qu’il est normal de payer 100 euros pour aller en avion passer un week-end à 3.000 km de distance. Ignorant ou faisant semblant d’ignorer que ce prix ridicule ne peut de toute évidence couvrir les coûts d’infrastructure, de personnel et de carburant d’un tel déplacement… sans parler de son coût environnemental !

La majorité de nos compatriotes trouve normal que les trois quarts de l’humanité se nourrissent d’un bol de riz quotidien tandis que le quatrième s’empiffre au point que l’obésité de ses enfants est devenue l’une de ses principales préoccupations.

Eh bien non, ce n’est pas normal.

Ce que nous vivons actuellement n’est qu’un avant-goût des crises qui nous attendent si nous ne sommes pas capables de comprendre enfin qu’il est urgent de prendre des mesures drastiques dans le seul sens acceptable : diminuer la consommation des ressources naturelles. Réduire le gaspillage, plutôt que de constamment adopter des mesures visant à le poursuivre. Comme par exemple ces baisses de taxes prônées – ce n’est pas un hasard – par un politicien tel que Sarkozy, en bon populiste qu’il est.

Le pétrole cher aujourd’hui, c’est peut-être le seul espoir de forcer les hommes à prendre des mesures draconiennes tant qu’il en est encore temps.

Extraits d’une carte blanche du Soir, dont l’auteur semble étonnamment être ce monsieur. A moins que ce ne soit un homonyme…