Eh oui, vous n’y croyiez plus, mais voilà enfin la dernière note sur mes vacances bretonnes !
Avec le tant attendu épisode du Val sans retour, dont j’ai bien failli ne pas revenir… Attention ça va pleurer dans les chaumières ;-p

12 septembre 2007 – C’est en milieu d’après-midi, sous un ciel gris, que nous arrivons à Tréhorenteuc. L’office de tourisme est situé juste à côté de la chapelle du Graal, célèbre notamment pour la sentence inscrite au-dessus de son portail :

LA PORTE EST EN DEDANS

Sur l’un des murs (de l’OT) se trouve cette fresque :

Quant à l’église, ses vitraux évoquant la Table ronde ou le Graal ont été posés dans les années ’40 par l’abbé Gillard, qui a restauré l’église et l’a truffée de symboles arthuriens. Ce mélange de chrétienté et de paganisme lui valut d’ailleurs quelques déboires…
Voici la mosaïque du Cerf blanc au collier d’or et, en-dessous, la façade de l’église de Concoret :

Munis du plan schématique des vestiges visitables, nous nous rendrons tout d’abord au Jardin des Moines, qui est en fait un site mégalithique. Selon la légende, des moines s’entêtaient dans une vie dissolue et honteuse, ce qui provoqua la colère de Saint Méen. Les moines furent changés en pierres autour de leur table de banquet… Il y a des pierres rouges (schistes) et des pierres blanches (quartzites).
La fonction exacte du lieu n’est pas connue, d’après les fouilles ce ne semble en tous cas être ni une habitation ni une tombe. Probablement un lieu rituel… pour quelles cérémonies ? Certains ont leur propre théorie !

La forêt de Paimpont est supposée être ce qu’il reste de l’antique forêt de Brocéliande. Elle est ponctuée de houx, marquant le passage de l’Enchanteur Merlin, et de petits ruisseaux.
Marchons à présent jusqu’à la fontaine de Barenton. Je pensais que « fontaine de Jouvence » en était une autre appellation, mais il semblerait que ce soit un lieu distinct. Son nom provient de Balenton, lui-même dérivé de Beleton. L’origine en serait le culte que vouaient les druides au dieu Bélénos, qui s’occupait – entre autres choses – des sources et des guérisons. Cette fontaine a d’ailleurs toujours gardé une aura « curative ».

Le chemin d’accès n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît de prime abord…
Lieu de rencontre entre Merlin et Viviane, la fontaine possède une margelle en pierre qui est appelée Perron de Merlin. Jeter l’eau de la source sur ce dernier déclencherait dans l’heure un orage (Bélénos est aussi dieu de la foudre) !
Erratum : « en réalité, c’est le Dieu Taranis (le tonnant) Dieu du Tonnerre qui est le Dieu de la Foudre, Bélénos lui, est le Dieu éclatant et lumineux, Dieu de la lumière, des arts et de la médecine entre autres ». Merci Freyja 🙂

De la source s’échappent régulièrement des bulles, ce qui donne l’impression que l’eau bout alors qu’elle est froide.
Une poignée de touristes est sur les lieux, et certains ont amenés gourdes ou petites bouteilles pour emporter un peu d’eau miraculeuse…

Dernière visite de la journée, le chêne à Guillotin. Cet arbre creux mesure plus de 10 mètres de circonférence… L’abbé Guillotin y aurait trouvé refuge pour échapper à l’armée. Notre-Dame de Paimpont, transformée en araignée pour l’occasion, aurait tissé sa toile devant l’entrée du tronc pour le cacher.

Ce vénérable ancêtre dégage une impression sans pareille de majesté et de sérénité. Entouré d’herbe tendre, dans les tons chauds du soleil couchant, c’était une vision féérique.

Il se fait tard, rejoignons notre logement… il s’agit d’une ferme où nous dormirons assez mal pour cause de vache malade et de mur épais comme du papier.

13 septembre 2007 – C’est aujourd’hui que les choses sérieuses commencent ! Enfin, qu’elles auraient dû commencer… La matinée est dédiée au Val sans retour, car le temps risque de se gâter ensuite.
Les chevaliers qui s’aventuraient dans cette vallée encaissée en restaient prisonniers à tout jamais s’ils n’étaient pas fidèles, même en pensées, à leur bien-aimée. C’est là un sortilège de la fée Morgane auquel seul Lancelot échappa, grâce à son amour sans faille pour dame Guenièvre.

Comme pour la fontaine de Barenton, les lieux espiègles semblent s’amuser à perdre les visiteurs. Nous nous méfions pourtant, suite à des mésaventures entendues à l’office de tourisme, mais la carte sommaire n’est décidément pas suffisante. Nous ferons donc le parcours à l’envers, en commençant par les hauteurs du Val !
Depuis le Siège de Merlin, nous admirons le lac en contre-bas, il s’agit du Miroir aux Fées.

Le sol, en schiste rouge et mauve, cache parfois ses inégalités sous l’envahissement la végétation. Cela me fera trébucher et tomber sur… la main qui tenait le petit appareil photo numérique. Il s’est pris un sacré choc mais y a survécu ! (je donne sa référence à tout maladroit qui le souhaite 😆 )

Les chemins se multiplient, créés par les pas des visiteurs, et les symboles des différents balisages deviennent confus. Nous choisirons un chemin qui descend de manière un peu abrupte, pour visiter le fond de la vallée.

Oui je sais, le flash à l’avant-plan c’était pas une super idée ^^’
Nous arrivons à hauteur du second lac et décidons de faire un détour pour essayer, avec succès, de trouver l’Hostié de Viviane – qu’on retrouve parfois écrit « hôtier » ou « ostié », ou encore tout simplement « maison » de Viviane.

Certains l’appellent également le Tombeau des Druides. Il s’agit d’une sépulture originale qui, bien que largement pillée au cours des siècles, a encore offert pas mal de découvertes lors des fouilles archéologiques des années ’80.

Lentement nous faisons marche arrière, profitant des lieux, de la forêt et de son sol élastique si particulier… Nous revenons à hauteur des étangs, que nous longeons en flânant. Il y a idéalement peu de touristes, tout est paisible.

Un petit pont de bois permet d’enjamber (ce que je suppose être) le ruisseau du Rauco. La couleur orange de la boue est due au minerai de fer, qui a d’ailleurs été exploité dans cette région par le passé.

Nous accélérons le rythme à cause d’un énorme troupeau d’ados en visite scolaire qui beuglent, rompant tout le charme des lieux. Nous tentons de garder suffisamment d’avance sur eux pour ne pas être trop emmerdés.

Et c’est là que l’irréparable se produisit. Une pierre ou une racine, crac-croc la cheville, je me retrouve par terre.
Incapable de poser le pied au sol, je reste assise où je suis, les larmes coulent toutes seules tellement j’ai mal. Le looong troupeau d’ado passe, indifférent. Ils nous voient bien en difficulté mais il n’y en a pas un qui proposerait son aide, ou même simplement l’usage de son téléphone.

Le chemin du retour fut un calvaire (très) long et (très) douloureux. Surtout les passages à gué. Il y a moins d’1 km pour rejoindre la voiture garée à l’office de tourisme, ça me prendra plus d’une heure. Heureusement que c’est arrivé sur la fin du parcours.

Parvenus à la fin du Miroir-aux-Fées, des bancs nous tendent les bras. Cinq minutes de repos pour mon pied. C’est également là que se trouve l’Arbre d’Or, marquant la limite du grand incendie qui ravagea le Val en 1990. Toute une symbolique y est liée.

Je n’ai pas été le voir de près vu les circonstances, mais AàG en a pris une photo. Les piquants devant ont été placés afin de décourager les crétins qui grattaient le châtaigner pour essayer de récupérer un peu d’or.

De retour à l’office de tourisme, les deux cars scolaires sont toujours là. Les ados et leurs profs occupent tous les bancs pour pique-niquer. Là encore, pas un qui laisserait une petite place pour une éclopée, j’ai été m’installer sur un muret en attendant qu’ils finissent et partent.

Grâce à la gentillesse de la dame de l’office de tourisme, on parvient à trouver un logement très proche, et de plain-pied. J’ai trop mal pour prendre la voiture (qui plus est c’est la cheville droite), c’est donc AàG qui réapprendra à conduire pour l’occasion…

Comme je suis immobilisée, AàG ira faire un petit tour dans les parages pour se désennuyer :

Le lendemain, à regret, il nous faudra bien faire un retour anticipé en Belgique. Adieu veaux, vaches, cochons ! Il nous restait plein de choses à voir dans la région mais ce sera pour une prochaine fois… si Morgane ne s’en mêle pas !!

Pour ceux qui veulent s’enfoncer dans l’histoire et les légendes, nombreux sont les sites… en voici toujours deux, dont je me suis inspirée pour compléter mon compte-rendu :
Un farfadet fan d’histoire
Les portes de féerie