Une honte, un scandale, une catastrophe… Les mots me manquent. Dur dur de rester non-violente dans pareil cas :[

Dans le texte final soumis par l’Indonésie, toute référence chiffrée et spécifique aux recommandations des experts du climat a disparu. Plus aucune référence n’est faite dans le préambule aux travaux du GIEC ni à une réduction de 25 à 40% des émissions de gaz à effet de serre des pays industrialisés d’ici à 2020 (qui n’étaient pourtant pas présentés comme un objectif mais une « ligne directrice« , selon le texte).

Ces chiffres étaient inscrits dans le préambule du brouillon de la décision finale. L’Union européenne, qui défend cet objectif, a reçu le soutien des pays en développement, regroupés dans un « Groupe des 77 + la Chine ».
Le porte-parole de ce groupe a indiqué que cette référence chiffrée « est le résultat le plus important que nous souhaitons voir sortir de la conférence de Bali« .

La nouvelle version a été jugée « scandaleuse par la Chine et le G77 » (qui regroupe les pays en développement), mais aussi par l’UE et la Nouvelle-Zélande.
En revanche, la chef de la délégation américaine, Paula Dobriansky, [dont le ministère est hostile à toute référence chiffrée], « a vivement remercié la présidence indonésienne pour sa nouvelle proposition« .

Les ONG accusent les Etats-Unis d’avoir torpillé la conférence de Bali par leur position intransigeante et d’avoir soumis « une proposition qui revient à ne pas agir du tout contre le changement climatique« , selon J. Leape, directeur général du WWF.

Pourtant, vendredi matin, M. de Boer misait malgré tout sur « un sentiment d’urgence croissant » pour convaincre les délégations de sortir de l’impasse et finaliser un accord pour lancer les négociations sur le futur régime de lutte contre le réchauffement, après expiration de la première phase du protocole de Kyoto en 2012. « Il y a une telle pression de l’opinion publique, je ne crois pas que les ministres [de l’environnement] vont quitter cette conférence sans lancer un processus et tout le monde travaille très dur : personne ne veut être le pays qui a tout fait rater« .

Mouais. Faut croire que ces ministres n’habitent pas sur la même planète que nous. Toujours est-il que pendant ce temps, dans l’Arctique, le réchauffement a des effets plus forts que prévus :

L’été 2007 a vu tomber tous les records de fonte du Groenland. La surface de la calotte glaciaire ayant fondu au-dessus de 2000 m d’altitude est supérieure de 150 % à la moyenne mesurée entre 1988 et 2006. (…)

Ces chiffres vont de pair avec les récentes mesures de la couverture estivale de la banquise, exceptionnellement réduite cette année, ainsi qu’avec les relevés concernant l’océan Arctique, qui montrent « une température des eaux de surface supérieure de 3,5°C à la moyenne et supérieure de 1,5°C au maximum historique« .

Ce réchauffement d’une ampleur inattendue de l’Arctique ainsi que la fonte de la calotte favorisent un phénomène récemment identifié : le « glissement » des glaciers (au sommet de la calotte, l’eau ruisselle et s’infiltre sous la glace. Elle lubrifie le socle de la calotte et favorise l’avancée des glaciers dans la mer). Cet « écroulement » serait responsable « d’une perte annuelle de masse d’environ 100 milliards de tonnes de glace, alors que la fonte en elle-même ne compte que pour une perte de 30 milliards de tonnes de glace« .

Or ce phénomène n’a pas été pris en compte dans les dernières estimations du GIEC, qui prévoient une élévation du niveau des mers de 18 à 59 cm d’ici à 2100 (parce que les modèles mathématiques capables de prévoir l’évolution du phénomène dans le futur n’ont pas encore été développés).

(…)

Sources : Le Monde
article AFP/Reuters
article de Stéphane Foucart
article d’Hervé Kempf