This is the end, my only friend, the end… (air bien connu)

Environnement : l’état de la France, extraits de Le Monde, octobre 2006.

L’objectif de l’IFEN, qui publie cet état des lieux tous les 4 ans, est d’analyser les évolutions les plus significatives affectant le milieu naturel en France.

Elle permet d’étudier les principales pressions exercées sur l’environnement, leurs effets sur les milieux naturels et les réactions de la société. Parmi ces pressions figurent, pour la première fois, « les dynamiques socio-économiques » et « les ménages », c’est-à-dire l’influence de l’évolution du mode de vie de la population et des choix quotidiens des consommateurs. Qui plus est, ils sont placés en tête du rapport.

Marie Cugny-Seguin : « Le pollueur, ce n’est pas l’autre, c’est tout le monde. » « L’enjeu est maintenant surtout du côté des sources de pollutions diffuses, celles qui nécessitent l’adhésion de chacun dans ses choix individuels, pour se déplacer, consommer, se chauffer, se loger, ou dans les choix collectifs (construire une société plus sobre en carbone, par exemple)« . Il s’agit de faire face à un « défi urgent » : « dissocier la croissance économique des émissions de gaz à effet de serre, des pollutions et de la consommation des ressources« . Pour cela, affirme le texte, « des marges de manoeuvre existent. Elles nécessitent un changement profond des comportements, des technologies, des modes de vie et de production« .

Vieillissement de la population, recomposition familiale, augmentation de la surface des logements, multiplication des déplacements, accroissement du temps consacré aux loisirs, attraction des régions littorales : tous ces changements affectent l’environnement. Par exemple, le volume des déchets produits par an et par habitant, qui atteint aujourd’hui 360 kg, croît, entre autres, en raison de l’augmentation de la consommation de produits préparés et emballés en petites quantités.

Pour ses déplacements, un périurbain émet quotidiennement deux à trois fois plus de CO2 qu’un habitant du centre-ville. La mobilité, qui ne cesse d’augmenter, exerce « de fortes pressions sur l’environnement : pollutions atmosphériques, gaz à effet de serre, nuisances sonores, sans oublier les pollutions liées à la construction des véhicules et des infrastructures de transport, et la fragmentation des espaces naturels« .
Même les vacances ne sont pas neutres : elles engendrent par exemple une production de déchets disproportionnée dans des zones fragiles comme la montagne ou le littoral…

En plus de ces pressions directes, les consommateurs « orientent l’ensemble de l’appareil productif par leur choix de consommation« . Consommer des fruits et légumes frais hors saison – dont la production et le transport demandent des quantités importantes d’énergie – a des répercussions négatives. L’évolution du régime alimentaire importe également. « Parcourir 100 km en voiture ou manger 1 kg de boeuf ou de mouton revient à peu près au même en ce qui concerne la perturbation climatique« , relève par exemple le rapport.

L’influence des consommateurs peut s’exercer dans de multiples domaines, mais les nombreuses études effectuées sur leur comportement soulignent l’existence d’un décalage entre les intentions et les actes. La sensibilité aux thèmes environnementaux est élevée. Dans le même temps, les Français semblent accepter difficilement la modification de leurs modes de vie. Ils ne sont pas prêts à payer plus cher pour des produits « verts », alors que 55 % se disent prêts à payer plus pour des produits censés améliorer la santé. La gestion des déchets par le tri sélectif est le seul domaine dans lequel les citoyens pensent avoir un rôle à jouer. Mais ils considèrent que c’est à l’Etat de lutter, par exemple contre la pollution de l’air. « La voiture illustre bien les tensions qui existent entre notre conscience des enjeux environnementaux et nos comportements« , constate le rapport.

L’exemple de la voiture montre bien, selon l’IFEN, que le changement des comportements en matière d’environnement « ne peut se résumer à la sensibilisation de la population ». Car le choix des consommateurs est contraint, par exemple par les prix, l’offre de transports en commun, etc. L’enjeu pour les pouvoirs publics est donc, concluent les experts, de créer les conditions de la transformation des pratiques.

L’espace est devenu un nouvel enjeu de la doctrine militaire américaine, extraits de Le Monde, octobre 2006.

George W. Bush vient d’adopter une nouvelle stratégie spatiale qui prône la « liberté d’action » des Etats-Unis et leur droit à interdire si nécessaire l’espace à tout pays « hostile aux intérêts américains« . Le texte rejette également tout traité interdisant les armes dans l’espace : « Les Etats-Unis s’opposeront au développement de nouvelles législations ou de restrictions cherchant à interdire ou à limiter l’accès des Etats-Unis à l’espace ou à l’usage de l’espace. »

« Il ne s’agit pas d’un changement de politique« , a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche. « L’idée que la défense intervienne dans l’espace est différente de la notion de militarisation de l’espace« , a-t-il ajouté.

Ces affirmations suscitent le scepticisme des experts. « Même si cette stratégie ne dit pas explicitement que les Etats-Unis vont détruire des satellites ou déployer des armes dans l’espace, il me semble qu’elle ouvre la porte à cela« , a déclaré T. Hitchens, directrice du Centre d’information sur la défense. Selon elle, cette analyse est confirmée par une série de documents publiés par l’armée américaine dans lesquels celle-ci ne cache pas ses intentions.
« Dans cette stratégie, les Etats-Unis cherchent à établir leurs droits, mais ne reconnaissent pas les droits des autres pays« , estime-t-elle.

George W. Bush signe une loi autorisant des interrogatoires violents, extraits de Le Monde, octobre 2006.

« C’est rare que le président signe une loi tout en sachant qu’il va sauver des vies américaines et j’ai ce privilège ce matin« , a déclaré George W. Bush, juste avant d’apposer, mardi 17 octobre, son nom au bas d’un texte de loi très critiqué, The Military Commissions Act of 2006, qui autorise le recours à des méthodes agressives d’interrogatoire et le jugement par des tribunaux militaires des suspects de terrorisme.

La loi permet à la CIA de poursuivre les interrogatoires menés au secret par l’agence de renseignement et recourant à des méthodes qui, selon leurs détracteurs, confinent à la torture. Elle octroie à M. Bush un pouvoir d’interprétation des règles internationales sur le traitement des prisonniers. Elle permet, en outre, le jugement des terroristes présumés par des tribunaux militaires mais n’exige pas que chacun d’eux soit défendu par un avocat.

La loi, opportunément signée trois semaines avant des élections parlementaires qui paraissent de plus en plus périlleuses pour la majorité républicaine de M. Bush, fait déjà l’objet de recours devant les tribunaux. L’Union des libertés civiles américaine a pour sa part dénoncé « une des pires atteintes aux libertés civiles de l’histoire des Etats-Unis ». « Le président peut désormais, avec l’accord du Congrès, maintenir indéfiniment en détention des personnes sans chef d’accusation, (…) inculper des gens sur des rumeurs et autoriser des procès pouvant aboutir à la peine de mort sur la base de témoigages obtenus par la force« , s’est indigné son président, Anthony D. Romero.

(saut dans le temps)

Les menaces d’effondrement de la biodiversité s’accumulent, extraits de Le Monde, par Gaëlle Dupont, mars 2007.

Deux sénateurs de bords opposés, P. Laffite (UMP, Alpes-Maritimes) et C. Saunier (PS, Côtes-d’Armor), ont lancé un cri d’alarme au cours d’une journée d’audition publique au Sénat. « La prise de conscience des autorités et de la société a eu lieu sur les risques liés au changement climatique, mais pas sur les conséquences de l’effondrement de la biodiversité, estime M. Saunier. Le choc à prévoir est pourtant au moins aussi important. »

« La biodiversité des écosystèmes, support du développement de l’humanité, est en voie de dégradation accentuée« , mettent en garde les deux élus, dans un rapport d’étape. « La vie dispose d’une extraordinaire capacité d’adaptation, pourvu qu’elle en ait le temps« , a rappelé M. Saunier. Or la disparition des espèces a aujourd’hui lieu à un rythme 10 à 100 fois supérieur à la normale, et, d’ici à 2050, il pourrait devenir de 100 à 1000 fois supérieur.

« L’espèce humaine ne vit pas hors sol, a rappelé D. Dron, professeur à l’école des Mines. Si les écosystèmes ne sont pas assez robustes pour encaisser le choc climatique, nous ne le serons pas non plus. » Les causes de l’effondrement sont connues : surexploitation des ressources halieutiques, pollution des eaux douces, déforestation pour l’exploitation commerciale du bois ou agricole, méthodes de culture intensives, urbanisation… Sans oublier la « pollution biologique » causée par le transport d’espèces exotiques dans de nouvelles zones, et l’impact du changement climatique.

Cette situation impose des initiatives « d’une autre ampleur que celles menées actuellement« , selon les élus. La France a, sur ce point, « une responsabilité particulière« , du fait de sa place dans les organisations internationales et de sa présence dans les zones tropicales, très menacées.