Non je ne parle pas des fromages belges mais de l’actualité de ces derniers mois… allez mettons, au hasard, depuis fin 2006, date clé pour la disparition des notes dans 20six – c’est pas beau de se moquer, je sais 😉

Le réchauffement climatique de plus en plus visible, extraits de La Libre, par Anne Chaon, novembre 2006.

« Ce qu’on a prévu depuis 1990 se vérifie aujourd’hui: un trajectoire d’environ +0,2°C par décennie. Le réchauffement est en outre devenu plus visible. Les sceptiques de l’effet de serre voient leurs arguments se réduire comme peau de chagrin« , note le climatologue J. Jouzel, membre du Giec.

Ainsi, le retrait de la banquise au pôle nord, la fonte des glaciers au Groenland et du pergélisol (permafrost) en Sibérie, sont autant de phénomènes constatés. « Rien qu’Europe, on a perdu en 30 ans 2 millions de km2 de surface enneigée en hiver« , reprend J. Jouzel.

Certains scénarios, notamment français, prenant en compte une réduction des émissions de gaz à effet de serre montrent qu’en les stabilisant dès aujourd’hui (ce qui n’est pas le cas), la température continuerait d’augmenter jusqu’en 2300 en raison de l’inertie du climat.

« Ils montrent aussi que l’homme peut agir à une échelle d’une centaine d’années et que ça peut se traduire, au bout du compte, par un degré d’écart« , relève M. Planton.

Le réchauffement met en péril l’économie mondiale, extraits de Le Monde, par Marc Roche, octobre 2006.

Le Royaume-Uni s’affiche désormais comme l’un des champions de la lutte contre les effets du réchauffement climatique. Au service d’une politique qui se veut résolue, le rapport Stern alerte sur les risques d’une récession économique « d’une ampleur catastrophique » si rien n’était rapidement engagé à l’échelle de la planète contre l’effet de serre.

L’originalité de ce document de plus de 600 pages est d’offrir une évaluation chiffrée – particulièrement inquiétante – de ce que coûterait une absence d’engagement de l’humanité tout entière face à cette menace.

A écouter Sir Nicholas, le produit intérieur brut mondial (PIB), pourrait subir, d’ici à la fin du siècle, une baisse, « très grave« , comprise entre 5 % et 20 %. Le prix à payer pour ce ralentissement s’élèverait à plus de 3 700 milliards de livres (5 500 milliards d’euros).

Les inondations, la fonte des glaciers, la baisse des ressources en eau provoquées par ces changements environnementaux pourraient conduire à « la migration » de dizaines, voire même de centaines, de millions de « réfugiés climatiques » dans certaines parties du monde, souvent les plus pauvres comme les zones côtières et l’Afrique subsaharienne.

Les dangers pointés par cette expertise ne sont pas neufs, même si le coût annoncé de leurs conséquences est de nature à frapper les esprits. En fait, le but du rapport Stern est de contrecarrer les arguments souvent avancés par les Etats les plus pollueurs de la planète – les Etats-Unis, mais aussi l’Inde et la Chine -, selon lesquels la lutte contre le réchauffement pénaliserait leur essor économique.

Faux. Selon Sir Nicholas, la réduction dès aujourd’hui des émissions de gaz à effet de serre ne pénaliserait pas le PIB de plus de 1 %.

« Le réchauffement climatique n’est plus seulement du ressort des spécialistes de la protection de l’environnement et des scientifiques, souligne B. Darkin. Ce rapport met la responsabilité de l’action fermement dans le camp des artisans de la politique étrangère et économique. »

Sans changement, les poissons pourraient disparaître des océans d’ici à 2050, extraits de Le Monde, novembre 2006.

Pour la 1ère fois, une étude, publiée dans Science , s’intéresse aux conséquences de la pollution et de la pêche excessive sur le milieu marin. Ses conclusions sont catastrophiques : si rien n’est fait, la quasi-totalité des espèces de poissons et de crustacés pêchés pour la consommation auront disparu des océans avant 2050.

Pour cette étude, les scientifiques ont fait la synthèse de toutes les données couvrant 1000 ans d’histoire marine, celles provenant d’études dans 48 zones marines protégées et des statistiques mondiales sur la pêche de 1950 à 2003. Un travail mené pendant 4 ans.

Ainsi, aujourd’hui déjà, « 29 % des espèces de poissons et de crustacés sont en passe de disparaître« , précise M. Worm, ajoutant que « les prises de pêche de ces espèces ont diminué de 90 % » ces dernières années. Un exemple : celui de la morue du nord de l’Atlantique qui a déjà atteint le point de non-retour. Elle est désormais considérée comme quasiment éteinte.

Ces scientifiques expliquent que la perte de biodiversité réduit profondément la capacité des océans à produire poissons et crustacés, à résister au développement des parasites comme certaines algues, ainsi qu’à produire de l’oxygène et à filtrer les substances polluantes. « L’océan est un grand recycleur, il absorbe les égoûts et les recycle en substances nutritives, il retire les toxines de l’eau, produit de la nourriture et transforme le CO2 en élément de nutrition et en oxygène« , souligne S. Palumbi, biologiste.



Quatre mesures pour sauver la planète
, extraits de Le Monde, octobre 2006.

Alarmiste, le rapport Stern n’est pas pour autant défaitiste. Il n’est pas trop tard pour éviter une catastrophe planétaire à condition d’engager sans plus attendre une action vigoureuse. Cette action, insiste-t-il, est exigée de tous les pays, riches ou pauvres : même si les nations développées décident de réduire leurs rejets de gaz à effet de serre de 60 % à 80 % d’ici 2050, les pays en développement devront, eux aussi, contribuer à l’effort général.

Il faut maintenant passer à la vitesse supérieure : l’approche isolée ne suffit plus, le changement climatique appelle une intervention internationale, assise sur des objectifs communs à long terme et adossée à des accords-cadres.

Le rapport Stern préconise d’agir autour de quatre idées-forces : les permis d’émission, la coopération technique, la lutte contre la déforestation et l’adaptation.

Climat : les Etats approuvent le rapport Stern, sans être prêts à amplifier leur action, extraits de Le Monde, par Gaëlle Dupont, novembre 2006.

Après l’alerte lancée par l’économiste Sir Nicholas Stern sur les conséquences dramatiques prévisibles du réchauffement climatique, les politiques prendront-ils à leur tour la mesure de l’ampleur des changements nécessaires pour inverser la tendance ?

Les réactions dans le monde et en France permettent d’en douter, tant chacun campe sur ses positions, à quelques jours du démarrage de la 12e conférence internationale sur le climat.

Alors que le rapport Stern évoque un impact comparable à celui des guerres mondiales ou à la crise économique de 1929, les Etats-Unis, premier pays émetteur de gaz à effet de serre (GES) au monde, se bornent à constater que « le gouvernement américain a produit une foule d’analyses économiques sur la question des changements climatiques. Le rapport Stern contribue à son tour à cet effort« .

Alors que les pays signataires doivent réduire leurs émissions de 5 % d’ici à 2012, les émissions américaines ont augmenté de 15,8 % depuis 1990. Celles du Canada, signataire du protocole, ont augmenté de 30 %. Le gouvernement conservateur envisage d’ailleurs de s’en retirer.

« Pour éviter le pire et maintenir le réchauffement global en deçà de 2 degrés, les pays industrialisés doivent réduire leurs émissions de 80 % d’ici 2050« , rappelle M. Creach, du Réseau Action Climat. « Les décisions politiques ne sont pas à la hauteur de l’enjeu, ajoute O. Louchard. Les citoyens doivent s’approprier cette question, afin de faire pression sur les décideurs et d’obtenir des mesures fortes.«