Une opposante russe internée de force dans un hôpital psychiatrique, extrait du Monde.

« Le médecin de garde m’a annoncé : votre mère sera soignée ici très longtemps, et peut-être même qu’elle n’en sortira jamais. » Tassia évoque sa visite auprès de sa mère, Larissa Arap, militante des droits de l’homme, internée de force depuis le 6 juillet à l’hôpital psychiatrique de Mourmansk, près de la Finlande.

Larissa Arap a été embarquée dans une ambulance alors qu’elle venait effectuer une visite médicale pour renouveler son permis de conduire. Le médecin – après avoir vérifié qu’elle était l’auteur d’un article dénonçant le système psychiatrique local – a appelé la police. Elle a été internée parce qu’elle est un « danger pour elle-même et pour les autres », a indiqué un juge.

A Mourmansk, aucun journal n’évoque cette affaire. « Le rédacteur en chef a subi des pressions, il vaut mieux s’abstenir de parler de ce sujet si on ne veut pas avoir de problème », explique une journaliste du Vetcherni Mourmansk.

En 2004, déjà, affaiblie nerveusement par les pressions dont elle avait été l’objet – agressions près de son appartement, coups de téléphone menaçants, porte cassée –, Larissa Arap s’était rendue chez un médecin. Envoyée dans un hôpital psychiatrique, elle avait obtenu sa sortie grâce au juge qui avait déclaré son internement illégal. De cette expérience, elle a tiré matière pour son article dénonçant notamment l’usage d’électrochocs sur les patients.

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