6 avril, dernière après-midi en Bretagne… Je me rends jusqu’à la plage des Quatre Vaux dans la baie de l’Arguenon (Saint-Cast-le-Guildo), où je retrouve les bouchots de la veille sous un autre angle.

J’ai une idée très claire de la promenade que je veux faire, car il y a un nom qui m’intrigue depuis le départ sur la carte : les Pierres Sonnantes. Je ne partirai pas d’ici sans les avoir vues et écoutées !

Je suis le sentier côtier (GR 34), qui grimpe sur la falaise puis longe les fonds de propriétés. Beaucoup de barrières et de clôtures, à la longue c’est un peu déplaisant… j’aime les sentiers plus sauvages.

Je progresse vers Saint Jaguel, c’est marée basse et les bouchots disparaissent de ma vue au fur et à mesure.
Le sentier des douaniers est sans mystère : après un tournant à gauche, c’est un tournant à droite, et après une descente, c’est une montée !

Après les Epinettes, je traverse une zone conchylicole assez odorante et j’arrive au lieu-dit Le Val.

Aujourd’hui il fait beau, le vent s’est calmé et le soleil pointe son nez sans timidité. Les stagiaires de la semaine prochaine auront plus de chance que nous…

Voilà typiquement une portion de GR que je trouve étouffante. Et il y avait pire : après on naviguait entre deux murs, presque dans le noir vu l’étroitesse du chemin et la végétation qui faisait tunnel.

Je suis arrivée dans Le Guildo, une dame est en train de prendre un croquis du port et du château de Gilles de Bretagne. Un lézard se laisse approcher, un peu méfiant tout de même ^^

Les « Pierres Sonnantes du Petit Bois » sont fléchées, je dois revenir sur mes pas pendant 500 mètres en longeant la mer. Sur le chemin, des milliers de coquillages empilés… j’en ai pris une petite ‘poche’ en photo, ils étaient en meilleur état.

Je vous retranscris le panneau touristique :
Ces roches d’amphibole frappées par un galet de même nature rendent un son argentin. L’amphibolite (silicate double de calcium et de magnésium) est une des pierres les plus dures de la nature. Sa densité est telle qu’elle peut rayer le verre. Les blocs, comme suspendus sur d’autres blocs qu’ils touchent à peine, rendent un son cristallin.
La légende dit que Gargantua de passage au Guildo se trouva subitement fort gêné. Pour soulager son estomac trop chargé, il vomit ces pierres sonnantes qu’il avait avalées par mégarde.

Nombreux sont ceux qui ont testé, cela se voit ! Et effectivement, le son rendu par la pierre est très déroutant 🙂

Il serait dommage de ne pas pousser jusqu’au château du Guildo, traversons donc l’Arguenon jusqu’à la commune de Créhen.

Longtemps abandonné au temps et aux ronces, les ruines féodales sont à présent mises en valeur et un terrain de fouilles est toujours en cours. Les orties et le lierre ont été mis au pas, sans pour autant dénuder le site de toute végétation, ce qui briserait le charme.

Les murailles restent encore imposantes et divers panneaux expliquent la construction du site, étagée entre le 12ème et le 14ème siècles.

Son histoire fut mouvementée, ce château-fort vit un nombre impressionnant de sièges et de guerres entre familles rivales.

Mis à sac, incendié, abandonné… Ses belles pierres de taille furent pillées pour servir à d’autres édifices et la cour intérieure fut utilisée comme champ jusqu’au début des années ’80 !

Il occupait une position stratégique sur une petite barre rocheuse, contrôlant la mer et le gué sur l’Arguenon. Une zone marécageuse protégeait son flanc.

Le contre-jour est flou, je vous le mets quand même… vous avez l’habitude 😉

Tels des morceaux de puzzle, ces pierres taillées ne demandent qu’à retrouver la place qui leur est due…

Le temps d’effectuer le trajet du retour, le soleil a déjà bien baissé. Je ne connais pas le côté nord de Saint-Cast, je vais donc jusqu’au sémaphore pour découvrir le port.

Ensuite je pousse la promenade jusqu’à la pointe de St-Cast. Les genêts sont omniprésents.

La mer monte lentement et le soleil la rejoint sur l’horizon.

Je me remplis les yeux d’immensité une dernière fois… demain soir je serai de retour en Belgique.