Jeudi 14 septembre 2006 – Salzburg, le bagne

Aujourd’hui il est prévu de visiter la ville de Salzburg. J’y vais un peu à reculons, je n’aime pas trop les villes et après avoir vu Vienne il y a quelques années, j’ai l’impression que celle-ci ne peut m’apparaître que fade…

La nuit au Gästehaus Rettenbacher se passe bien, et la logeuse est aux petits soins pour nous pendant que nous dévorons ses confitures maison et les petits pains qu’elle nous réchauffe au four, mmmmh ! Bien qu’elle ne parle quasiment pas anglais, nous parvenons à échanger un peu et elle nous donne une astuce pour aller moins cher en bus jusqu’à Salzbourg.

Finalement, au vu des horaires, nous n’utiliserons pas cette astuce et nous irons en voiture jusqu’à Rehhof. On se gare dans une petite rue tranquille et on rejoint ensuite l’arrêt de bus. Nous n’avons pas longtemps à attendre et le PostBus nous emmène directement jusqu’à la Mirabellplatz.

Cela donne une étrange impression, ces gros boulevards, cette circulation… tout un stress latent que je me prends en plein. J’avais oublié tout cela au creux des montagnes. Ca ne me manquait pas :-s

Nous gagnons rapidement la vieille ville (plus ou moins) piétonne. Il y a énormément de touristes, notamment asiatiques. Tout le monde se bouscule sans faire le moins du monde attention aux autres, l’ambiance est oppressante. Dans les rues commerçantes, remplies d’enseigne en fer forgé, les prix sont abominablement élevés. Ce n’est pas ici que nous trouverons des souvenirs à ramener…

Au détour d’un coin de rue, la petite musique de nuit de Mozart nous tombe dans l’oreille. Un groupe russe composé de trois balalaïkas et un accordéon (!) interprète plusieurs grands succès « classiques ». Malgré l’exotisme des instruments par rapport aux compositions d’origine, leurs adaptations sont superbes. Ils jouent avec talent et passion, et nous leur achetons un CD pour les encourager.

Nous ne savions pas que la mort nous attendait au tournant…

Les églises sont présentes en nombre. Nous en visitons quelques unes mais j’ai eu la flemme de noter les noms. Je suis nulle en vocabulaire religieux alors ne m’en voulez pas si je confonds certains termes… Je sais que nous avons vu la cathédrale (Dom) et sa crypte (sans intérêt).

La symbolique de la décoration fait très souvent référence à notre sort final commun…

Ce style peut paraître morbide ou de mauvais goût, mais la philosophie sous-jacente est somme toute assez saine, la mort ne doit pas être un tabou.

Il y a également des peintures plus « classiques » et les célèbres chérubins chers à Juliette – poutiniii !!

Nous avons également visité la basilique St Pierre, aussi appelée l’abbatiale bénédictine, dont la décoration de style « rococo » ne m’a pas tellement plu.

Par contre sa grille en fer forgé était magnifique.

Je ne sais plus si c’est dans l’église franciscaine ou celle des capucins que nous avons vu des imitations de nuages particulièrement kitsch ? Nous avons raté le tombeau de Paracelse, qui se trouve près de l’église St Sébastien… enfin on l’a peut-être vu, mais sans « tilter ».

Les plafonds et coupoles sont particulièrement somptueux. Le contraste est parfois saisissant avec les lustres « modernes ».

Encore une autre, que je suis incapable de nommer…

…avec des nichées de petits « poutinis » dans tous les coins ^^

Ce que j’aime, ce sont les endroits un peu plus sobres… où on peut encore parfois admirer les anciennes peintures qui couvraient les colonnes.

On décide de faire un repas de gâteaux (je sais c’est honteux) et nous refranchissons la rivière Salzach en quête d’un Sacher Torte. Nous passons devant la maison de Mozart sans nous y arrêter. Il n’aimait pas Salzbourg et je le comprends de plus en plus.

Sur le boulevard, de petits salons de dégustation offrent des pâtisseries. Nous en avisons une qui possède quelques minuscules tables dehors, dont une est encore libre, par chance. Ca fera l’affaire ! Nous nous y installons et je m’apprête à aller commander au comptoir quand deux gars qui fument comme des pompiers (la cigarette me rend malade) s’approchent. Le premier me cause en autrichien alors évidemment je ne comprends pas. Il me montre une chaise, j’interprète cela comme une demande de nous l’emprunter et j’acquiesce. Les deux gars s’installent ! Tout de suite nous réagissons en leur disant que nous ne partions pas, que nous utilisons cette table. Entre deux bouffées de cigarette, il me crache agressivement que nous sommes deux, ils sont deux, la table a quatre chaises et donc ils y restent. Devant cette logique imparable et vu l’apparence pas très nette des gars, nous levons le camp après avoir montré assez clairement notre désapprobation, ce qui nous vaut (ce que je suppose être) quelques insultes en prime ! Je précise que la table avait à peine la surface nécessaire pour poser deux tasses de café et deux sous-tasses.

Dans une « konditorei » un peu plus loin, nous nous rendons directement à l’intérieur pour choisir. Le couloir entre le comptoir et les tables est étroit. Nous hésitons sur le choix car il n’y a pas de sachertorte. Une serveuse passe en trombe et me bouscule tellement violemment que j’en tombe presque. Pas un geste, pas un regard, pas une excuse… c’est « normal », quoi. Nous fuyons immédiatement les lieux, furieux. C’est quoi cette ville de malpolis ? Deux semaines dans les villages de montagne et nous serions déjà inadaptés aux villes ?!

Nous marcherons longuement sans trouver notre bonheur. Finalement, le salon de thé d’un hôtel fera l’affaire. Les gâteaux ne sont pas exceptionnels (ce n’est que de l’air) mais ils sont tout à fait comestibles et, cerise sur le gâteau, les serveurs et serveuses sont polis et presque souriants. Ca nous change.

Nous allons ensuite nous promener sur d’anciennes fortifications verdoyantes qui donnent un beau point de vue sur le centre ancien. Le chemin monte alors du coup il y a moins de touristes, ça nous permet de respirer un peu.

Nous passons devant un musée contemporain sur le porche duquel un prototype de voiture est exhibé à grand renfort de bimbos exposant leurs seins et leurs fesses. Le tableau forme un tel stéréotype que ça me donne envie de vomir. Heureusement nous n’avons avalé que de l’air ce midi !

Nous jetons subrepticement nos trognons de pomme dans la forêt, c’est très mal et nous en rions beaucoup. Nous sommes vraiment des vandales ! [Si vous ne comprenez pas c’est normal, c’est simplement qu’un voyageur ayant jeté son restant de pomme dans la montagne s’était fait copieusement engueuler et l’avait relaté dans son carnet de voyage.]

Après une rencontre fortuite avec un chat dans une clairière, nous redescendons vers la vieille ville (aldstadt) par un bel escalier couvert. Un impressionnant orgue noirci est incrusté dans la paroi d’un bâtiment, à l’extérieur. La photo ne donne rien alors je ne vous l’ai pas mise.

Nous visitons une église et nous y recroisons la même mendiante que ce matin. Il s’agit d’une jeune fille (habillée bien plus richement que nous !) qui va « chercher le client » à l’intérieur même des églises, ne terminant son flot de paroles que lorsque sa proie (généralement une vieille dame qui était en train de se recueillir) a cédé. Je suis outrée par ce procédé. Dans la première église, elle avait fini par se faire repérer et une religieuse l’avait raccompagnée jusqu’à la porte d’un air très mécontent. La soi-disant mendiante, nullement intimidée, a retrouvé une de ses copines qui l’attendait dehors et toutes deux se sont immédiatement fondues dans la foule. Cette fois-ci même scénario, je vois bien que la dame à qui elle s’en est prise n’arrive pas à s’en défaire. Dans une vaine tentative d’intimidation, je m’approche en fusillant du regard la pseudo-mendiante. L’effrontée me reconnaît et soutient mon regard tout en continuant sa litanie destinée à la dame. Celle-ci n’est pas dupe mais cède pour avoir la paix… c’est vraiment crapuleux.

Un peu plus loin, un couple de japonais fait un tour de calèche en costume de jeunes mariés. Ils passent, radieux, devant les affreuses pubs géantes prétextant la présence d’échafaudages pour défigurer le Dom (cathédrale)… cfr. 4 photos plus haut. Cette ville est étourdissante. Je n’ai pas du tout aimé m’y balader. Pour parler crûment et partialement, Salzburg me donne l’impression d’une ville de bourgeois complexés de ne pas être des aristos, et voulant de ce fait péter plus haut que son c..locher. (Enfin, ses clochers.)

Nous terminons nos visites touristiques par le Petersfriedhof (cimetière St-Pierre), endroit à peine moins mouvementé. La décoration des sépultures et la richesse de leurs symboliques sont impressionnantes.

Une sculpture qui m’a spécialement attirée :

Nous ne résistons pas à l’annonce de « catacombes » mais il s’agit tout juste de quelques petites galeries creusées dans la falaise.

Malgré tout l’endroit est agréable. Comme l’entrée est payante, il y a moins de touristes et l’ambiance est un peu plus adaptée aux lieux.

Suit un moment de calme et de silence dans le Mirabell Garten, un jardin public possédant une jolie fontaine et où nous mangeons une viennoiserie qui ne mérite pas son nom. Dernière quête : trouver le bon arrêt de bus pour rentrer à la pension. En effet, vu les travaux à la place Mirabelle, l’arrêt est déplacé. C’est assez épique de comprendre les instructions en allemand pour se rendre au bon endroit… mais nous sommes motivés à relever le défi ! 😉

Rentrés à bon port, il est temps de songer au souper. Au centre de Golling, nous hésitons un moment puis rentrons dans un restaurant possédant à l’arrière un jardin assez sympathique. Malheureusement le serveur l’est beaucoup moins (une porte de prison serait plus aimable), et le menu se révèle quasiment immangeable. Le pire repas que nous ayons eu pendant ces vacances. De plus on a failli partir sans payer tellement il nous a fait attendre longtemps après l’addition. Disons que ça clôture en beauté cette journée de merde.

Pour conclure, petit clin d’oeil aux pigeons salzbourgeois 😉