Lundi 04 septembre 2006 – Le Pitztal tombe à l’eau

Réveil sans ménagement par une voix annonçant « Il est l’heure — de se lever ! — Il est — 7h — 37 minutes. » Grmbl, j’aurais préféré un bon vieux BIP BIP BIP…

Le ciel est un peu nuageux mais notre logeuse nous affirme que ça va se dégager avant midi et qu’il va faire beau. Nous la croyons – après tout, elle s’appelle Irma – mais j’enfile tout de même un pantalon… car malgré le temps de *chiotte* de la veille, j’ai pris un douloureux coup de soleil sur les mollets !!

Aujourd’hui il est prévu d’aller voir le point culminant du Tyrol et son gigantesque cirque glaciaire. Un funiculaire souterrain de presque 4km permet de se rendre au pied des glaciers du Pitztal, il est prolongé par le plus haut téléphérique d’Autriche. Le panorama promet d’être splendide !

Nous arrivons au bout de la route sans comprendre où se situe le funiculaire, malgré la carte. Tous les randonneurs présents semblent prendre le chemin qui part dans le prolongement de la route, nous finissons par les suivre. Nous nous renseignons auprès d’autres touristes et nous comprenons qu’en fait nous avons loupé l’embranchement routier qui se trouve peu avant. Nous apprenons également que le funiculaire souterrain est « geschlossen » en ce moment : manque de bol, il est fermé du 2 au 9 septembre pour des travaux… C’est une très grosse déception pour nous 😦

Du coup nous continuons le chemin qui, toujours d’après les mêmes touristes, mène à des choses intéressantes – mais notre allemand, tout comme leur anglais, est trop limité pour comprendre quoi ^^

Cela nous remotive un peu car le chemin en lui-même ne nous inspirait pas beaucoup : relativement plat, très long, en plein soleil, et assez large pour que des voitures puissent l’emprunter. Beurk ! Heureusement ce ne sont pas les seuls usagers ^^

Après le petit téléphérique pour matériel (pour casiers de bière, comme dit AàG), le chemin se transforme en un sentier de montagne beaucoup plus agréable, même si l’ombre se laisse toujours désirer. Qu’est-ce qu’il fait chaud, ça contraste avec les 10°C d’hier !

Nous arrivons à hauteur de la belle et grande cascade, qui nous rafraîchit un peu. Le débit est violemment dévié en arrivant, c’est impressionnant. Dans les éclaboussures d’eau, un arc-en-ciel joue à cache-cache…

A partir d’ici, on passe du mode horizontal au mode vertical ! Il s’agit de monter la falaise abritant la cascade jusqu’à sa deuxième terrasse. Heureusement pour nous, cette zone est à l’ombre… je souffre quand même bien, déjà que j’étais pas remise des efforts de la veille :-s Enfin, il paraît que le troisième jour est le pire !! Pour m’encourager, AàG dresse l’inventaire des cuillères de Nutella que je gagne : il faut compter une cuillère par +200m de dénivelé. J’aurais bien dit une cuillère par 100m, mais il ne veut pas :-[

On gravit la deuxième partie de la falaise et on arrive sur un plateau. Cela nous donne une belle vue sur le bout du glacier qui donne naissance au torrent.

Le glacier est encore fort loin mais une peinture indicative semble l’appeler « Blickferner ». (Ah pardon, on me souffle dans l’oreillette que ça voudrait dire Vue sur le glacier tout simplement !)

Le plat du sentier ne dure pas longtemps, on est reparti pour de la montée, et en plein soleil cette fois. Je crève de chaud et je m’arrête tous les dix mètres… On se rend vite compte que le sentier ne va pas au glacier, en fait il va assez loin jusqu’à un col où passe une route !!

On n’est pas très motivé par cette destination incongrue, c’est vraiment « monter pour monter »… on décide donc de redescendre.

Après tout, j’ai déjà comptabilisé pas mal de cuillères de Nut’ pour aujourd’hui ! 😉

Horreur, il fait encore plus chaud en bas !! La température doit allègrement atteindre les 30°C, nous sommes écrasés par la chaleur. C’est à ce stade que nous découvrons le « apfelsaft gespritzt » : du jus de pomme dilué avec de l’eau pétillante. Très rafraîchissant ! Un bon demi-litre plus tard, nous partons à Jerzenz dans le but avoué d’aller regarder les arbres pousser.

Nous nous installons dans les prairies situées sous le téléphérique, à l’ombre d’un sapin. On essaie de compter le nombre de cabines. Aux alentours, tout le monde tond. Sur des terrains immenses. En forte pente. Dans la pleine chaleur de cette fin d’après-midi. Sans motoculteur. Gü ! oO

J’en ai assez vite marre de ne rien faire, même si j’ai fort mal aux pieds et aux genoux (je me traîne lamentablement quand je marche, c’est pitoyable). Vers 17h nous nous mettons en route vers Imst. Sur le trajet, nous visitons un étonnant pont de benji (saut à l’élastique) à Arzl im Pitztal.

Prière de viser le carré rouge pour l’atterrissage…

Ce pont de 94m de haut relie deux belles falaises en pleine forêt. Nous décidons de lui attribuer l’oscar des GTI locaux.

Nous soupons au centre de Imst, juste à côté de l’office de tourisme. Il fait encore suffisamment chaud pour manger dehors, à côté d’une fontaine et d’un clapier.

Les plats sont copieux comme d’habitude : nous partons faire une promenade digestive. Des panneaux « Rosengarten » (jardin de roses) avaient éveillé ma curiosité, je décide de les suivre. On remonte une petite rivière canalisée et on se rend compte que juste à côté du centre ville se cache une magnifique forêt aménagée pour les promeneurs.

Le long de la rivière se trouve une falaise de poudingue… des caves et même des troglos y sont creusés !! Nous n’avons jamais vu cela ailleurs, le poudingue est tellement friable que cela semble insensé !

En poursuivant le chemin, la rivière se transforme en torrent, le terrain devient accidenté et sauvage. Régulièrement, des passerelles en bois nous aident à progresser pour suivre l’eau dans sa vallée de plus en plus encaissée.

C’est une promenade magnifique, sans aucun doute le plus beau moment de la journée ! Malgré le mal aux jambes et le fait que ça monte, le « on fait juste 100m pour voir » se transforme rapidement en longue promenade 🙂

Malheureusement il fait déjà fort sombre, les photos ne rendent rien…

Après un certain temps, le chemin quitte le torrent car la gorge devient vraiment trop étroite. Nous nous arrêterons là, pour rentrer avant la nuit complète. Si seulement on avait su… on serait venu plus tôt !

Sur le chemin du retour, comme je suis en sandales, je mets les pieds dans la belle eau limpide… ça me tentait trop ! Evidemment, elle est glacée ^^