Dimanche 03 septembre 2006 – Journée maussade au Kaunertal

Réveil abrupt à 6h30 par les cloches de l’église qui sonnent longuement et nous rappellent que l’Autriche est fort catholique… On ne peut s’empêcher de penser aux mosquées qui nous offraient elles aussi gracieusement le service de réveil en Turquie. Le balcon nous offrirait une belle vue si seulement le ciel n’était pas complètement voilé.

A 8h on descend voir Irma Gundolf, notre logeuse, car on ne sait pas où se trouve la pièce du petit-déjeuner. Comme je ne parle pas l’allemand, je comprends un mot sur dix (grâce à mes notions de néerlandais) alors ça donne des situations rigolotes : elle m’a dit que c’était en bas et j’ai compris le mot « recht » que je traduis par « droite ». On descend l’escalier et on se trouve dans un petit hall où se trouvent cinq portes dont une, entrouverte, d’où sort de la musique (une autre chambre ?). On hésite : la porte qui est à droite est bizarre, il en sort un bruit de… chaudière ! On jette un coup d’œil à celle de gauche, en vitré dépoli, c’est une toilette ! Hum, va-t-on rester debout dans ce hall jusqu’à ce qu’elle arrive ? Bon allez, on pousse un peu la porte déjà entrebâillée… oui c’est bien là ! Ouf ! Comme en français, « droite » et (tout) « droit » doivent être très proches ^^


Le trop-plein du lac de barrage du Kaunertal

Cette entraînante musique tyrolienne qu’on entendait, c’est la télévision. Ils ont une chaîne où passent, en boucle, tout plein de webcams rotatives avec les conditions météo du moment (aucune prévision pour la journée par contre !). C’est rigolo quand la caméra se trouve au niveau des nuages (écran blanc), ou quand une vache traverse son champ (celui de la caméra hein)…

Pour ceux qui se posaient la question : oui, Irma est très gentille ! Le petit déjeuner est copieux : confitures, charcuteries, fromages, œuf à la coque… on s’empiffre joyeusement. Les allemands de la chambre voisine descendent à leur tour, le mari d’abord. Il n’arrête pas de souffler lourdement « hummpfff » et on l’entend ensuite émettre des lents et graves « po po pom », à la façon du tuba (?) qui rythme la musique de la tv. Sa femme arrive ensuite, elle son truc c’est de chantonner dans les aigus. Ce duo durera tout le repas ! Ca nous a beaucoup inspiré pendant ce séjour, on les a souvent imités pour rire 🙂 Malheureusement c’est leur dernière nuit là, on ne les reverra plus !

La route à péage qui mène au Kaunertal est impressionnante :

Cette route panoramique se compose d’environ 30 lacets (« kehre »), donne de beaux points de vue sur le lac de retenue et le glacier, et atteint finalement 2750 mètres. De là des télésièges montent normalement jusqu’à près de 3200m (ce domaine est skiable en été) mais vu le mauvais temps, ils ne fonctionnent pas. Peu importe, nous sommes déjà à la hauteur des neiges éternelles !

Nous visitons d’abord un curieux tunnel de glace, équipé de cordes pour les touristes. C’est tout petit mais… on est quand même à l’intérieur d’un « glacier » (je ne sais pas si le terme correspond tout à fait) ! En certains points la glace est extrêmement transparente, à d’autres endroits brille une attirante lumière bleutée. L’excursion est rapide, nous revenons ensuite vers le refuge d’altitude pour entamer une promenade de l’autre côté.

Je suis complètement essoufflée à cause du changement brutal d’altitude (je vis à quelque chose comme 60-70m) et par les pentes (ah plat pays…). Mode de vie trop sédentaire, ça se ressent :-s

Je marche lentement tandis que AàG court comme un cabri pour me narguer ! « Non mais quel salaud ce salaud ! » On va jusqu’au « triangle » des frontières : l’Italie nous tend les bras, la Suisse également, et l’Autriche nous tend un banc (bénie soit-elle !!).

Quel dommage que le temps ne soit pas de la partie, il fait froid, pluvieux, tout paraît morne et triste… minéral.

On entend d’impressionnants grondements d’avalanche sur l’autre versant, même si on ne parvient pas toujours à repérer l’endroit exact :

Il faut dire que le ciel est tout blanc et les nuages s’infiltrent de plus en plus malgré le barrage des pics.

Pic-nic dans le refuge où des tables sont aménagées pour ce faire. Avec de belles toilettes propres et gratuites, comme quasiment partout dans le Tyrol ! On fait une partie de radeau sur l’étang du refuge, il faut se tirer avec une corde et on se marre comme deux gamins…

On descend un peu la route pour faire le tour du Weißsee, un beau petit lac dont les couleurs sont injustement rendues par l’appareil photo.

Vous voyez la fourmi (ci-dessous) ? Qu’on ne vienne plus dire que je ne mets pas de photo de moi sur mon blog :-p

On redescend encore d’un cran pour arriver au départ du sentier vers le glacier Gepatschferner. La randonnée est bien plus longue qu’on ne le pensait, et au final il faut descendre dans la petite vallée pour remonter l’autre versant. Un glacier, ça se mérite !!

La langue de glace est impressionnante (mais très sale), seulement je n’en profite pas tellement : j’ai froid et je suis crevée rien qu’à penser au chemin du retour qui nous attend.

L’air de rien il se fait tard, l’obscurité tombe vite en montagne et la couverture nuageuse nous prive déjà de pas mal de luminosité. Pour un premier jour, le programme était un peu trop ambitieux !

AàG portera mon sac pour revenir jusqu’au véhicule, je suis épuisée… qu’est-ce que j’étais contente en la voyant enfin, au loin, sur le parking !! Il n’y a plus personne, nous sommes les derniers… Dis, tu crois qu’ils ferment la vallée à quelle heure ? (mauvais souvenir d’Ihlara !!) Heureusement le péage est désert mais ouvert, il doit l’être toute la nuit (avis à ceux qui veulent économiser 20 euros 😉 )

Nous décidons de souper à Prutz, il s’agit d’un pélerinage suite à un souvenir familial marquant que je me refuse absolument à vous révéler :-p

Les nuages et la pluie nous accompagnent toujours, nous entrons au Post Hotel où nous serons très bien servi. On est tous les deux cassés par la fatigue… La serveuse, après avoir vu nos difficultés à décrypter le menu, nous tendra charitablement une carte en anglais – merci à elle !