« A coeur ouvert », c’est le titre du premier album de Stéphanie Blanchoud, dont je vous ai déjà parlé à l’occasion du concert de Juliette.

Comme le père Noël a eu la gentillesse de m’apporter son CD, je vous ai recopié les paroles de certaines chansons. Inutile de préciser qu’elles perdent beaucoup sans la voix expressive de Stéphanie et les très belles musiques composées par divers musiciens de talent. Enfin voici quand même les textes…


Comme un trésor

Donnez-moi votre main
Et ne parlons pas trop
Vous me comprendrez bien
Sans avoir dit un mot

Je manque de chaleur
Offrez-vous en douceur
Trop plein de solitude
Pour aimer l’habitude

Et ce serait comme ça
Presque comme un trésor
D’être là dans vos bras
Pour que j’y crois encore

Ne pensons plus à rien
Plongez-vous dans mes yeux
Jusqu’au petit matin
Partageons pour le mieux

Que je me sente belle
Unique, exceptionnelle
Occupez-vous de moi
Je flotte en désarroi

Et ce serait comme ça
Presque comme un trésor
D’être là dans vos bras
Pour que j’y crois encore

Faites-moi donc la cour
Je serai votre muse
Parlez-moi de l’amour
De ce que je refuse

Ravivez le moteur
De mon timide coeur
Il risque de sombrer
Venez vite le sauver

Et ce serait comme ça
Presque comme un trésor
D’être là dans vos bras
Pour que j’y crois encore

Je me sens seule ce soir
Je voudrais veiller tard
Juste pour espérer
D’être un peu consolée

Un soupçon de tendresse
C’est comme une caresse
Serrez-moi contre vous
Offrez-moi des bijoux

Et c’est comme ça
Presque comme un trésor
D’être là dans vos bras
…voilà que j’y crois encore

Ne m’en veux pas

Le jour où j’oublierai de raviver la flamme
Le jour où je ferai d’un petit rien un drame
Le jour où je trouverai l’excuse pour sortir
Le jour où je ne penserai qu’à mon propre plaisir

Le jour où je t’offrirai plusieurs de mes défauts
Le jour où l’on parlera de Noël, de cadeaux
Le jour où j’oublierai d’allumer les bougies
Le jour où tu me verras fragile et sans béquilles

Ne m’en veux pas

Le jour où les non-dits feront le premier pas
Le jour où je ferai comme si j’te voyais pas
Le jour où je prendrai un petit air blasé
Le jour où la routine sera notre invitée

Le jour où je n’aurai plus de secrets pour toi
Le jour où le calcul ne se fera plus en mois
Le jour où tu me trouveras un peu moins désirable
Le jour où je te trouverai un peu moins admirable

Ne m’en veux pas

Si je pars avant tout ça pour que tu ne m’en veuilles jamais
Si je garde pour moi le côté le plus mauvais
Si je conserve le pire pour te laisser le meilleur
Et si je reviens un jour, désolée et en pleurs

Ne m’en veux pas

A coeur ouvert

Je suis arrivée trop tard
J’ai raté le grand départ
T’avais déjà le billet
Tu savais où t’allais

A coeur ouvert
Sous d’autres toits
A coeur ouvert
Quelque part par là

Je suis arrivée trop tard
J’ai raté le grand départ
Tu quittais la maison
Quelles qu’en soient les raisons

Un coeur ouvert
Ca n’attend pas
Un coeur ouvert
Ca ne s’explique pas

J’aurais voulu te freiner
T’obliger d’hésiter
Te dire « attends demain
Après tu verras bien »

Mais le coeur ouvert
Je suis restée là
La tête en l’air
Ne comprenant rien

Je suis arrivée trop tard
J’ai raté le grand départ
Tu t’étais décidé
Pas moyen de contrôler

Ce coeur ouvert
Au lourd passé
Ce coeur ouvert
Un peu paumé

J’aurais voulu te coller
Contre la porte d’entrée
Te dire « franchement, papa »
pas l’moment de te barrer

A coeur ouvert
Sans réfléchir
A coeur ouvert
Pour s’en sortir

Et depuis lors, tu vois
Je suis toujours en avance
Pour pas qu’on me plante là
Avec mes espérances

De coeur ouvert
Un peu comme toi
Un coeur ouvert
Hérité de toi

Sortie des artistes

Ca faisait depuis dix semaines
Qu’on travaillait, qu’on espérait
Le doute, l’angoisse certaine
Et l’espoir d’un très beau succès

Le coeur transpirant, les mains moites
J’ai prononcé le premier mot
Humide comme un coton d’ouate
J’ai absorbé premiers échos

J’ai vogué au gré de vos envies
Parmi les mots, sur vos alarmes
Et c’est la bouche toute assouplie
Que j’ai fini de jouer mon drame

Tout s’était très bien déroulé
Ou du moins c’est ce que je croyais
Car au moment de saluer
J’ai découvert ce qui m’attendait

Toute la profession dans la salle
Comédiens, chanteurs, écrivains
Tous en train d’aiguiser leurs lames
Pour mieux libérer leur venin

Démaquillée et sur mes gardes
Un peu de loin pour me protéger
J’ai salué les plus bavardes
Avant qu’elles viennent me percuter

Et quand je me suis approchée
De ces spectateurs affinés
J’ai pris sur moi pour supporter
Ce que j’allais endurer

« Bonsoir Steph !
Tu as changé de coiffure ?
C’est un drôle de texte, hein !
Pas de mise en scène…

Ca manque d’urgence
Ca manque un peu d’enjeu aussi
Et sinon, ça va ?
Et à part ça ? »

A part ça, je travaille au musée
Et je vends des frites aussi pour subsister
Je fais aussi un peu de couture
Et je répare des toitures

A part ça je fais du vélo
Tous les matins quand il fait beau
Parfois je vais aussi nager
Pour me détendre ou me délasser

Et à part ça, je vous emmerde
Vous et vos satanés sous-textes
J’vous dis bonsoir et j’vous dis merde
Etouffez-vous dans vos complexes

Si tu en croises par là, des anges

C’est tout ce qu’ils ont trouvé
Pour ce dernier adieu
Matinée arrosée
De pluie, de ciel brumeux

C’est tout ce qu’ils ont trouvé
Pour ce dernier au revoir
Costumes repassés
Dégoulinants de noir

Si tu en croises par là,
Des anges,
Dis-leur pour moi
Qu’ils n’avaient pas le droit,
Mon ange,
D’accepter ça

C’est tout ce qu’ils ont trouvé
Pour te mettre en valeur
L’adagio adapté
Persécuteur de pleurs

C’est tout ce qu’ils ont trouvé
Pour ce dernier hommage
Evangiles incrustés
Hypocrites messages

Si tu en croises par là,
Des anges,
Dis-leur pour moi
Qu’ils n’avaient pas le droit,
Mon ange,
D’accepter ça

C’est que je n’ai pas la force
De vouloir m’immiscer
Dans ces rapports de force
D’âme et de société

C’est que je n’ai pas la force
De révolutionner
Et de faire une entorse
Aux pratiques figées

Je voudrais que tu sois là
Et pas déjà parti
Ca ne te ressemble pas
Cette cérémonie

Si tu entends cela,
Mon ange,
Promets-le moi
Que si tu deviens, toi,
Un ange
Tu me protégeras

Quelques vers

Je vis toujours la tête en l’air
Tu avances les pieds sur terre
Je préfère inventer mes jours
Tu prévois tout même en amour

Je t’inflige mes négligences
Tu pleures toujours en silence

Séduits par nos différences
On croyait s’être réunis
Ecorchés par nos dissonances
L’amour ne nous a pas suivi

Je garde une trace de toi
Pour le restant de ma vie

Je me souviens des soirs de fête
De nos promesses et nos tourments
Je me souviens de nos défaites
De nos caresses et nos instants

Je me souviens nos minutes d’ivresse
Bafouées par le temps

Je vis toujours la tête en l’air
Tu avances les pieds sur terre
Je préfère inventer mes jours
Tu prévois tout même en amour

Je t’inflige mes négligences
Tu pleures toujours en silence

Séduits par nos différences
On croyait s’être réunis
Mais victime de nos absences
L’amour ne nous a pas compris

Ne t’en va pas tout de suite, attends
Y a tant de choses que je n’ai pas dites

Je te laisse ces différences
Un petit morceau de ma vie
Je te laisse nos ressemblances
Et le goût de ces quelques nuits

Je te dédie ces quelques vers
sans espoir, éphémères

Pour colorer la pièce

Je t’ai apporté quelques fleurs
Pour un peu colorer la pièce
J’ai pensé qu’avec de la couleur
Tu sentirais moins la faiblesse

J’ai pris des jaunes comme tu les aimes
Ca ne vaincra pas les problèmes
Mais ça te sauvera du blafard
Qui contamine tous ces couloirs

C’est le même principe qu’aux enterrements
Concept d’unité de la couleur
Qu’on soit de noir ou bien de blanc
Rien d’autre que macabre ou pâleur

Quand je rentre ici je déteins tout de suite
J’attrape le teint pareil aux murs
Franchement ce n’est pas une réussite
Pour surmonter chaque blessure

Si t’as pas de force ne réponds pas
Je parle tout seule, je me rassure
Je profite de ce moment avec toi
Pour faire semblant que rien n’est dur

Je pourrais te raconter ma journée
Mon réveil et mon déjeuner
Te dire que j’suis pas amoureuse
Qu’il ne me rend pas très heureuse

Je pourrais aussi te parler de ma mère
Qui est revenue d’Egypte hier
De mon voisin trop abruti
Qui fait du boucan toute la nuit

Te dire que j’ai des problèmes de fric
Et que je vais devoir emprunter
Que j’ai vu une nouvelle boutique
Qui vend des trucs très bon marché

On va trouver des petits sujets
Pour combler tous les grands silences
On va faire comme si on causait
Banalement sans circonstances

On ne prononcera jamais
Les mots que tu détournes si bien
On rigolera du prix de la chambre
De la nourriture et des médecins

Tu détestes parler de toi
Je ne vois pas pourquoi ça changerait
Des métastases en beau bouquet
Ne briseront pas cette notion-là

Faut pas que je m’emballe pour que tu te réveilles
T’as l’air si paisible comme ça
Le temps s’arrête pour le sommeil
Si tu savais tout ce que je vois

La solitude sur ton visage
Le soulagement du paysage
La sérénité passagère
Un petit bonheur tout éphémère

Je t’ai pas dit mais j’ai vu le médecin
Je vais encore attendre un peu
Que tes paupières s’ouvrent enfin
Pour te dire qu’ils font de leur mieux

Sinon je reviendrai demain
Les mêmes banalités en main
Je changerai la couleur des fleurs
Pour varier aussi les odeurs

Surtout dors autant que tu voudras
Plonge dans tes rêves et bon voyage
L’inconscient c’est le plus beau passage
A côté de celui d’ici-bas

Si tu rêves que je te dis qu’je t’aime
Fais comme si c’était pour de vrai
Si tu rêves que tu me dis qu’tu m’aimes
Fais comme si c’était pour de vrai

Pour que le jour où tu t’éteindras
Je n’aie jamais de grands regrets
Sur nos rapports à toi et moi
Sur ce qu’on n’aura pas fait exprès