Christophe Lambert, 40 ans, publicitaire, ami de Sarkozy et de l’ami de Cécilia, amateur de corrida, concepteur de formules chocs et d’un essai pour dépoussiérer la droite.

Le messager
Par Pascale NIVELLE
Libération, 29 août 2005

Ne dites pas à sa mère qu’il fait de la politique, elle le croit publicitaire comme son papa. Qu’elle ouvre la double page centrale de Paris Match ! L’homme à l’écharpe, à côté de son petit dernier, c’est Nicolas Sarkozy avant le congrès de l’UMP. Christophe Lambert, président de Publicis Conseil donnait «un coup de pouce à un ami». L’épisode serait resté anonyme s’il n’y avait sur la même photo son collègue de Publicis Richard Attias et Cécilia Sarkozy. Le vaudeville a commencé là.
Christophe présente son ami Richard à Nicolas et Cécilia. Richard et Cécilia deviennent amants et s’enfuient en Amérique. Nicolas en veut à Christophe puis lui pardonne. Quelques grammes de finesse dans un monde de brutes… La formule, qui a fait vendre beaucoup de chocolat, a contribué à la réputation de Christophe Lambert. «Quelqu’un qui comprend la communication dans toutes ses dimensions», a salué son big boss Maurice Lévy, qui l’a appelé en 2003 pour redoper Publicis en France.

«Je ne suis pas un créatif, mais j’ai confiance en ma capacité de vision», dit Christophe Lambert sans fausse modestie. Paraphrasant François Dalle (L’Oréal), «la pub, c’est saisir ce qui commence», il se voit en anticipateur, entre chimiste et Frankenstein : «Mon métier, c’est trouver les ingrédients et provoquer les réactions.» A la SNCF («Le progrès ne vaut que s’il est partagé par tous»), à Auchan («la vie, la vraie»), au Club Med («Il y a tant de monde à découvrir»), ou pour son ami Sarkozy. En pub comme en politique ne dit-on pas campagne ? Les marques, «univers de sens et de valeurs», font toujours rêver le patron de Publicis Conseil (3,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires) : «Je tends la main vers un paquet de petits LU et c’est l’enfance, les coins coupés, les licenciements boursiers… Tant que l’imaginaire est là, ça fonctionne. Sans les marques, la société de consommation serait l’enfer sur terre.» Christophe Lambert est le fils spirituel de Jacques Séguéla et de Steve Jobs, le fondateur gourou d’Apple. «La génération « copier-coller »», dit-il.

Gavé de sondages et d’études de consommateurs, éponge à tendances et à concepts, il distille des perles qui feront vendre, les enfile et en fait des convictions. «La société, assure-t-il, est devenue moins cynique, plus humaine, et très morale.» Le mois de décembre qui a suivi le sacre à l’UMP, il s’est attelé à son Apple iBook. Six mois plus tard est sorti un livre (1) qui ressemble à du sarkozysme, mais qui n’est pas du sarkozysme. Car Christophe Lambert est lambertiste, encore que la marque ait déjà été déposée. L’essai, «qui n’est pas téléguidé», décortique les «trente peureuses», trois décennies sapées selon lui par Mai 68, «qui a figé la société sans la changer».
La France a peur, dit Lambert qui regardait Roger Gicquel quand il était petit. Peut-elle encore s’en sortir ? L’avenir est dans les valeurs. Morale, justice, humanisme. Et aussi travail, autorité et rigueur, prône ce pourfendeur des 35 heures. Le monde a intérêt à bien se tenir : «La société des morales sera certainement aussi rigide
que la société de la peur était molle, mais la France, aujourd’hui, a faim de rectitude
.» Elle attend l’Homme, «chef moral avant d’être un chef de clan». Lequel ? Teasing.

Chez BBDO, sa boîte avant Publicis, Christophe Lambert avait trouvé «Ask for more» pour Pepsi. «Demandez plus». Au soda, à vous-même, et au futur président de la République. «Ça le résume bien», commente Laurent Weil, son ami depuis le lycée Pasteur de Neuilly, «la légèreté n’est pas un mot qui le caractérise». Les trois mille salariés sous ses ordres depuis deux ans peuvent en témoigner. «Il a mis tout le monde au boulot, dit l’une, on ne rigole pas du tout.»
En arrivant dans son bureau avec terrasse, au sixième étage du drugstore des Champs-Elysées, Christophe Lambert a coupé sa barbe et son catogan, vendu sa Jaguar à vitres fumées et congédié son chauffeur. Il s’est dit qu’il devait écrire un livre. Et trouver mieux que la plus magnifique formule à ses yeux : le «Just Do it» de Nike.

A 16 ans, ce fils de mitterrandistes dansait à la Bastille sur le «Changer la vie» de Jacques Séguéla. Benjamin de trois garçons, il croquait les petits LU par tous les coins, écoutait Genesis, vivait à Neuilly, cet «épouvantable ghetto de riches vulgaires», et se passionnait pour Sartre et Heidegger. Sa mère était dans le commerce du bijou fantaisie. L’avenir, c’était journaliste à Libération, ou publicitaire comme son père, en charge du budget Renault chez Publicis. Un septennat plus tard, son percepteur le félicitait de son choix, Christophe arrêtait de voter à gauche et épousait la fille de son patron chez Boulet Dru Dupuy Petit. «L’irrésistible ascension de Christophe Lambert», comme il dit dans un sourire plein de grandes dents blanches, avait commencé.

Sa vocation de patron ­ «ma véritable nature au fond» ­ explosait. Il bosse du soir au matin. «Je suis un feignant qui a beaucoup de volonté, explique-t-il, j’ai une capacité énorme à ne rien faire et je lutte en permanence contre moi-même. J’entraîne ma volonté, c’est un des muscles les plus importants.»

Grand, mince (il ne l’a pas toujours été), athée angoissé, l’action pour seule religion, Christophe Lambert n’a «pas le bonheur facile». Il aime se battre. «La pub est une arène, il est au milieu et il mène le combat. Il a besoin d’affrontements», dit l’ami Laurent Weil. Métaphore attendue : sa deuxième vie est à Arles, près de la capitale des aficionados français. Sa grand-mère paternelle, postière au Perreux-sur-Marne, venait de Sommières. Il avait 3 ans pour sa première corrida sur les genoux de son père.
Quarante ans plus tard, il ne rate jamais une feria de Séville, quel que soit le client à ferrer dans le monde, «cela m’aide à supporter les 51 autres semaines».
Il possède avec Simon Casas son propre élevage de toros de combat dans la plaine de la Crau. Passe-temps à risques, qui rend modeste : «Une façon d’être acteur dans ce monde, sans avoir à se mettre devant le toro. C’est une forme de grande lâcheté, au fond. Il suffit d’avoir de l’argent.» Sa deuxième femme est la torera française Marie Sara, avec laquelle il a deux petits enfants. «Elle fait ça à cheval, c’est terrifiant. Quand je vais la voir, c’est le public qui me fait le plus peur. Une arène, c’est l’amplificateur des triomphes et des échecs. On dit bronca en espagnol, la honte.» Marie Sara vit dans le Gard, dans la maison de leurs rêves, ouverte aux amis passionnés de corrida, «il est généreux, gentil et pas trop snob», dit l’un d’eux, photographe sans le sou. Lui reste à Paris la semaine : «Personne n’a voulu se sacrifier pour l’autre, on se voit le week-end, c’est assez moderne.» Laurent, l’ami d’enfance aujourd’hui critique de cinéma, n’est pas étonné par le quadragénaire qu’il est devenu : «Il n’a pas changé.» Il l’imagine à 60 ans, «à la tête d’un élevage de toros de combat dignes de ce nom en France», écrivant un roman. Christophe Lambert jure qu’il travaillera longtemps : «J’en ai besoin pour vivre.» Copain de Marc Lévy (quelques millions de romans vendus), il pense aussi qu’au fond seule la littérature compte. Plus qu’un essai, en précampagne présidentielle. «Ce n’est pas ça, un livre. On raconte ça a sa mère, mais ce n’est pas vrai.»

(1) La Société de la peur, Plon, 15 €.

Ca c’est du journalisme, hein les p’tits gars ! Heureusement il y a des bloggueurs comme 35heures pour nous mettre de meilleure humeur en écrivant : bourré d’erreur ce papier de libé !

Par exemple il n’avait pas comme le croit Libé « épousé la fille de son patron chez Boulet Dru Dupuy Petit » mais épousé « l’un de ses patrons Marie Catherine Dupuy le D de BDDP … qui quelques années plus tard découvrira dans Gala que le beau Christophe, son mari, la quittait pour son amie « Marie Sarah » …

De même il se targue d’avoir trouvé tel ou tel slogan qui en réalité ont étés trouvés par … les créatifs des Agences ou il était employé…

Christophe Lambert n’a pas de chance

Christophe Lambert patron de Publicis Conseil n’a pas de chance, outre qu’on le confond souvent avec l’acteur Christophe Lambert, il a aussi un autre homonyme, l’écrivain Christophe Lambert. Un vrai écrivain.

Christophe Lambert n’a pas de chance, en 2002 il fait parti des publicitaires qui viennent aux réunions de soutien à Lionel Jospin, manque de chance, c’est Chirac qui est élu, il faut alors tout recommencer, faire la coure à Sarkozy, à sa femme, pour obtenir l’organisation du congrès de l’UMP …

Christophe Lambert n’a pas de chance, c’est lui qui a eu l’idée de finir le film à la gloire de Sarkozy au meeting du bourget par le « bonne chance mon papa ! » de son fils…
Il ne savait pas que dire bonne chance sa porte malheur…

Christophe Lambert n’a pas de chance, il présente « son ami » Attias à « ses nouveaux amis » Sarkozy et on connaît la suite…

Christophe Lambert n’a pas de chance, il a beau obtenir (vu sa position c’est facile) des articles dans tous les journaux, des passages sur les radios les télés pour la sortie de son premier bouquin, son livre « La société de la Peur » restera un ramassis de toutes les généralités possibles sur « les peurs des Français » … pas une ligne de
proposition, pas une idée, juste un constat les Français ont peur … et en conclusion une grande découverte, « faut pas avoir peur même le pape l’a dit ».

Au détour des articles de journaux sur Christophe Lambert (quand on est journalistes et que le Groupe Publicis est le premier acheteur de publicité dans son canard, ça donne quelques obligations), on apprend que Christophe est aussi « éleveurs de taureaux de combats », mais la encore il n’a pas de chance, l’année dernière il a perdu des dizaines de taureaux dans des inondations, vraiment pas de chance …

Dans un autre article on apprend qu’en devenant Président de Publicis il a du renoncer à sa Jaguar et à son chauffeur, il a vraiment pas de chance ce Lambert…

http://35heures.blog.lemonde.fr/35heures/2005/09/christophe_lamb.html