Les feux de forêts en Indonésie menacent de s’étendre
AFP 10.08.05 | 11h37

Les immenses incendies de forêts hors de contrôle en Indonésie, dont les importantes fumées saturent l’atmosphère de la Malaisie voisine, devraient encore s’étendre, ont mis en garde mercredi des responsables.

La qualité de l’air s’est aggravée mercredi à Kuala Lumpur, capitale de la Malaisie. Les autorités malaisiennes pourraient bientôt être contraintes de fermer les écoles et de restreindre les heures de travail de la population active.

La situation pose aussi des problème de navigation dans le détroit de Malacca, qui sépare Sumatra (Indonésie) de la péninsule malaisienne et par où transite un tiers du commerce mondial.

Des images satellite montraient mardi plus de 220 importants foyers d’incendie dans la province de Kalimantan Ouest, dans la partie indonésienne de l’île de Bornéo, a indiqué Kusnadi, responsable des service provinciaux de lutte contre l’incendie.

Il a ajouté s’attendre à ce que davantage de villageois allument des feux afin de libérer de l’espace pour leurs cultures, dans les deux prochaines semaines.

« Les feux continuent et dans la région de Kalimantan Ouest cela empire« , a-t-il déclaré à l’AFP.

« En plus du manque d’implication des responsables locaux, nous rencontrons des difficultés à approcher les feux car ils sont trop loins des ressources en eau, qui sont en train de s’assécher en raison de la saison sèche« , a-t-il poursuivi.

« Ce n’est pas seulement un problème pour la Malaisie. Il s’agit aussi d’un problème pour nous car si nos forêts brûlent, ce sont aussi nos ressources qui brûlent« , a relevé Khairul Zaenal, un responsable provincial chargé de l’environnement.

Chaque année, lors de la saison sèche, les agriculteurs et les exploitants forestiers en Indonésie défrichent et préparent des terrains pour les cultures en y mettant le feu. Cette pratique des brûlis, interdite par la loi, est fréquente à Sumatra et Kalimantan (partie indonésienne de Bornéo).

En 1997 et 1998, ces incendies avaient échappé à tout contrôle et avaient obscurci le ciel d’une partie de l’Asie du Sud-Est pendant des mois, provoquant de nombreuse perturbations, notamment de la santé publique et du trafic aérien, et causant des pertes économiques estimées à 9,3 milliards de dollars.