Demain dès l’aube

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai – Vois-tu, je sais que tu m’attends –
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne –
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Honfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

(Les Contemplations)

Pour la petite histoire, j’ai découvert ce poème par un extrait qui ne comprenait que le premier couplet. Je pensais alors que c’était un amoureux transi qui s’adressait à sa mie… ce n’est que par après que j’appris l’histoire de sa fille.