Hier, un homme d’âge mûr et d’air sévère est entré dans notre bureau. Nous n’attendions pourtant aucun visiteur. Il nous a dit bonjour d’une voix automatique, et son regard ne reflétait que du vide. Un courant d’air plus froid traversa la pièce. Il se tenait très droit et portait une malette argentée – similaire à celle que j’ai achetée sur une brocante il y a peu de temps, où se trouve rangée toute une collection de couteaux de boucher. Je me demandais si le contenu de la sienne était identique. C’est alors que je remarquai les fins gants de latex qu’il portait aux mains…

Il posa sans façon sa malette sur mon bureau et s’apprêtait à l’ouvrir mais, au même moment, une copie féminine pénétrait à son tour dans la pièce. Même malette, même visage dénué d’expression humaine. Notre dernière heure était-elle venue ?

Je lui demandai d’un ton grave : vous venez pour nous nettoyer ? Et il me répondit : je ne peux pas vous le cacher… Sur ce il commença le nettoyage de l’écran du pc, tandis que sa compagne procédait au nettoyage du clavier.

Ils maîtrisaient parfaitement leurs outils, qui étaient d’ailleurs à la pointe de la haute technologie. Comme je ne voulais rien avouer, ils ont torturé mon clavier jusqu’à ce qu’ils connaissent dans le détail le contenu de tous mes repas depuis au moins 3 mois. Ce fut très douloureux. Pour qu’il ne se souvienne de rien, ils lui pulvérisèrent ensuite une solution en pleine face.

Mon collègue subit le même traitement. Les deux clones passèrent ensuite au suivant. Ce fut l’hécatombe, pas un bureau de l’étage n’y réchappa.