L’examen commençait à 17h30, le prof m’avait dit d’arriver vers 18h30. Je suis arrivée à 18h20, j’ai été m’asseoir discrètement pendant les applaudissements des précédents et j’ai monté ma flûte sur mes genoux tout en écoutant un petit duo dont je connaissais l’une des protagonistes.

La directrice de l’académie annonce le suivant : dieudeschats ! Hola, c’est déjà à moi ?? Purée, heureusement que je ne suis pas arrivée plus tard, le jury n’aime pas qu’on le fasse attendre… J’arrive près du piano, mon prof me rassure du regard, la-mi-la je m’accorde, et c’est parti.

Je commence par le morceau que je maîtrise le mieux, pour me mettre dans le bain. Je fais un petit cafouillis à un endroit (j’ai joué la variation du thème qui correspond à la fin du morceau, inconsciemment je devais avoir hâte d’y être 😉 mais je me rattrape en deux secondes car j’avais eu la bonne idée de vouloir la partition générale devant moi, je peux donc facilement me repérer sur la partie pianistique.

Je vois à son regard que mon prof est content du résultat global. Il me dit que je suis un poil trop bas par rapport au piano, mais la tête de ma flûte est déjà enfoncée au maximum. C’est le problème des flûtes fabriquées à l’américaine : elles sont conçues pour être justes (= un la à 440 Hz) lorsqu’elles sont à fond. Mais en Europe on a tendance à accorder les piano un peu plus haut, à 442 Hz. De ce fait je n’arrive jamais à être accordée tip top, surtout en hiver. Je vais donc devoir couper un bout de ma flûte… :-/

Maintenant passons aux choses sérieuses. Le gros morceau, dans tous les sens du terme 😉 Je fais bien attention à ce que le stress (la petite bête qui monte, qui monte…) ne me fasse pas débuter le morceau trop vite, pour ne pas me créer des difficultés lors des passages rapides ultérieurs. Je suis assez contente de ma sonorité, qui se maintient assez correctement malgré l’essouflement progressif induit par le morceau. Pour le reste, j’ai merdé à peine plus (qu’) aux passages habituels. Je suis très surprise, je m’attendais à un massacre en règle.

Le final. Le regard approbateur de mon prof. Je vais me rasseoir. Soulagée. Ce n’est qu’une fois assise que je me rend compte que mes mains tremblent comme des feuilles… Mais pour une fois j’ai eu ta peau, fichu stress !! Bon c’est un peu le hasard, c’est grâce au fait que je n’ai quasi pas attendu avant de passer je pense… mais quand même, ça m’a fait rudement plaisir 🙂 Pour une fois ma prestation à l’examen peut être considérée comme assez bien représentative de mon travail quotidien !

Je suis restée écouter les autres jusque 19h30, ensuite le jury a fait une pause. J’ai tout juste eu le temps de faire un aller-retour jusque chez mes parents pour manger un petit bout et j’étais de retour à 20h pour les 3 dernières élèves. Deux d’entre elles sont en dernière année, ce qui nécessite une présence supplémentaire dans le jury. Je les connais, je sais qu’elles n’ont pas joué aussi bien qu’elles l’auraient pu… mais elles sont en parallèle en session d’examen, et dans ces cas-là il y a un choix évident à faire. De plus les conditions n’étaient pas idéales : salle qui résonne très fort, piano assourdissant et métallique… on ne les entendait plus dans les passages doux.

Le jury a ensuite longuement délibéré, et les résultats n’ont été annoncés que peu avant 22h. Je trouve qu’ils ont été très sévères avec les élèves de dernière année. Pour ma part j’ai hérité de la mention « très bien », ce qui m’a fait très plaisir =)