Le dernier Miyazaki, enfin sorti en salle en Belgique. Après avoir vu Nausicaa, Mon voisin Totoro, Laputa, Porco Rosso, Princesse Mononoke, Le voyage de Chihiro, etc. je suis un peu déçue. Ce film est un immense bazar à l’image du château avant que Sophie ne s’occupe d’y faire un grand nettoyage de printemps.

Miyazaki avait sorti le manga des stéréotypes, ici on a l’impression d’y replonger. Pour un peu, Hauru aurait pu s’appeler Hyoga. Oui je sais, c’est cruel dit ainsi.

On a l’impression que Miyazaki a voulu faire passer trop de choses en en montrant pas assez. Ca rend certaines scènes incompréhensibles et d’autres simplistes voire futiles. Il y a plein d’événements qu’on ne comprend absolument pas, soit qu’il manque une mise en contexte (le passé), soit qu’on attend une « suite » qui est passée sous silence.

Ses thèmes de prédilection sont bien présents : guerre, machines volantes, nature, magie, etc. mais tout cela manque de consistance, de cohérence. Il est peut-être aussi un brin plus « humoristique » que les précédents, c’est peut-être lié au livre dont a été tiré le scénario ? Et je ne vous parle pas du happy end abrupt et soudain, à la « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Consternant de mièvrerie après une histoire d’amour déjà fort superficielle :-/

Le château ambulant n’arrive pas à la cheville de Mononoke ou Chihiro, que ce soit au niveau du scénario ou de la bande son. Hisaichi ne s’est pas trop foulé, se contentant de faire des variantes sur un thème déjà connu. Ca « fonctionne » mais ça ne donne rien de marquant, on sort de la salle sans s’en souvenir alors que je vous assure que je peux encore vous chantonner les thèmes de Mononoke ou Chihiro plusieurs années après 😉 Même les dessins m’ont semblé moins beaux, plus typés manga classique. Pourtant l’idée de base aurait pu donner un film « à la hauteur » de la réputation des protagonistes.

Bref, ce n’est pas un grand cru. Habituellement les films de Miyazaki sont des petits chefs-d’œuvre de joaillerie, avec des petits mécanismes précis et bien huilés… ici ça part dans tous les sens et ça fait mal aux yeux.

Bon, même ainsi, cela reste un film d’animation agréable à regarder… il y a quelques bons moments. Mais ceux qui connaissent les autres oeuvres du merveilleux duo Miyazaki & Hisaichi sortiront inévitablement déçus.

Petit espoir : essayer de trouver le film en VO sous-titrée français. Car pour Mononoke et Chihiro, la traduction écrite de la VO était parfois fort différente de la VF, qui amputait parfois les dialogues d’un sens bien plus profond. Mais j’ai bien peur que ça ne suffise pas pour sauver Le château ambulant…

Désolée d’être aussi exigeante, m’sieur Miyazaki, mais c’est vous qui nous avez appris à l’être 😉