Mercredi j’ai eu examen de violoncelle. A peine arrivée à l’académie (embouteillages, gnagnagna) on me dit : ils n’attendent que toi, tu passes la première ! Non, mon nom ne commence pas par « A », c’est juste que je suis en première année. Ca me fait tout bizarre d’ailleurs, d’être « en 1ère année » à mon âge 🙂

La directrice, sympa, me dit : « si tu veux, on peut prendre quelqu’un d’autre d’abord, comme tu viens d’arriver… si tu veux te préparer, t’échauffer… » Je réponds « non non, au moins on attend, au moins on stresse » avec un grand sourire crispé ^^

Ma prof a l’air presque plus stressée que moi, pourtant elle m’avait dit que le jury était vraiment sympa et mettait à l’aise : c’est toujours le même et apparemment il est très bien, très correct. Donc pourquoi diable stresse-t-elle ? Je me dis que comme c’est une remplaçante qui n’est ici que depuis le début de l’année scolaire, c’est aussi son travail qui va être jugé au travers de ses élèves. Voire le renouvellement de son contrat l’année prochaine, puisqu’elle n’est pas nommée. Bref, je me mets encore plus de pression sur mes épaules, toute seule comme une grande.

On commence le premier morceau, tout se passe bien même si l’archet tremblote plus que d’habitude et que le son grinçouille lamentablement (ça c’est comme d’habitude par contre ;-). Et puis en plein milieu, bardam la pique du violoncelle de ma prof qui se décroche. Il faut préciser que ce sont des duos qu’on joue. Et qu’on cale la pique dans les -nombreux- trous du carrelage. Elle est toute embêtée, les joues rouges, on rigole nerveusement et on reprend un peu avant. Ça perturbe mais je finis honorablement mon morceau.

Pour le deuxième par contre j’ai foiré mes coups d’archet à la dernière ligne, me retrouvant à pousser au lieu de tirer car il y a une liaison que j’ai oubliée. J’avais en tête un grand WARNING clignotant car il ne faut surtout jamais finir un morceau en poussant. Je suis arrivée à retomber sur mes pattes pour le final mais bon j’étais pas très fière de moi.

On verra les résultats mercredi prochain, mais je m’en fous un peu. Ce ne sont pas les points qui me stressent, c’est le moment-même de l’examination. Je déteste qu’on juge des mois de travail continu sur une seule prestation qui est d’office faussée par la gestion du stress, et souvent faussée par d’autres éléments extérieurs : il suffit d’être crevé, grippé ou que sais-je ce jour-là et ça va nettement moins bien. C’est rarement dans l’autre sens – mais ça peut arriver aussi.

En plus j’ai été prévenue de cet examen d’une façon un peu bizarre. Le vendredi 10 jours avant l’examen :
– Tiens au fait ça te va 17h pour l’examen ?
– EUH, quel examen ? J’arriverai jamais pour 17h ici avec tout Bruxelles à traverser !
– Ah je ne t’ai pas dit ? Excuse-moi j’ai oublié ! Il y a examen mercredi en 8.
– AH ? Et euh je vais y jouer quels morceaux ?
– Oh tu choisis… on a encore un cours d’ici là.

Pour ce que j’en connais, c’est l’organisation typique des musiciens professionnels :mrgreen: