Kasparov veut lutter contre « la dictature grandissante de Poutine »
AFP | 14.03.05 | 10h17

Le numéro un mondial des échecs Garry Kasparov, qui vient de se retirer définitivement de la compétition, a déclaré lundi qu’il voulait lutter contre « la dictature grandissante de Poutine » en Russie. » Je crois qu’il est nécessaire d’arriver à la création d’une organisation nationale, d’un parti politique, pour défier la dictature de Poutine à tous les niveaux de notre vie », a dit Garry Kasparov, dans un entretien avec la BBC radio. L’ancien champion du monde d’échecs est membre du comité « 2008 – libre choix », une organisation plus ou moins informelle créée en janvier 2004 dont l’objectif principal est d’empêcher Vladimir Poutine de décrocher un troisième mandat de président. Le président russe Vladimir « Poutine reconstruit ce qu’il considère comme la meilleure solution pour la Russie, une dictature », a accusé le champion d’échecs, qui a pris jeudi sa retraite de cette discipline. « M. Poutine a hérité d’un pays où la démocratie avait des défauts, mais c’était une démocratie », a insisté M. Kasparov, 41 ans. « Il y avait une presse libre, une presse d’opposition, un Parlement indépendant, qui s’est même opposé au président (Boris) Eltsine (NDLR : le prédécesseur de Poutine), et des élections équitables, où même les candidats d’opposition pouvaient s’attendre à être élus ». Depuis l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, « il n’y a plus de presse libre et le Parlement est contrôlé par Poutine et ses hommes du Kremlin », a-t-il poursuivi, estimant que la Russie est désormais dirigée « par un KGB des plus mauvais jours ». Au sein du comité « 2008 – libre choix », Garry Kasparov entend aider à « unifier les millions de Russes insatisfaits face à la dictature grandissante de Poutine ». Cette organisation a pour but de « mettre la pression sur le régime de Vladimir Poutine pour qu’il restaure des institutions démocratiques », a-t-il expliqué. Garry Kasparov est depuis longtemps un adversaire déclaré du président Poutine. En mai 2004, il avait ainsi estimé que la seconde guerre en Tchétchénie, depuis octobre 1999, avait joué un rôle de « détonateur » dans la dégradation de la situation dans le domaine des libertés et des droits de l’Homme en Russie. Lors d’une visite à Londres en janvier, Garry Kasparov avait jugé que le régime de Vladimir Poutine était équivalent au « fascisme ». Le but du président russe est de démanteler la démocratie en Russie, avec la complicité d’un Occident passif, surtout intéressé par la stabilité dans l’ancien bloc de l’Est, avait-il accusé. Permettre à Moscou d’accueillir en 2006 le sommet du G8, les huit principales puissances, serait comme « les jeux Olympiques à Berlin en 1936 », avait-il également estimé.