1er article (sur les OGM) mis au complet ici

Danone et Coca-Cola rompent leur association aux Etats-Unis

Après trois années de tergiversations, Danone, numéro un mondial des produits laitiers frais, va rompre ses liens capitalistiques dans l’eau avec Coca-Cola. D’après nos informations, le conseil d’administration de Coca devait se réunir, jeudi 17 février à Atlanta (Caroline du Nord), et valider le rachat des 49 % que Danone détient dans la coentreprise créée aux Etats-Unis en juillet 2002 pour distribuer les eaux Dannon Water et Sparkletts.

Les marques de Danone resteront aux Etats-Unis. L’exploitation des eaux en bouteille du groupe – qu’il s’agisse d’Evian (concédée par une autre licence à Coca) et des eaux de source Dannon Water et Sparkletts – sera gérée par Coca à travers un simple contrat de licence. Mais pour empêcher que Coca – qui développe sa marque Dasani – n’étouffe le développement des produits français, la nouvelle licence a été aménagée. Coca se serait notamment engagé à renforcer la publicité pendant cinq ans.

Ce choix stratégique valide le désengagement de Danone dans l’eau aux Etats-Unis. Car, en quatre ans, sa performance s’y est effondrée. En 1999, la marque Dannon représentait 11,5 % des ventes d’eau réalisées dans les supermarchés américains, et Evian 8,4 %. Quatre ans plus tard, les eaux de Nestlé trustent le marché, avec 31,2 % des volumes. Aquafina, pour PepsiCo, et Dasani, pour Coca, se partagent 16 % des ventes. Dannon Water et Sparkletts représentent moins de 5,5 % des ventes.

Mais c’est sur Evian que Danone a vraiment trébuché… en 2004. La marque est passée sous les 1 % ! D’environ 220 millions d’euros en 2000, le chiffre d’affaires a représenté, en 2004, « moins d’une centaine de millions de dollars« , reconnaissait, en novembre, Emmanuel Faber, directeur financier de Danone.

Les Russes ne veulent pas de vénusiennes sur la planète Mars

Des « Martiens » ? Oui. Mais surtout pas de Martiennes. Pas question, pour une femme, de fouler le sol de la Planète rouge. La conquête de Mars est une affaire d’hommes. Des vrais, des costauds. En aucun cas « des créatures fragiles et délicates« . C’est un expert qui vous le dit.

Et pas des moindres. Le très sérieux Anatoly Grigoriev, académicien de son état, directeur depuis dix-sept ans du très célèbre Institut des problèmes biologiques et médicaux de Moscou, chargé de la préparation et de la sélection des équipages de cosmonautes qui partent pour l’espace.

« C’est aux hommes de montrer la voie dans la conquête des planètes lointaines« , a-t-il récemment martelé devant des étudiants de l’Université internationale de Moscou, précisant que leur rôle « était de porter les femmes dans leurs bras puissants« . L’URSS fut pourtant le premier pays à envoyer une femme en orbite, Valentina Terechkova, le 16 juin 1963. Trois petits jours à bord de Vostok-5. L’exploit fut salué par une tempête médiatique magnifiant la supériorité du communisme et la modernité du régime dans sa volonté de faire respecter l’égalité homme-femme.

Les « anti-McDo » anglais avaient le droit de dénigrer le géant du hamburger

La critique de la « malbouffe » relève de la liberté d’expression, et cette liberté fondamentale a été violée par le Royaume-Uni lorsqu’il a lourdement condamné pour diffamation deux militants britanniques qui avaient dénigré par voie de tract le géant du hamburger, McDonald’s, a estimé la Cour européenne des droits de l’homme, mardi 15 février.

La Cour de Strasbourg avait été saisie par Helen Steel et David Morris, membres de London Greenpeace, petit groupe sans rapport avec Greenpeace International. Lorsqu’ils ont été condamnés, Helen Steel, serveuse de bar à temps partiel, gagnait 65 livres sterling par semaine, et David Morris, ancien employé des postes au chômage, avec un enfant à charge, touchait un revenu minimum d’insertion.

En 1987, le groupe a imprimé et diffusé un tract de 6 pages intitulé « Ce qui ne va pas chez McDonald’s ». Il affirmait notamment que la multinationale vend une nourriture dangereuse pour la santé, porte atteinte à l’environnement, impose des conditions de travail très dures à ses salariés et que sa publicité vise les enfants qui pensent hamburger et frites dès qu’ils voient un clown aux cheveux orange.

La maison mère américaine et McDonald’s Royaume-Uni assignent alors les deux militants en dommages et intérêts, pour diffamation. En juin 1994 commence le plus long procès de l’histoire judiciaire anglaise. Il prendra fin le 13 décembre 1996 : 313 jours d’audience, 20 000 pages de comptes rendus, 762 pages de jugement. Les deux militants se défendent seuls : ils n’ont pas pu bénéficier de l’aide judiciaire, qui n’est alors pas accordée dans les affaires de diffamation, au Royaume-Uni. En appel, ils voient leur peine réduite mais sont condamnés à verser plus de 110 000 euros à McDonald’s, jugement que la multinationale n’a toutefois pas fait exécuter.

La Cour juge que le fait de ne pas avoir bénéficié de cette aide judiciaire « a entraîné une inégalité des armes inacceptable avec McDonald’s » et que le procès n’a donc pas été équitable. Elle estime que la liberté d’expression a été violée : « Dans une société démocratique, il existe un net intérêt général à autoriser de tels groupes militants non officiels à contribuer au débat public par la diffusion d’informations et d’opinions sur des sujets d’intérêt général comme la santé et l’environnement. »

Pour les magistrats, « on doit tolérer un certain degré d’hyperbole et d’exagération dans un tract militant – et même s’y attendre« . Ils jugent « disproportionné » le montant des dommages imposés aux deux militants, compte tenu de leurs faibles revenus, et leur octroient 35 000 euros pour dommage moral et 47 311 euros pour frais et dépens.

Je vous ai gardé le meilleur pour la fin :

Le prix du pétrole a permis à Total de dégager un profit de 9 milliards d’euros en 2004

Le groupe va accroître ses investissements.

Pour son dixième exercice à la tête d’un groupe passé du 13e au 4e rang mondial entre 1995 et 2004, Thierry Desmarest, président de Total, a annoncé, jeudi 17 février, un résultat net 2004 sans précédent : 9,04 milliards d’euros, une progression de 23 % par rapport à 2003, pour un chiffre d’affaires de 122,7 milliards (+ 17 %).

Il proposera, à l’assemblée générale des actionnaires du 17 mai, un dividende à 5,4 euros par action, en hausse de 15 % par rapport à l’année précédente.

Ces profits records étaient attendus et s’inscrivent dans la ligne des résultats réalisés par les trois premières majors du secteur (ExxonMobil, Shell et BP), qui ont toutes bénéficié d’une excellente conjoncture. « Trois éléments ont contribué à ce résultat, explique M. Desmarest : un prix du pétrole brut très élevé ; une hausse des marges de raffinage ; un secteur pétrochimique qui a bénéficié d’un regain d’activité à la faveur de la reprise économique. » Il juge que la demande restera « vigoureuse » en 2005, même si elle est un peu moins soutenue.

Cette manne de 9 milliards d’euros permettra la poursuite d’un « important programme d’investissement« , qui dépassera sensiblement les 8,7 milliards d’euros de 2004 pour atteindre 9,2 milliards d’euros cette année. L’exploration-production restera prépondérante (70 % des dépenses), mais, avec environ 20 % des investissements, les raffineries bénéficieront d’un effort accru au moment où elles tournent à plein régime et où elles doivent s’adapter à la transformation d’un pétrole brut de plus en plus lourd en produits de plus en plus légers. Enfin, 10 % des investissements iront à la branche chimie, qui a dégagé un résultat opérationnel de 1,09 milliard (+ 95 %).

Alors que Shell a dû revoir ses réserves à la baisse, Total reste « confiant » sur ce point : les efforts d’exploration consentis par le groupe permettront, selon M. Desmarest, de remplacer « à un peu plus de 100 % » ses réserves de pétrole et de gaz. Il prévoit désormais de faireprogresser leur renouvellement au même rythme que celui de la production (+ 4 % l’an).