Un peu de sérieux pour cette note s’il vous plaît.

Je vais vous parler de mon vanvan. Mes vanvans en fait, mais même s’ils sont multiples, en fait ils composent un unique vanvan symbolique. C’est un peu compliqué mais faites un effort.

A la base, c’était un lange en tissu. Vous savez, ces grands carrés blancs tramés en coton… vos parents et grands-parents ont sûrement été langés dans des langes comme ceux-là. Et bien moi, depuis que je suis née, je dors avec. C’est mon doudou.

Quand j’étais toute petite, mon grand-père maternel m’a expliqué un jour que les forficules…

…mieux connus sous le nom de perce-oreilles, venaient la nuit nous escalader, pénétraient dans notre oreille et nous perçaient le tympan.

Et le fait est que cette stupide blague d’adulte m’a traumatisée. Je ne pouvais plus m’endormir sans avoir une oreille coincée sur l’oreiller et l’autre protégée par mon vanvan… Il était devenu in-dis-pen-sa-ble.

La journée il dormait sur mon oreiller, à moitié recouvert par la couette, ce morceau de tissu soigneusement plié en un soyeux carré… La nuit venue, je le dépliais d’un grand coup sec en le retenant par un coin, je le chiffonais artistiquement sur mon oreille et il me protégeait. Il essuyait mes larmes. Il me chuchotait des mots gentils et rassurants à l’oreille. On ne peut pas rêver plus parfait doudou…

Et aujourd’hui ? j’ai bien tenté un sevrage, mais il n’y a rien à faire je dors moins bien quand mon oreille n’est pas chauffée (ou refroidie, selon les saisons) par mon vanvan. Je ne peux pas me résoudre à abandonner ce vieil ami qui m’a rendu tant de loyaux services en 25 années, avec lequel j’ai de si doux souvenirs…

La seule image que j’aie trouvée sur le net pour vous montrer à quoi ça ressemble :