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Passo Gardena : forcella Cier et forcella de Crespeina
Ce matin, en route vers Corvara ! Le but est d’atteindre Passo Gardena (alt. 2121m) alias Grödner Joch en allemand ou encore Jëuf de Frea en ladin. Ce n’est pas très loin de notre chambre d’hôtes à La Villa / Stern / La Ila – c’est un peu contraignant les régions trilingues
En ce premier samedi de septembre, le col est complètement embouteillé, nous roulons au pas ! Serait-ce la proximité du très touristique Val Gardena qui engendre tant de files ? Une fois parvenus laborieusement au sommet, c’est pour se retrouver dans un chaos de manœuvres et de parkings (payants bien sûr).
Nous fuyons les voitures et les bus, et commençons à descendre l’autre versant. Quelques lacets plus loin, une place nous tend les bras sur le bord de la route. Rien n’interdit le stationnement, c’est gratuit et c’est désert : parfait ! Seul bémol : AàG se rend compte qu’il a oublié son appareil photo au logement…
Un sentier permet de court-circuiter le large chemin non revêtu qui mène à l’auberge au pied du Gran Cier. Comme un téléphérique y mène également depuis Colfosco, il y a beaucoup de monde. On espère que la foule va se disperser parmi les différents GR, et que la suite sera plus “aérée”…
La montée au forcella Cier (Danter les Pizes, alt. 2469m) est pénible. C’est en file indienne, on est serré comme dans un couloir de métro, les gens sont chiants bruyants et le moindre rocher ou buisson est parsemé, ô joies de la nature, de PQ.
C’est une constante ici, et cela nous fait ironiser au sujet du nombre faramineux de toilettes indiquées sur les autoroutes allemandes…
Dans les zones d’ombre, il reste encore de la neige tombée cette nuit.
Derrière le col de Cier, une grande vallée verte s’ouvre devant nous.
Je demande à AàG si c’est bien le sentier n°12 pour nous, il grogne un acquiescement (la foule le rend ours, c’est ainsi – pardon Moukmouk). Ca tombe bien, il n’y a quasi personne qui s’engage dedans !
Je suis, moi aussi, un peu ourse ce matin. Je dévale les pentes avec ardeur, pressée de me retrouver seule et de me refaire une sérénité.
Après une demi-heure à ce rythme soutenu, on a déjà avalé un bon dénivelée (je sais que c’est un nom féminin, mais… je bloque !). AàG me rejoint et m’annonce : ça descend beaucoup trop, c’est de la forêt devant nous et une ville au loin, c’est pas normal. Il sort la carte de son sac et on l’examine.
Sur notre carte, il y avait l’autre partie du sentier n°12 qui continuait tout droit. Mais sur les panneaux, il ne s’appelait pas 12 ! Il était fléché comme étant le sentier n°2. C’est celui que la foule empruntait, il restait à peu près de niveau avant de rejoindre un autre col. Et merde…
Après 1h de remontée, nous sommes à peu près revenus au point de départ. Sur la fin, un raccourci nous permet de couper pour ne faire qu’un côté du triangle. On pique-nique là, dans le vent froid, avant de s’attaquer à la brève mais pentue montée au 2ème col : forcella de Crespeina (alt. 2528m).
En fait on aurait dû venir directement du sentier de gauche, en bas des marches :
On pourrait descendre directement sur le plateau, l’altipiano de Crespe, et voir le lac de Crespeina (alt. 2374m). C’est l’Alta Via Dolomiti, le fameux sentier 2.
On préfère prendre la variante, qui part à niveau et nous fait rejoindre les crêtes, via Sas Ciampac (alt. 2672m) et on passe ensuite au large de Sas Ciampei (alt. 2654m).
On retrouve un paysage un peu similaire au plateau de Fanes.
Cet espèce de “volcan”, ci-dessous, nous a intrigués.
Sur ces pentes caillouteuses exposées au soleil, la température est parfois élevée. Je décide de mettre en pratique une méthode de refroidissement crânien radicale et innovante.
Effet secondaire appréciable : sachez que mettre de la neige sur votre tête, ça fait rire un AàG. Bon, il a moins ri quand c’était sur la sienne après
Notre chemin nous offre une vue plongeante sur le Lech de Crespeina, qui a un niveau assez bas – comme tous les lacs que nous avons vus jusqu’ici dans les Dolomites.
Ce qui est bien, avec notre heure et demie de délai involontaire, c’est que nous ne sommes plus dans la vague de randonneurs. On en croise par-ci par-là quelques uns, bien sûr, mais de manière tout à fait supportable. Non nous ne sommes pas complètement asociaux
Depuis Sas Ciampac, nous avons un beau point de vue sur la vallée et notamment la ville de Colfosco. Ce n’est d’ailleurs pas que visuel mais aussi auditif : on a droit du Dire Straits à fond de balle !!
Ca vient d’une des maisons en contre-bas et le son nous parvient comme si c’était à côté. La magie de l’acoustique…
On ne se lasse du panorama, je mitraille au niveau photos… ’scusez-moi, c’est compulsif ^^
Ce kern est, si mes souvenirs sont bons, au sommet du Sas Ciampac…
Continuons à tourner…
Et hop, finissons le 360° en retournant sur Colfosco :
Le chemin se poursuit de manière moins évidente, car au milieu d’un chaos de roches fragmentées. Heureusement les balises sont bien marquées à intervalles réguliers. Je ne me tordrai même pas les chevilles, admirez la performance !
Les photos suivantes se passent de commentaires ♥ (oui je mets des piti cœurs sur mon blog si je veux, d’abord).
Les roches prennent une teinte rouge orange, vers le Sas Ciampei. Un peu de fer ?
Le sentier oblique au fur et à mesure pour rejoindre le n°2, mais c’est très long. On finit d’ailleurs par couper la pointe du fuseau.
Nous voilà enfin revenus sur l’Alta Via Dolomiti, il n’y a plus qu’à finir cette longue boucle à présent. Avec ça et le petit “divertissement” de ce matin, je commence à sentir la fatigue poindre le bout de son nez.
L’Alta Via ne va pas au lac, mais se contente de passer au loin. AàG ira jusqu’à l’eau, moi j’en profite pour poser les fesses sur un caillou et enlever mes chaussures… rah c’que ça fait du bien d’avoir les petons à l’air !!
L’après-midi est fort avancée, ne passent plus que des randonneurs chargés de gros sac à dos, qui dormiront cette nuit à un refuge visible au loin (probablement Utia Puez).
Après un instant de frayeur (où est passé Charlie AàG ?), on remonte le forcella Crespeina puis le forcella Cier. Là nous attend toute la longue descente jusqu’à l’auberge, fermée à cette heure. Reste à rejoindre la route, puis la voiture. Je finis en miettes.
On soupe à Corvara, les pizze étaient bonnes mais la compagnie un peu moins : à la table voisine un enfant joue avec un jeu électronique très sonore, le genre de jingle répétitif tapant sur les nerfs.
Cette pizzeria est manifestement réputée car lorsque nous sortons de là il y a file dehors. J’ai les dents qui claquent et les muscles qui rouspètent, heureusement nous ne sommes pas garés loin… Je ferai d’étranges rêves cette nuit-là.
L’enfer du Lagazuoi : la guerre des tunnels
Nous avions repéré le Monte Lagazuoi, près de Passo Falzarego, en visitant les Cinque Torri et nous nous étions promis d’y aller avant le week-end, par peur de la foule et parce que le départ vers notre second camp de base se profile…
Nous montons en téléphérique jusqu’au refuge Lagazuoi (alt. 2752m), le temps est couvert et il n’y a quasi personne. Nous ne sommes pas beaucoup renseignés sur ce site, nous pensons qu’il n’y a pas de sentier pédestre mais seulement une via ferrata, vu la grande barre rocheuse à franchir. C’était une erreur
Le Lagazuoi est un musée à ciel ouvert où se visitent librement les vestiges de la première guerre mondiale (1915-1918) entre Italiens et Autrichiens. Cela commence classiquement par des trincea :
Nous traversons ces tranchées en ruines dans une véritable purée de pois. Les hurlements du vent glacial rajoutent encore à cette ambiance très particulière. Mieux qu’un son et lumières !
A un moment nous marchons sur une crête très étroite, d’un côté un vide naturel, de l’autre un vide creusé par l’explosion de positions militaires. Avec les rafales de vent et la brume, concentration pour ne pas faire un faux pas…
L’impression d’avoir emprunté une machine à remonter le temps plutôt qu’un téléphérique s’estompe lorsque nous arrivons à l’entrée des tunnels car un groupe de touristes est en train de s’y engager à grands renforts de commentaires.
Cela fait du bien de se retrouver à l’abri des éléments. Par comparaison il fait presque chaud dans la galerie ! Dès l’entrée deux voies s’offrent à nous, nous emprunterons la “galerie spirale”. Ce sont des galeries pentues avec des planches en bois délimitant de hautes “marches”, un câble sert de main-courante tout du long (et c’est loin d’être inutile). Il n’y a pas de lumière, chaque visiteur doit apporter sa lampe.
Ce gigantesque dédale souterrain militaire a été creusé par les Italiens. On y retrouve les classiques galeries d’écoute et de contre-mine, etc.
Régulièrement une ouverture donne sur un accès extérieur, un poste de tir ou d’observation, etc.
Des ateliers ayant abrité des générateurs, compresseurs, etc. sont toujours visibles. Une arrivée de téléphérique permettait d’acheminer du matériel et des vivres, ainsi que des hommes, mais cela devait être fait de nuit car les Autrichiens, situés à une position supérieure, avaient un merveilleux angle de tir dessus ! Les pertes étaient lourdes.
En plus des télécabines, il y avait création de “voies ferrées” permettant aux militaires de franchir les falaises à l’aide de quelques bouts de ferraille plantées dans la roche, ce qui est de nos jours une discipline sportive connue sous le nom de via ferrata…
Nous descendons, descendons, descendons… un peu l’impression d’être dans une vis d’Archimède ! Nous croisons énormément de groupes en train de monter. Manifestement ils ont pris le chemin pédestre. Cette galerie aboutit donc en bas de la barre rocheuse, après une médusante dénivelée de l’ordre de 400m dans la roche !
AàG voudrait remonter car il n’y a plus rien à voir à présent, ce n’est plus qu’une longue descente un peu embouteillée et même plus spiralée. Mais une vue plus bas donne envie de continuer pour visiter cette seconde partie, si possible :
Enfin le tunnel débouche au jour ! Tout en bas, nous voyons le départ du téléphérique.
Quelques “terrasses” nous amènent devant un esthétique point de vue en compagnie d’un troll qui fume la pipe
Un petit sentier à flanc de falaise nous mène à la seconde partie tant convoitée : Cengia Martini, du nom d’un commandant italien.
Une galerie souterraine reliait les deux parties mais est à présent effondrée. Peut-être est-ce celle dont il est question le 17 janvier 1917 ?
Un autre chemin a été creusé à flanc de montagne.
J’ai beaucoup aimé ce sentier avec son petit pont artisanal tout mignon !
Cette zone est moins aménagée pour le passage des touristes.
Un lavoir en pierre portant la date de 1917… Propres sur eux, les officiers du bataillon alpin !
Des baraquements abritant la cantine et la cuisine (protégées par des grilles, donc les photos ont été prises comme j’ai pu).
Ces militaires avaient un sens certain de l’esthétisme, vous ne trouvez pas ? Regardez cette belle maisonnette en bois ! La nostalgie de leur foyer, peut-être…
Une autre galerie s’ouvre ensuite à nous, les boisages de l’entrée ont manifestement été renouvelés en partie.
Cette partie est assez ludique, avec une échelle pour géant donnant accès à cette plateforme avec un petit pont en bois. Mais oui c’est solide, ne vous inquiétez pas, j’ai fait passer AàG d’abord
Et la galerie après ce pont donne sur… sur ? Bon vous suivez pas, c’est quoi c’te histoire ! Vers des ouvertures vers la vallée bien sûr !
Ca n’arrête pas de monter, on se dit chouette, plutôt que de remonter par la même galerie on aura fait une belle boucle !
On découvre les lieux avec d’autant plus de plaisir qu’ils sont déserts, seul le bruit du vent nous accompagne car à intervalles irréguliers, on tombe sur… sur…?
L’originalité dans ce souterrain-ci, c’est que certains de ces postes d’observation sont obturés par des trappes en bois inclinées (auto-refermantes) et verrouillables.
Et après la montée, on tombe sur… sur ? Un cul-de-sac !!
Enfer et damnation, on a remonté entre 100 et 200m facilement, tout ça “pour rien”, enfin en supplément ! Ce sont des sadiques ces Italiens ! On a beau jeter un œil aux ouvertures pour voir si une échappée n’est pas possible par là, c’est niet… trop pentu et aucun chemin. On est bon pour tout redescendre et tout reremonter, argh, ça va beaucoup plaire aux genoux ça.
A la redescente, on croise plusieurs groupes de touristes… on leur dit ou on leur dit pas ? Allez, on ne va pas être peau de vache
On pique-nique auprès du lavoir, en nombreuse compagnie car des chocards à bec jaune ont repéré les bouts de pain que je leur lançais. Mais ce qui les intéresse beauuucoup plus, ce sont nos croûtes de fromage voire des morceaux de saucisson !!
Avec le vent assez violent, ce sont des boules de plumes complètement ébouriffées qui viennent rôder autour de nous
Ah quelle funeste idée de s’alourdir l’estomac avant la grande remontée
Ce fut dur dur… et quel monde, en ce début d’après-midi !
Nous visitons ensuite les autres parties de ce souterrain : la galerie ronde et la galerie des crêtes. Dehors les éléments se déchaînent, le vent a forci et la drache est digne d’un automne belgikistanais. Eclairs et tonnerre sont d’autant plus impressionnant dans ce cadre. Combien d’orages, combien de tempêtes ont vécu les soldats reclus ici ?
Nous attendons à l’entrée du tunnel que le plus gros de l’orage soit passé, mais ça semble prévu pour durer… et la surpopulation guette. Alors tant pis, lançons-nous gaiement hors de notre abri ! Une fois trempés, il ne pourra plus rien nous arriver de toute façon
Nous remontons vers l’embranchement qui nous permettra d’accéder aux positions autrichiennes. Eh oui, eux aussi ils ont creusé ! Mais par contre les zones principales ont sauté, il ne reste plus que quelques petits souterrains épars.
Assez boueux, plus étroit et plus bas de plafond, mais bien sympathique tout de même ! Il y a de temps à autre un boîtier avec trois boutons (italien – anglais – allemand)… machinalement je les actionne. Rien ne se passe, comme les précédents boîtiers rencontrés
Et puis soudain, crise cardiaque !! Des tirs de mitrailleuses et des explosions !
Certaines zones sont inaccessibles car obstruées de terre, de planches, de ferrailles… sans doute les conséquences d’une proche explosion.
Nous remontons le ruisseau chemin ruisseau malgré l’envie d’aller plus loin car l’heure du dernier téléphérique se rapproche et, surtout, nous sommes inquiets de ne pas en avoir vus passer depuis un long moment. Sans doute la violence du vent empêchait-elle tout voyage ! Qu’en sera-t-il à présent ?
Ca va faire long s’il faut redescendre à pattes… Heureusement le machiniste ? conducteur ? enfin le responsable, nous dit de patienter car il y en aura finalement un qui partira dans 15-20 minutes. Seulement on est bleu et on tremble, forcément : on est trempé, il vente toujours et la température a fameusement chuté. Il nous invite très gentiment à patienter sur le banc à l’intérieur, c’est pas chauffé mais il vient de nettoyer et on profite des vapeurs chaudes du sol (oui on en est à ce point là
)
Finalement les secousses seront assez modérées, le vent a faibli. Pas trop de frayeurs donc !
Ceux qui connaissent l’italien peuvent découvrir l’historique de ce lieu (et du restant des Dolomites) durant la guerre sur ce site. Pour les francophones, quelques éléments ici (sous le titre “le front austro-italien”).
Ci-dessous, la vue depuis notre logement avec deux APN différents… On a vu ces mêmes montagnes rosir violemment lors du coucher de soleil du premier soir, c’était magnifique (mais pas d’appareil photo sous la main évidemment).
Un souper tranquille et agréable à la Ciasa Soleil et puis, dodo !
De Pescol à la Malga Antersasc
C’est un peu comme après une indigestion. Trop de trajet en voiture, trop de gens… alors examinons la carte. Quelle promenade pouvons-nous faire qui soit tout près de Badia et pas prisée des touristes ? Un truc un peu peinard de préférence, parce qu’avec les 1000m et quelques de dénivelée d’hier, mes pieds de sédentaire sont encore fourbus.
Nous voilà partis pour Pescol (alt. 1618m), hameau de montagne dont l’étroite route n’est pas toujours revêtue et où la vue de panneaux d’arrêt de bus nous fait angoisser (pas en croiser un ici, surtout pas !).
Le temps est très brumeux, mais il fait sec pour le moment. Après Pescol, la route de Juel se transforme en chemin carrossable couvert de graviers, elle évolue sagement au milieu des prairies dont le vert intense nous ravit les pupilles. Des chats, des barrières en bois, des granges… pas un seul touriste, c’est parfait.
Je préfère me garer rapidement et faire le reste de la route à pied, j’ai peur que l’état du chemin ne se dégrade et qu’il devienne difficile de trouver un endroit où demi-touriser (oui je suis une stressée dans la vie).
Le sentier qui quitte la route commence tout d’abord par descendre fortement… oh oh, mauvais signe ! C’est pourtant bien le bon. On traverse une forêt humide et on retrouve ensuite un chemin plus large, qui monte dru au milieu des cris incessants des cassenoix (crakâ). Nous sommes sur leur territoire, pas de doute !
Aujourd’hui, on sera résolument la tête dans les nuages…
Le paysage est très vert et chaotique, c’est plaisant. D’immenses rochers ronds et moussus semblent avoir été catapultés là au gré des caprices de Dame Nature. Dommage qu’il fasse trop sombre pour en prendre des photos.
L’ambiance fantomatique donne l’impression que le monde est en train d’être soigneusement gommé morceau par morceau. Surtout ne revenons pas sur nos pas, il n’y a peut-être plus rien…
Quand on regarde derrière soi…
…et quand on regarde devant ^^
Nous arrivons à une barrière avec un astucieux système de fermeture automatique constituée d’une corde et d’une grosse pierre ! Au loin, une silhouette de chamois dans un pierrier… la première et dernière fois que nous en verrons dans les Dolomites.
Derrière nous, on entend des cris et des aboiements. A croire que c’est une tradition locale, de hurler en montagne ?? Déjà hier des nuisibles gens avaient perdu leur chien (forcément, sans laisse
) et gueulaient après comme des putois… soupir. Je comprends qu’on voie si peu d’animaux sauvages par ici.
Une marmotte, floue mais une marmotte tout de même
Il y en avait beaucoup d’autres, mais vives et peureuses.
Ce vieil arbre magnifique, trônant sur son rocher, défend l’entrée du haut plateau. Il faut lui donner le mot de passe, qui est : Bêêê !
Un troupeau de moutons aux oreilles pendantes, ils ont tous réussi l’examen de passage de l’arbre
Près de la bergerie Malga Antersasc (alt. 2085m) se trouvent quelques troncs couchés faisant office de banc, ce sera notre lieu de pic-nic. Il faut bien gérer la disposition des affaires par rapport à l’emplacement des crottins, mais c’est jouable
On entend encore de temps à autre les hurleurs derrière, mais ils sont devenus plus discrets une fois qu’ils se sont aperçus qu’on avait l’air méchant qu’ils n’étaient pas seuls au monde.
Je repose mes pieds tandis qu’AàG va dire bonjour à ses amis les moutons, dont il parle si bien la langue. En fait je ne m’habitue pas à mes nouvelles chaussures de randonnée (pourtant elles ont déjà été “faites”, je les avais prêtées à ma mère pendant deux semaines – ben quoi, ça sert aussi à ça, une maman
).
Un randonneur isolé descend du col, il vient sans doute du refuge de Puez. L’accent avec lequel il me dit buongiorno me fait répondre “bonjour” avec un grand sourire. Il se retourne, surpris, et me demande : “vous êtes française ou vous êtes suisse ?” Ni l’un ni l’autre ! On discute un peu et il poursuit sa route.
Nous continuons le chemin au-dessus de la bergerie, vers le forcella de Puez. Les deux lacs ne sont en fait pas sur ce plateau mais sur un ressaut plus haut, à 2169m. Ils sont quasi à sec, comme celui d’hier.
Ca monte fort et il y a énormément de vent, ce qui est fatiguant. Nous arrivons dans un cirque rocheux sans intérêt particulier, ma motivation décline au même rythme que l’état de mes pieds.
Je regarde les vagues de nuages qui viennent s’échouer à intervalle régulier sur le flanc des montagnes, et je me demande… sommes-nous à marée montante ou descendante ?
Je déclare forfait, je n’ai plus envie de continuer. AàG fera le tour de la montagne et de la terre entière s’il le souhaite, mais moi je vais commencer à redescendre doucement. Rendez-vous est pris à la bergerie.
Si vous voulez une échelle au paysage, sachez qu’un AàG se cache sur la photo ci-dessus
Les quatre photos ci-dessous ont été prises à moins de deux minutes d’intervalle :
Le retour se fait en mode “aïe-ouille-fichues godasses” alterné de “aïe-ouille-fichus genoux”. La montée finale est presque un soulagement, après toutes ces descentes !
Ce qui est rigolo avec cette météo, c’est qu’on n’a aucune idée de l’heure qu’il peut être. En fait nous arriverons en milieu d’après-midi à la voiture.
Cela nous laisse le temps de visiter l’église de Badia/Abtei, d’aller choisir des cartes postales et de s’installer confortablement dans une accueillante pâtisserie de La Villa, pour les écrire en dégustant un chocolat chaud accompagné d’une part de sacher torte (pour AàG) et de linzen torte (pour moi).
Voilà maintenant vous savez pourquoi j’aime écrire des cartes postales
Le plateau de Fanes et le lac vert au départ de Pederü
Un long trajet en voiture nous attend également aujourd’hui, mais “à plat” cette fois. Nous remontons le val Badia (après un tournant à gauche, un tournant à droite) et redescendons dans le val voisin. Après San Vigilio di Marebbe, la petite route déserte longe joliment le fond de vallée au milieu de la forêt ; elle est assez droite – ce qui est “dépaysant” !
Arrivés à l’Ostaria Pederü (alt. 1548m), une personne se met au milieu de la route pour nous arrêter. Il s’agit en fait du racket habituel pour le parking. Seulement nous ne comptions pas nous arrêter ici, sur notre carte la route continue… on nous répond chiuso ! Pas de chance ce sont des routes barrées, on ne pourra pas aller plus loin.
On fait demi-tour et on retourne se garer au dernier petit parking autorisé gratuit (je déteste qu’on me force la main). Il n’est pas tout près, ils ont évidemment interdit le stationnement sur les quelques kilomètres avant le refuge. Le “point info” fonctionne toujours : des Allemands s’arrêtent pour nous demander leur chemin. Y a qu’une route, vous ne pouvez pas vous tromper !
On réfléchit à ce qu’on va faire, car la route interdite va nous rallonger sacrément la randonnée prévue pour aujourd’hui… on décide de se lancer quand même, on verra bien où on arrivera.
Le temps de discuter et de revenir à pied jusque Pederü, il y a déjà beaucoup plus de monde. C’est l’heure des départs. Nous achetons une IGN (en ladin ??) à l’auberge et empruntons le sentier n°7 en s’efforçant de distancer les groupes bruyants, négligeant de tenir leurs enfants chiens en laisse alors que nous sommes dans un parc naturel (Fanes-Senes-Braies). Aucune chance de voir un animal par ici : ça crie comme au marché, le sentier est embouteillé et le moindre buisson parsemé de papier wc…
Il fait une chaleur de plomb, le sentier monte raide puis arrive sur un plateau buissonneux (un genre de genêts ?) en légère descente, ensuite cela recommence à monter, etc. C’est trompeur car à chaque fois on se croit arrivé en haut. Mais plus on monte, moins il y a de gens, alors ça motive !
Nous croisons de temps à autre la fameuse route barrée, sur laquelle des groupes de cyclistes progressent. Au final, une belle descente en courant dans la végétation et nous voilà sur une section plate et sablonneuse.
Le sentier remonte de plus belle après, au milieu de magnifiques racines. A partir du lac Piciodel, le sentier emprunte des portions de plus en plus larges de route, ensuite il n’y a plus qu’elle. En contrebas se trouve un ruisseau nommé rü d’Al Plan.
Après une ferme, le chemin se divise en deux : une branche en cul-de-sac se dirige au sud-ouest vers la “hutte” (ütia) de Lavarela, l’autre branche va au sud-sud-est vers la ütia de Fanes, c’est la alta via Dolomiti (haute voie des Dolomites) qui se poursuit en semi-carrossable vers le lac de Limo et ücia de Gran Fanes. A noter, traînant sur le bord de la route, une… couche jetable pour bébé !!
Nous nous posons sur un banc deux minutes le temps de regarder la carte, quand une poule rousse quitte la ferme et vient nous dire bonjour… habituée aux touristes, elle nous fait du charme pour avoir à becqueter ! Je la caresse et lui donne quelques bouts de pain, elle irait bien se servir elle-même dans mon sac à dos
Nous décidons de faire les deux côté du triangle : d’abord aller à la hutte de Fanes (alt. 2060m) et de là un sentier coupe vers l’ouest pour rejoindre le refuge de Lavarella (alt. 2042m) en passant près du lac vert (lé vërt). Cette boucle nous permet de tout voir sans devoir revenir sur nos pas, et nous espérons qu’il y aura moins de monde au milieu de nulle part pour manger tranquillement.
Le terrain est étrange par ici, c’est comme si nous marchions sur des plaques verticales qui ne sont pas toutes à la même hauteur, avec de petits trous profonds. J’avais déjà vu quelque chose d’équivalent dans le Vercors mais n’ai pas retenu le nom du phénomène.
Le sentier ne passe pas exactement au lac donc nous le quittons pour réaliser notre plan “pic-nic au bord de l’eau”. Nous y sommes tranquilles, il y a seulement quelques personnes sur la rive d’en face. On fait sécher les chaussures et les chaussettes pendant qu’on déguste une moelleuse foccacia à la tomate cerise.
Le temps change, la température a chuté et le vent se lève, le ciel est envahi de nuages. De miroir, la surface du lac devient ridée. Nous frissonnons d’être restés immobiles, il est temps de ranger les affaires pour rejoindre le refuge de Lavarela et y prendre un onctueux chocolat chaud en guise de dessert !
Est-ce que quelqu’un saurait me dire pourquoi ce pauvre veau a cette ferraille devant la bouche ??
Nous montons au-dessus du refuge pour poursuivre la promenade avec le sentier n°12, tapissé d’aiguilles. Il est très agréable et peu fréquenté, c’est un vrai bonheur !
Il y a bien une petite bruine qui tombe de temps à autre, mais rien de désagréable. Nous voyons plusieurs marmottes au loin, ce qui suffit largement à compenser !
Le sentier monte, monte, monte, on passe à un moment par des terrasses naturelles de toute beauté formant des marches d’escalier pour géant.
Les montagnes prennent une autre dimension sous cette atmosphère pluvieuse et nuageuse. On commence à fatiguer mais on voudrait arriver au “col” d’où on pourra enfin voir le plateau de Fanes s’étendre devant nous.
C’est une étendue immense et désolée, entre gris clair et gris foncé, avec des zones où la végétation parvient à se maintenir. La météo est idéale pour donner tout son caractère au lieu.
Ces chaos de roches forment un paysage lunaire. Oh tiens, il y a des habitants sur cette étrange planète !
Pas très bavardes, ces vaches… mais bien mignonnes. Elles n’ont pas grand-chose à brouter.
Ce qui est impressionnant dans ce lieu presque sans vie, c’est le silence qui frôle l’absolu.
Nous continuons d’avancer sur le sentier 12, le plan mentionne un grand lac (Lé Parom) et l’apercevoir nous permettrait d’être certain de notre situation sur la carte. Il s’agit en fait d’une grande dépression dans le terrain, mais il n’y a quasiment plus d’eau dedans.
J’essaie de convaincre AàG de poursuivre le sentier n°12 jusqu’au croisement avec le n°7. Cela ne devrait plus être loin, et nous permettrait de rejoindre la hutte Lavarela par l’autre côté de la montagne nommée banch dai torchi sur notre carte.
Je n’ai pas envie de reprendre le même chemin au retour, d’une part parce que je le connais déjà, d’autre part parce que je sais que mes genoux en souffriraient (trop pentu).
AàG n’est pas enthousiaste car le temps devient de plus en plus menaçant et nous ne sommes pas équipés pour un orage en montagne. Par ailleurs il se fait “tard” si l’on considère la longueur de la route du retour. AàG pense que nous sommes trop fatigués pour prendre le risque d’aller plus loin, on ne sait pas si le croisement sera correctement indiqué ni même si on ne l’a pas déjà dépassé, car il est difficile de prendre des repères dans ce genre d’environnement.
Mais à ce jeu-là, c’est le plus têtu qui gagne donc nous avons poursuivi
Et on ne l’a pas regretté. On s’est fait crier dessus par plein de marmottes, on a couru dans les descentes, et on s’est fait doucher comme rarement on l’avait été, jusqu’aux os !
En quelques minutes on s’est retrouvé dégoulinants et hilares ! Heureusement on n’a croisé aucun humain de tout le trajet, sinon il nous aurait pris pour des tarés
Même les chèvres de Lavarella s’étaient mises à l’abri, pas folles !
Certes le retour fut long (très long) et laborieux (très laborieux), mais au final ni AàG ni moi regrettons d’avoir fait “le grand tour”. Il était 18h30 à notre arrivée à l’auberge de Pederü, de là il a encore fallu rejoindre la voiture avant d’enfin pouvoir enlever nos bottines de marche et asseoir nos fesses (rha, ça fait du bien !)
Nous soupons au premier village croisé, c’est-à-dire San Vigilio. Le premier établissement, une trattoria, veut nous faire manger sur des tabourets de bar sous prétexte que nous ne sommes que deux et que nous ne pouvons donc pas avoir accès à la salle de restaurant. Nous partons.
Le deuxième, un ristorante (Tabarel), nous semble assez cher mais nous sommes trop fatigués pour continuer à chercher, et puis nous avons faim !! Ce fut un excellent choix car les plats (nous avions choisi des spécialités ladines) étaient fins, délicieux, servis avec art, et ce fut de loin le meilleur repas de tout notre séjour. Quel dommage que nous ayons été raisonnables : nous n’avons pas pris de dessert !
Passo Valparola, galleria Goiginger et fortifications de Cinque Torri
Nous allons en voiture jusqu’au Passo Valparola. Le parking du refuge (alt. 2168m) est plein à craquer, nous nous garons un peu plus loin, près du musée de la guerre occupant un ancien fort.
Nous descendons vers le lac et suivons le sentier vers un point indiqué sur notre carte comme “grotta“. C’est intriguant car le phénomène de grottes est globalement absent dans les Dolomites.
Il s’agit en fait d’une petite galerie militaire creusée dans la roche. De hauteur d’homme, elle est d’une largeur suffisamment confortable pour permettre à deux personnes de se croiser.
Des ouvertures en rateau ont été pratiquées en plusieurs endroits afin de créer de discrets postes d’observation, donnant notamment sur la route en contrebas.
Cela nous donne envie d’aller voir un point similaire sur la carte, un peu plus loin, à peine moins facile d’accès. Sur la carte se trouve simplement la mention “galleria Goiginger”, du nom d’un général autrichien.
C’est un réseau assez étendu composé de plusieurs galeries. Certaines sont basses et étroites, d’autres s’élargissent jusqu’à former de vraies petites salles.
Globalement horizontales, il existe également une petite galerie descendante qui mouille un peu les pieds.
Il y a des restes d’aménagements tels que : escaliers, socles en béton (notamment pour le groupe électrogène), réservoir à eau, isolateurs électriques, cadres en bois pour les armes lourdes (canons), etc.
Les galeries longent la barre rocheuse (Sasso di Stria) et, à intervalles réguliers, des diverticules partent vers les postes d’observation et de tir – principalement des mitrailleuses.
Les petites ouvertures vers l’extérieur vont souvent par paires. Elles permettaient de surveiller un endroit stratégique : le Passo Falzarego.
Il existe également plusieurs “vraies” sorties permettant le passage de gros matériel (et une éventuelle évacuation ?).
Le tunnel Goiginger est un ouvrage impressionnant par sa longueur (1 km ? la fin est effondrée) et le travail qu’il a dû nécessiter. Il faut dire que la zone était particulièrement critique, la guerre y a fait rage entre Italiens et Autrichiens.
A notre sortie, la buée se forme immédiatement sur l’objectif refroidi par son passage en souterrain. Ca donne un effet rigolo
Nous retournons à la voiture pour pique-niquer.
Nous décidons d’aller voir de plus près les “cinq tours” : Cinque Torri (dont l’une s’est effondrée il y a quelques années). Il y a beaucoup de voitures garées là car un télésiège y monte, nous préférons emprunter le sentier pédestre qui part depuis le lago Bai de Dones (alt. 1889m).
Le chemin s’enfonce paisiblement dans la forêt. Il n’y a pas grand-monde qui l’emprunte, seulement quelques promeneurs qui le redescendent. Dommage que même d’ici on entende encore le hurlement incessant des motos sur la route du col
Les principaux ouvrages sont des tranchées dont les murs sont en pierres sèches. Elles ont été creusées il y a un siècle.
Parfois, au détour d’un tournant, on tombe sur une petite caverne creusée dans le rocher pour stocker du matériel.
Certaines trincea se devinent à peine de nos jours… comment imaginer des soldats ici ?
En réalité beaucoup étaient doublées de bois, avec toitures et faux planchers. Les militaires y dormaient.
Nous nous rapprochons progressivement du Cinque Torri, il y a plusieurs groupes de grimpeurs qui s’adonnent à l’escalade sur les parois fragmentées de ces colonnes dolomitiques.
Le paysage est majestueux et plaît énormément à AàG.
Le “point info” tatoué sur mon front marche même en Italie, nous renseignons donc d’autres touristes en perdition
Voici des entrées de tranchées couvertes :
On y retrouve comme d’habitude des postes d’observation et de tir.
Ce sont bien sûr des reconstitutions. Nous remontons ensuite via un esthétique vallon obscur.
On fatigue un peu, c’est notre premier jour et je commence à avoir mal aux pieds. Nous redescendons en télésiège, sa lenteur nous permet d’admirer à notre aise les paysages. C’est très agréable de ne plus avoir les pieds qui touchent le sol et AàG bêle de tous ses poumons vers le troupeau de moutons au-dessus duquel on évolue
Nous ne résistons cependant pas à faire une petite reconnaissance vers un point nommé “village militaire” sur la carte, le sentier nous plaît beaucoup mais nous ne verrons rien de spécial. Nous n’insistons pas trop, la fatigue et la faim se font sentir !
Nous retournons jusqu’à La Villa pour souper. Il est utile de savoir qu’il y a vaguement l’équivalent des carafes d’eau françaises dans la plupart des restaurants italiens : l’acqua in brocca. C’est une cruche d’eau du robinet qui n’est pas gratuite mais à un prix – évidemment – bien plus bas que les bouteilles d’eau minérale. Etant donné qu’après une chaude journée de marche en montagne je bois sans peine un litre d’eau à moi toute seule, c’est idéal
Deux jours de voyage, incluant une pause à Imst (Rosengartenschlucht)
Nous partons le dernier samedi d’août, et dans chaque pays traversé il y a beaucoup de travaux sur les routes. Nous devrons également nous farcir plusieurs embouteillages en Allemagne.
Une chambre avait été réservée pour la nuit au Gästehaus Almrausch dans le petit village autrichien de Nassereith, mais lorsque nous arrivons il y a une lettre scotchée sur la porte extérieure avec mon nom dessus. Quelques lignes en allemand nous apprennent qu’ils nous ont réservé une chambre au bed & breakfast Maria, juste à côté ! En fait ils ont préféré relouer notre chambre à des touristes restant plus qu’une seule nuit… Je trouve cela fort de café car déjà, quand on reste seulement une ou deux nuits chez eux, ils augmentent sérieusement le prix de la nuitée ! Et ils n’ont même pas la politesse de nous l’apprendre en face…
Quand on va sonner à côté, la dame nous explique, également en allemand, qu’elle affiche complet. On lui montre la lettre de l’autre gästehaus disant que c’est réservé pour nous chez elle… Elle est embêtée, apparemment elle avait pourtant expliqué à la 1ère logeuse que ce n’était pas possible ! Ou alors elle a également reloué à d’autres gens ? Dans tous les cas, on se retrouve sans logement, on n’a pas encore soupé et la nuit tombe. On n’a pas d’autres adresses sous la main, étant donné que c’était réservé (pour une fois qu’on est organisé !)…
La dame va donner un coup de fil et essaie gentiment de dépatouiller les choses pour nous… Un type arrive en grosse voiture et va droit au but : il a encore une chambre libre pour cette nuit, c’est 30 euros par personne, est-ce que ça nous intéresse oui ou non. C’est plus cher et il ne nous inspire ni confiance ni sympathie mais bon, c’est pas comme si on avait beaucoup d’autres choix.
On le suit en voiture jusqu’à l’autre bout du village, il tient un grand hôtel s’appelant Seeblick. Tout un car d’Allemands y est descendu. Nous mangeons par facilité au restaurant de l’hôtel, la cuisine est correcte et le prix aussi. On fait ensuite une courte promenade dans le village, il y a beaucoup de chats et un assez joli lac.
La chambre n’est pas terrible, surtout la salle de bain. Ca ne vaut pas le prix demandé. Une bonne rénovation serait nécessaire, même pour les couloirs ! Jusqu’à tard, on entendra à l’étage du dessous toutes les chaises et tables qui sont remises à leur place suite au souper du bus. Un bruit de machinerie (ventilation ?) nous empêchera de dormir jusque 4h du matin. Bref, la joie.
Le lendemain matin, nous petit-déjeunons en compagnie d’une horde de chamois d’Allemands. Les fenêtres de la salle donnent sur une énorme paroi rocheuse dominant le village. Nous y verrons plusieurs chamois.
Nous filons vers Imst pour achever la promenade du Jardin des Roses (Rosengarten) entamée un soir quelques années plus tôt…
Cette gorge perd indéniablement de son charme avec la surfréquentation due à un dimanche ensoleillé pendant les vacances scolaires. Il y a notamment des troupeaux entiers d’adolescents beuglant qu’on laisse passer. Difficile de prendre des photos vierges de monde… mais pas impossible.
Le chemin est souvent constitué de passerelles en bois, il y a des ponts, des tunnels, c’est très ludique.
Arrivés en haut, nous nous laissons séduire par un panneau “Blaue Grotte“… il s’agit en fait d’une petite mine de plomb argentifère. Elle aurait déjà été exploitée au temps des Romains, qui en auraient tiré la galène par exploitation au feu.
Une étroite galerie de 35m de long part de la salle d’entrée, mais il aurait fallu le maillot de bain pour la visiter ! Un petit ruisseau fait cascade pour rejoindre la gorge et entre en partie dans la mine.
Nous allons jusqu’à Arzl im Pitztal dans l’espoir de trouver un coin tranquille pour le pic-nic de midi, mais les routes sont toutes envahies de motards. C’est donc dans un bruit incessant et stressant que nous mangeons dare-dare avant de reprendre notre chemin.
A peine la frontière italienne passée, nous tombons sur un embouteillage de presque 10km. Cette portion d’autoroute, constituée quasi exclusivement de viaducs et de tunnels, est à péage… et c’est la station du péage qui provoque ces files.
Nous arrivons finalement à notre destination, au sud de Badia : un village nommé “La Villa” en italien, “La Illa” en ladin et “Stern” en allemand. On pose les bagages et on va se détendre le long de la rivière Gadera et ses prairies si vertes.
Ce soir-là il y a une fête au village et plein de gens sont en habits folkloriques. Il y a un ensemble musical local qui joue même bien, si si. Nous irons manger un peu à l’écart, par besoin de calme.
C’est toujours utile quand on prépare un voyage, aussi je publie ici les principales lignes du budget de nos vacances dans les Dolomites. Nous avons principalement visité le Trentin-Haut-Adige (Alto Adige – Südtirol) et une petite partie de la Vénétie (province de Belluno). Read the rest of this entry »
Vêtus tous deux d’un polo jaune, détail qui a son importance comme nous le verrons par la suite, AàG et moi randonnons depuis le matin. Le Creux Chêne où se réunissent les sorcières est derrière nous depuis longtemps et le chemin commence à nous paraître franchement long quand soudain…
Arrivés au lieu-dit, perdu sur un flanc de montagne couvert de forêts, un korrigan sort de son antre et nous lance d’un ton réjoui : “Alors les canaris ! On s’est fait mouiller par la pluie ?”
S’en suivit une invitation en bonne et due forme “Bon c’est l’heure de l’apéro, rentrez boire un pot !”
(les korrigans s’expriment toujours en rimes, ainsi que je l’ai appris récemment)
Et c’est ainsi qu’on se retrouva attablés avec une boisson artisanale locale qui ressemble à notre maitrank, et très vite les fruits secs firent leur apparition… je voulus en tirer de mon sac pour apporter notre part au régal mais “Qu’est-ce que tu veux que je fasse avec ta p’tite boîte, là ! Allez range ça, m’emmerde pas !”
Une tranche de pain avec du jambon maison plus tard, nous revoilà sur la route, ragaillardis et séchés, l’estomac et le coeur heureux de cette rencontre. Merci Brandu !
Il m’en aura fallu du temps pour le finir, ce récit… mais voici donc la dernière partie enfin achevée. Elle est sous mot de passe par souci de protection du lieu, qui semble avoir déjà maintes fois souffert par le passé. Je ne voudrais pas que n’importe qui arrive ici à travers les moteurs de recherche, qui sont peu bavards sur le sujet.
Je donnerai le mot de passe aux habitués du lieu qui en feront la demande et qui sont susceptibles d’être intéressés par le sujet.
Pour clore ce voyage, voici quelques photos prises sur la route du retour…






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