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Berchtesgaden
Le petit déjeuner est toujours aussi bien ! Et le chat roux aussi
Il est tombé en amour avec la carpette de la voiture, qu’est-ce qu’il a pu se rouler dessus dans tous les sens et y faire ses griffes avec grand bonheur ! Il serait bien parti avec nous… ça aura au moins servi à dérider notre logeuse.
La météo n’a pas fort changé par rapport à hier mais ce n’est pas grave : cette journée est principalement consacrée au long trajet jusqu’à Berchtesgaden, à l’extrême sud-est de la Bavière. Une déviation sur la route de Münich nous fera perdre pas mal de temps et nous nous retrouvons à pique-niquer sur une aire d’autoroute hyper bruyante (genre avec 2 mètres de gazon pour séparer des voies).
Au centre de Berchtesgaden nous trouvons un premier office de tourisme où nous localisons une zimmer potentiellement intéressante. Pour y arriver, il faut monter une rue étroite dont la pente est indiquée à 24% ! Je crois que je n’avais jamais vu une route automobile aussi pentue…
La mauvaise nouvelle est que c’est belegt, la bonne nouvelle est qu’il y a un second office de tourisme dans cette partie de la ville. La dame tire certes une drôle de tête quand on lui annonce la fourchette de notre budget, mais finalement elle nous trouve assez rapidement une chambre pour 5 nuits – ohne Balkon (sans balcon), il est vrai que ça semble important ici, mais nous on s’en fiche !
C’est un peu excentré par rapport au centre-ville, ce qui n’est pas pour nous déplaire. C’est en retrait par rapport à la Alpenstraße donc nous ne devrions pas avoir trop de nuisances routières.
Nous pouvons à présent profiter de cette fin d’après-midi pour découvrir Berchtesgaden. Nous commencerons par la ville haute et la Franziskanerkirche.
L’usage des crânes dans la décoration (ainsi que le type de pierre) nous fera penser à Salzbourg, qui n’est d’ailleurs qu’à 30 km d’ici.
Cette belle pierre rosée se retrouve ailleurs dans la ville.
Nous monterons ensuite sur la colline d’en face à la plus récente Christuskirche (dont nous ne ferons pas de photo) pour bénéficier du point de vue.
Dans la vieille ville, les façades peintes foisonnent autant que les terrasses.
Rien n’est laissé au hasard, l’artiste a même peint l’ombre des personnages et des cadres de fenêtres.
A côté de la Rathaus se trouve la Pfarrkirche St. Andreas (St André).
On y retrouve différents blasons ornés de crânes.
La voisine directe est la Stiftskirche St. Peter und Johannes der Täufer (collégiale St Pierre et St Jean-Baptiste) avec ses deux tours massives.
La porte moderne est d’un tout autre style mais l’ensemble garde une certaine harmonie (même si l’enfant du milieu est glauque en gros plan !)
Dans le narthex sont affichés les avis de décès et de naissances. La couleur chaude des pierres contraste avec l’intérieur de la nef.
J’ai beaucoup aimé l’idée de cet arbre de lumière
En photo ça rend moins bien, malheureusement.
Il est temps de nous mettre en quête d’un restaurant.
AàG commandera – sans trop le savoir – un truc énorme, un demi-jambon ! On emporte discrètement ce qu’il ne parvient pas à finir, au cas où on croiserait un chat sur le chemin du retour
Il y a du Meerrettich (raifort) fraîchement râpé en accompagnement de mon plat, ça déchire !
Nous chercherons désespérément du sachertorte dans tous les établissements de la ville, on ira même jusqu’à s’installer dans un 4 étoiles qui l’a à sa carte, mais en vain… snif !
Nous revenons dans la ville basse par le cimetière illuminé. Il fait déjà nuit mais AàG tente la photo sans pied.
Un chat croise notre route et n’en croit pas sa chance en voyant atterrir à côté de lui un vrai festin, il s’en empare à pleine gueule et détale aussitôt avec son butin !
Au logement, c’est grande soirée bruyante dans le salon qui se situe juste sous notre chambre… Heureusement nos logeurs sont civilisés et s’arrêtent vers 22h. La lumière nous réveillera ensuite à 6h40 (il n’y a pas de volets et, qui plus est, un ancêtre de velux se trouve juste au-dessus du lit). Et puis on aura de la compagnie…
Randonnée au Rubihorn
La nuit fut assez bonne malgré un peu de bruit, et le petit déjeuner fut tout simplement *royal*… sans hésiter le meilleur du séjour ! Cela ne contribuera pas peu à la décision de rester une nuit supplémentaire
Pour achever de nous mettre de bonne humeur, dehors un chat roux nous accueille avec force roulades. Nous avions gardé un peu de beurre et de salami pour l’écaille de tortue mais elle ne s’est pas montrée, cela a donc fait le bonheur du peu farouche rouquin !
Nous partons à Reichenbach, notre point de départ pour une randonnée au Rubihorn (carte de l’itinéraire téléchargeable en pdf), un sommet approchant les 2000m dans les Alpes d’Allgäu. C’est une petite promenade (5,2 km) mais avec un bon dénivelé, surtout pour un premier "dérouillage" (+1125m/-53m). Court mais raide, donc !
Le temps n’est malheureusement pas au beau fixe, mais nous espérons que les nuages vont se lever. Bien que le parking soit un peu perdu au milieu de nulle part, il est payant et un vieux monsieur est présent pour vérifier que chacun ait son ticket, il veille à échanger les billets si besoin !
Nous y arrivons entre 9h15 et 9h30, c’est la mauvaise heure car beaucoup de monde part dans les mêmes eaux. Nous longeons la rivière Gaisalpbach et ses multiples chutes (la plupart aménagées).
Une route goudronnée (réservée aux véhicules autorisés) fait un large détour et permet d’atteindre le Untere Richtersalpe mais nous allons plutôt emprunter le Tobelweg, petit sentier qui coupe au plus court en continuant à longer la rivière.
Après un tronçon d’escaliers en caillebotis et une section plus raide, on suit une conduite forcée et on rejoint finalement la fin de la route qui dessert deux bâtiments (refuges et/ou restaurants, on n’a pas été voir de plus près).
Le sentier entre dans une grande pâture où nous avons pu faire connaissance avec les vaches locales, aux oreilles délicatement fourrées. Si si, on dirait presque des pantoufles, ça avait l’air tout doux !
Les nuages bouchent toujours l’horizon et rendent les couleurs tristes et ternes.
Après un passage bien boueux, le chemin quitte la pâture et entre dans la forêt. Voici un cairn pour le moins original
Après la forêt c’est une zone de rochers qui nous attend, avec des passages raides équipés de câbles pour s’aider.
C’est un peu avant 11h30 que nous arriverons au lac Gaisalpsee. Au gré du passage des nuages, nous sommes parfois dans le brouillard le plus complet !
On fait une pause et on mange un "dix heures", histoire de tenir jusqu’au sommet.
AàG grogne que "c’est le métro" et il y a effectivement pas mal de gens, dont beaucoup arrivent en sens inverse. On suppose qu’ils sont montés en téléphérique et qu’ils effectuent une boucle à pied pour redescendre.
Nous avons été surpris de constater que certaines sonnailles étaient de vraies petites cloches plutôt que les habituelles clarines de section ovale, davantage trapues et bombées.
Quelque part, heureusement qu’il n’y a pas de soleil, car déjà sans cela la montée donne bien chaud !
Mais tout de même, là c’est un peu exagéré… cette rando réputée pour ses beaux panoramas ne nous laissera pas un souvenir impérissable vu les conditions météo !
Finalement nous aurions peut-être mieux fait de quitter la région d’Oberstdorf ce matin, comme initialement prévu…
Le sommet est en vue, enfin quand je parle de vue… et il commence même à pleuviner
Sous la croix il y a une boîte métallique avec un stylo-bille et un livre, nous y trouverons des petits mots dans toutes les langues et des dessins. Nous y laisserons une surprise pour les suivants ^^
Il est 13h, les estomacs grondent mais AàG ne veut pas manger ici, trop venteux et puis trop de va-et-vient : "rhaaa, et voilà, encore un métro ! non mais regarde-moi ça !". Oui c’est toujours difficile psychologiquement pour AàG de se rendre compte que la montagne n’est pas à lui seul
Nous suivons au hasard un sentier barré (on ne s’en rendra compte qu’au retour, on est lent à comprendre) accédant à un point de vue complètement envahi par la végétation, qui se révélera être un vrai petit coin de paradis ! Il s’y trouve un banc fixé à un rocher (mais les attaches ne tiennent plus très bien) et muni d’une boîte aux lettres. La clé pend à une cordelette, et lorsqu’on ouvre la boîte aux lettres on y trouve à nouveau un livre qui témoigne des passages et de l’histoire du lieu
A la redescente on ne croise plus personne si ce n’est quelques écureuils qui jouent avec élégance à Tarzan dans les pins. L’un d’eux se laissera admirer d’assez près
Manifestement les gens qui sont montés en même temps que nous ce matin effectuaient une traversée, sans doute rejoignaient-ils le haut du téléphérique.
Toutes les traces des bâtons de marche… la fréquentation de ce site a vraiment traumatisé AàG.
Nous redescendons à notre aise et arrivons à la voiture vers 17h. On va jusqu’à la "klamm" de Tiefenbach mais c’est touristiquisé à mort. Pour résumer, disons qu’il est trop tard pour visiter et trop tôt pour frauder
Nous retournons à Oberstdorf pour voir le saut à ski, car hier durant notre recherche de logement AàG y a vu des skieurs s’entraîner… mais ce soir il n’y a personne au tremplin de Schattenberg (Schattenbergschanze).
Cela dit, même vides, ces installations sont impressionnantes avec leurs 90m et 120m de haut !
Le centre piéton d’Oberstdorf possède des choses aussi charmantes que ces pots de fleurs et des choses aussi horrifiantes que ces plaques d’égout publicitaires
Jusqu’où ira cet envahissement ? Nous mettrons un point d’honneur à ne pas fréquenter ces établissements !
Et en parlant marketing, cette enseigne nous a bien fait rire
Un peu plus loin nous trouverons un excellent et sympathique petit restaurant familial où nous achèverons notre soirée, bien fatigués de notre journée.
Le musée Zeppelin à Friedrichshafen, puis Hagnau, Unteruhldingen et Meersburg
Que ça fait du bien de dormir dans un doux lit, dans le noir et le silence, sans le stress de savoir qu’un réveil est programmé… *soupir d’aise*
Ce matin nous faisons route vers Friedrichshafen pour visiter, non pas le centre-ville qui ne nous attire guère, mais le musée Zeppelin. Nous nous garons dans un parking à étages dont le rez-de-chaussée est un supermarché… où nous avons fait le plein de Schoko-Muesli Kölln !
Je ne vous dis pas le nombre indécent de sacs de 2kg que j’ai embarqués (une partie était destinée à être donnée, ça c’est pour se donner bonne conscience
) mais sachez que nous avons eu du mal à les porter jusqu’à la voiture !
Non les "frauenparkplatz" ne sont pas des places de parking plus larges, même si manifestement cette dame en aurait eu besoin
Ce sont des emplacements qui sont placés plus près des bâtiments (en surface) ou des entrées (en souterrain), et qui sont souvent dans le champ d’une caméra de surveillance, afin d’améliorer la sécurité (et surtout le sentiment de sécurité) des femmes.
L’entrée du musée m’a bien fait rire, avec sa tonne d’interdictions qui se retrouvent sur le billet :
Il était donc interdit de photographier et je ne peux que vous scanner les deux autocollants que nous en avons ramenés !
Une petite partie d’un zeppelin a été reconstituée à l’intérieur, c’est impressionnant. Nous ne sommes sortis de là qu’à 13h passées et encore, nous aurions pu y rester plus longtemps…
Nous décidons de sortir de la ville et d’aller pique-niquer plus au sud, dans une zone naturelle fléchée "Ried". Nous ne comprendrons que par la suite que cela signifie roselière et qu’il ne faut donc pas espérer s’y promener ! ^^’
Nous allons ensuite à Hagnau, charmant petit village qui nous a enchantés ! Déjà rien que les bornes incendie et les poubelles (cfr. plus loin) valent la peine d’être vues
Il y en avait encore bien d’autres, je vous ai mis mes préférées
La ville est aussi parsemée de sculptures – et de magasins, mais ça reste relativement artisanal donc supportable.
Une petite église en passant, avec un plafond à caissons qui me rappelle un peu le vinyle des années ’70 qui tapissait la cuisine de mes parents
Il y a également des vignes et un magnifique pressoir à raisins datant de 1747.
C’est le dernier des 26 pressoirs qui existaient à Hagnau. Il a été utilisé pour la dernière fois en 1956.
Si j’ai bien compris le panneau explicatif, on pouvait y écraser 9 tonnes de grappes de raisin à la fois et le poids propre des poutres (troncs !) est de 10 tonnes.
Il y a un bel espace vert le long du lac de Constance, avec pas mal de touristes mais ça reste respirable.
Vue sur le village et la tour de l’église.
Quelques canards et poules d’eau squattent les ruines de l’ancienne jetée.
Une petite session photo sur le tuning de poubelles à Hagnau, ça peut vous paraître étrange mais je vous assure que ça en vaut la peine !
On s’est payé une bonne tranche de rigolade quand on est tombé sur ce troupeau de poubelles "maquillées"
On ne le voit pas bien mais les zones bleues sont couvertes de paillettes et d’étoiles dorées
Outre la voiture de police en 3D, de l’autre côté on a droit au nain en décapotable.
J’apprécie beaucoup ce genre d’initiatives qui rendent la ville plus humaine
Nous quittons à présent Hagnau pour aller à Unteruhldingen. Le parking y est compliqué (et payant bien sûr, je préciserai plutôt si par extraordinaire c’était l’inverse !), nous avons de la marche à faire avant de revenir au lac.
Ils y ont reconstitué des habitats sur pilotis et cela m’intéresserait de les visiter, mais le prix est rédhibitoire et il y a obligation de prendre une visite guidée de 3/4h (uniquement en allemand) en groupe, même si nous n’y comprenons goutte… Tant pis, nous les verrons seulement depuis la plage.
Nous hésitons à louer un pédalo (il y en a un super en forme de voiture de police, AàG est tout fou !) en guise de pied-de-nez mais finalement, nous abandonnerons l’idée.
Vous noterez les courageux qui se baignent malgré le manque de soleil et l’heure tardive
Le soir tombe et nous filons à Meersburg, jolie petite ville en pente, très touristique et réputée pour son château-fort qui domine la ville basse et aurait été construit par le roi Dagobert !
Nous hésitons à prolonger d’un jour notre séjour au Bodensee car le château donne fortement envie de le visiter, or c’est déjà notre dernière nuit ici… mais il y a aussi tant d’autres choses à voir après, en Bavière ! C’est difficile de faire un choix mais finalement nous partirons comme prévu.
Cette jolie maison à colombages est en fait un moulin à eau.
La roue à aubes est toujours en fonctionnement
Une des portes de la vieille ville :
Et dire que nous sommes garés tout en haut de la ville haute… j’ai déjà mal aux pieds rien que d’y penser
Nous cherchons un endroit où manger, il y a énormément de boutiques et de petits restaurants.
Finalement nous atterrirons à l’ancienne poste, dans la ville basse, où le repas fut moyen.
Nous remontons par un petit sentier piéton à flanc de colline, longeant un domaine viticole.
Les lampadaires s’allument, la musique d’un violoniste passant de resto en resto nous parvient…
Nous profitons d’avoir encore un peu de lumière pour nous promener dans une autre partie de la vieille ville. Les rues se font désertes.
Les villes du coin auront toutes ce côté coquet et soigné (qui nous fait souvent défaut !)
Il n’y a pas à dire, les colombages ça donne tout de suite du charme à un quartier
Les peintures murales aussi, enfin il faut aimer les lettres en gothique ^^
Partout il y avait de ces plantes grimpantes (bignones ?) partant à l’assaut des façades, je n’ai pas compris comment elles survivaient avec si peu d’espace entre les pavés !
La porte de la ville haute, vue de l’intérieur et de l’extérieur, presque à l’heure bleue :
Bon je sais pas vous, mais moi je suis fatiguée… il est temps de rejoindre un lit douillet !
Trajet en voiture depuis la Belgique, visite de l’île de Reichenau, de Constance et sa cathédrale, petit tour à Radolfzell
Je résume les deux premiers jours en une seule note, le premier étant consacré à la route.
A peine partis de chez nous, nous tombons dans un monstrueux embouteillage sur l’E411… ça commence bien ! On a l’impression qu’on ne parviendra jamais à destination. Mais une fois la frontière passée, le trajet se déroule beaucoup mieux et nous arriverons sans problème dans un petit village faisant partie de Meersburg, un peu en retrait du Bodensee (lac de Constance). La veille (mieux vaut tard que jamais !), nous avions pu y retenir une chambre par l’intermédiaire de ma mère qui parle allemand.
S’il y a une citation à retenir du trajet, ce sera AàG plaisantant devant le nombre de panneaux mentionnant ce nom : "Toutes les routes mènent à Ausfahrt"
(ausfahrt signifiant "sortie" en allemand)
La logeuse ne parle pas un mot d’anglais mais avec mes quelques mots d’allemand, mes souvenirs de néerlandais et le langage universel des mains, nous parvenons à nous comprendre
Nous mangerons tout près, à Ahausen, dans un petit restaurant tenu par un ex-Strasbourgeois établi depuis près de 40 ans en Allemagne. AàG n’avait pas tout compris, aussi à la fin du repas quand le patron vient nous saluer, il s’exclame admiratif "Vous parlez vraiment très bien français !"
Comme il n’y a pas de petit déjeuner inclus, nous nous permettons le luxe de ne pas mettre de réveil. Étant donné la présence de volets et l’extrême calme de cette habitation, ni lumière ni bruit ne nous réveilleront et nous dormirons comme des loirs durant tout notre séjour dans cette chambre. Ça tombe bien car nous avions pas mal de sommeil à récupérer…
–
Le temps est couvert ce matin, nous n’aurons pas un beau ciel bleu pour illuminer le lac. Les couleurs des photos seront ternes mais au moins il ne pleut pas !
Une cafetière nous permet de parer au plus pressé (donner de la caféine à AàG ! vital !) et ensuite nous allons choisir quelques douceurs dans une boulangerie où la vendeuse a l’air particulièrement dépressive. En route vers Reichenau Insel, également appelée l’île aux légumes. En effet, le microclimat permet une importante culture maraîchère et fruitière sur cette île de 4.3km².
La route est continue, on ne se rend pas vraiment compte que c’est une île car Napoléon III fit construire une digue jusqu’à la terre ferme. Des allées de peupliers bordent la route et la piste cyclable.
Nous nous garons à Mittelzell, le plus gros des trois bourgs de l’île. Nous faisons le tour extérieur de l’abbaye Sainte Marie (Münster St. Maria und Markus) et son jardin de simples, la visite de l’intérieur sera pour plus tard (nous sommes dimanche matin).
Nous prendrons un chemin de promenade jusqu’à la pointe nord-ouest de l’île. Le plus souvent nous longeons le lac. Il y a des arbres magnifiques, et certains semblent nous suivre du regard…
De temps à autre un coureur portant dossard nous dépasse. Des hauts-parleurs au loin crachent leurs encouragements et les noms des arrivants au relai. J’ignore combien de tours de circuit ils doivent faire, des gens leur tendent des gobelets d’eau et des éponges dégoulinantes qu’ils prennent sans ralentir et jettent quelques mètres plus loin.
J’ignorais qu’il y avait des espèces de crocus à floraison automnale, aussi cela m’a surprise de tomber sur cette prairie fleurie !
Dans une véritable mer de choux, nous apercevons l’église Saints Pierre et Paul à Niederzell
Ces anciennes peintures murales datent du début du XIIe siècle. Une chapelle transformée en musée est également visitable. Nous nous enfuyons lorsqu’un car de touristes arrive.
Reichenau possède un très riche et long (plus d’un millénaire !) passé monastique. On peut encore admirer trois églises bâties entre les IXe et XIe siècles. L’île est classée au patrimoine mondial de l’humanité.
Le sentier continue au milieu des pommiers, poiriers, noyers, cognassiers, pruniers, etc. mais aussi des plants de tomates, des choux, des salades, des vignes, etc.
Le maraîchage est omniprésent et nous penserons souvent à Delf & Fred durant cette journée ! Les serres (où nous verrons notamment des aubergines) alternent avec les champs, c’est un peu mélancolique sous le ciel gris mais non dépourvu de charme…
Voilà des photos bien de saison ! Certaines variétés de courges sont rigolotes avec leur petit chapeau, leurs "pustules" ou leurs formes exta-terrestres
Pour terminer cette série de légumes, les splendides artichauts fleuris…
Souvent au bord de la route on trouve une petite table avec des raviers remplis de prunes à vendre, ou autre récolte… Parfois quelqu’un attend à côté, souvent une simple tirelire est là pour recueillir les sous des honnêtes passants acquéreurs ! Je n’oserais jamais imaginer ça chez nous, hélas
Nous pique-niquons sur un banc entourant le tronc d’un arbre majestueux. C’est la fin du wynendaele que nous avions emporté, ouf, il commençait à empuantir le coffre !
Un petit détour aux toilettes (d’un état irréprochable et dans lesquelles se trouve la liste des autres toilettes publiques de l’île si on a envie de toutes les visiter !) et ensuite nous retournons vers l’abbatiale Sainte Marie.
La nef est large et très sobre avec ses piliers carrés et ses voûtes romanes. Son plafond est un berceau en bois.
Plusieurs détails tranchent avec cette apparente simplicité, comme la grille en fer forgé très ouvragée, ou encore le plafond.
Le chœur est très plaisant avec son style gothique flamboyant. Paradoxalement c’est la partie la plus ancienne de l’église : il fut consacré en 816 (la nef date quant à elle du XIIe siècle).
J’ai bien aimé balancer le bénitier, en bronze (?) tout comme les fonts baptismaux.
Une copine qui nous attendait dehors
Nous n’avons fait que passer à Oberzell, nous n’avons donc pas visité la 3e église, St-Georges.
Nous partons à présent pour la ville de Constance (Konstanz) et trouvons sans peine à nous garer dans un parking périphérique (gratuit le dimanche). Il y avait là plusieurs vélos personnalisés de bien sympathique manière, je vous présente le vélo girafe
Constance a été fondée par les Romains. Elle a subi peu de dégâts durant la dernière guerre du fait de la Suisse voisine.
Nous déambulons dans la vieille ville piétonne. Les façades peintes sont légion.
Il y a de très originales fontaines dans Constance. Voici la Karl Steuer Brunnen, fontaine en bronze dédiée à Karl Steuer. Elle fut créée par Grabert sur le thème du carnaval (inauguration en 1998).
La cathédrale Notre-Dame de Constance (Konstanzer Münster) n’était pas aisée à photographier, pour l’extérieur je vous renvoie à cette photo (wikipedia).
Ses pierres en grès ont fort souffert de la pollution. Durant ces 20 dernières années les rénovations se sont succédées.
Voici la nef avec ses massives mais néanmoins élégantes colonnes. Taillées d’un seul bloc, leur grès provient de Rorschach (le lieu, pas le psychiatre
). L’orgue vient de Bonn et date des années ’50.
Durant toute la belle saison, les plateformes des tours sont accessibles aux visiteurs. On voit même un peu les cloches au passage
Cela donne un beau panorama sur la ville :
On peut même encore monter d’un cran via l’escalier ci-dessous, et ainsi accéder aux "balcons" de la tour.
Nous avons vu un zeppelin se promener dans les cieux, ça avance vite !
Nous croyions que ce pont sur le Rhin constituait la frontière avec la Suisse, mais si on en croit les cartes il y a encore un tout petit bout de territoire allemand de l’autre côté.
Sur cette dernière photo, on aperçoit le sommet de la Tour du Rhin (Rheinturm), dont vous trouverez une belle photo ici (prise de la rive opposée).
A présent rejoignons le plancher des vaches !
Nous avons marché jusqu’au Rhin et ensuite longé l’eau jusqu’au port de Constance. Le ciel s’était dégagé et les terrasses étaient bondées. Nous n’avons pas pris de photo de l’imposante statue tournante Impéria, qui à notre avis défigure le port plutôt que l’embellir.
Dans le parc et dans la ville, plein de barrières et d’animations : un triathlon a lieu… décidément, c’est la journée ! AàG, voyant passer plein d’enfants avec des ballons remplis d’hélium (cette hérésie), ne put résister à la tentation et chercha partout où était le stand qui en distribuait !
Pour en terminer avec Constance, voici quelques images qui donnent une vision (partielle) de la fontaine de l’empereur (Kaiserbrunnen – vue générale). Avec son côté ludique et irrévérencieux, je l’ai adorée
Lapinou à tresses avec queue de poisson
Les artistes Barbara & Gernot Rumpf y ont caché plein de références au passé de Constance, par exemple le paon à trois têtes représente l’église avec ses trois papes (cfr. le concile de Constance qui mit fin au grand schisme d’occident au XVe siècle).
La fontaine proprement dite date de 1897 et fut conçue par Hans Bauer. Elle "a perdu ses statues d’origine dans les années ’40" comme il est pudiquement fait état sur les sites d’information touristique. On peut imaginer que la guerre n’est pas étrangère à cette perte.
A ceux qui se rendent à Constance, je signale l’existence d’un fichier pdf proposant deux tours de la ville avec les explications s’y rapportant (en français).
Nous nous rendons ensuite à Radolfzell, petite ville située sur la partie du lac de Constance nommée Untersee et même plus précisément Zellersee. Le ciel est à présent radieux !
Avant de visiter l’église, AàG lâche son ballon… qui s’est accroché et a bien failli rester prisonnier avant de finalement s’envoler pour de bon.
Comme l’a doctement fait remarquer une fillette de 8 ans qui le connaît bien : "AàG c’est comme un enfant mais en plus gros" (sic)
Pour rejoindre le lac nous devons traverser la gare, zone pas très intéressante. La lumière est devenue magnifique et beaucoup de monde profite de ce soleil qui fut le grand absent de la journée. Nous avons faim mais nous avons envie de rester ici, AàG va donc chercher des pizzas pendant que j’attends qu’un banc se libère !
On a eu la "vaisselle" nettoyée gratos
A un endroit de la rive, des galets ont été assemblés en sculptures verticales. Cela forme des cairns très aériens, c’est joli.
Le soleil se couche sur le lac, et c’est simplement beau.
Nous faisons une longue promenade digestive jusqu’au cap sud-est mais nous ne parviendrons pas au bout de la pointe, la lumière diminue trop, il faut songer à faire demi-tour avant que la nuit ne tombe complètement.
Ça traîne un peu sur le retour, le mal de pieds se fait sentir car nous avons pas mal crapahuté sur le bitume aujourd’hui et je n’avais pas mis mes chaussures de rando.
Nous arrivons juste à temps pour saisir la tour de l’église à l’heure bleue…
Sur la route du retour, je me ferai arrêter par la Polizei pour un contrôle des papiers. Tout juste 24h qu’on est là, ça ne traîne pas
A quelques kilomètres de notre destination, notre petite route de campagne est soudain barrée. Heureusement je ne roulais pas trop vite car dans la nuit, ça surprend ! Nous avions déjà remarqué non sans perplexité ces grandes barrières. Quel but servent-elles ? Aucune idée. Nous avons fait beaucoup d’hypothèses là-dessus : route inondable ? migration de batraciens ? réquisition pendant les récoltes ? neige ? circulation locale uniquement entre certains heures ? Mystère et boule de gomme !
Un horaire est indiqué sur un panneau, mais malgré qu’on était dans la ‘mauvaise’ plage horaire elles étaient grandes ouvertes la veille lorsque nous étions passés. Pourquoi est-ce différent aujourd’hui ? Avant de faire demi-tour et de s’en remettre à Josette (notre GPS), je teste une possibilité qui m’est venue à l’esprit : j’avance le nez de la voiture tout contre la barrière… et magie, elle s’ouvre
Bon je n’y comprends toujours rien mais au moins nous dormirons dans notre lit ce soir !
Ne me regardez pas avec ces grands yeux comme ce collègue italien incrédule qui me répétait "Quoi, tu vas aller en vacances en Allemagne ??" Ben oui
J’espère parvenir à faire tomber quelques préjugés (même si j’en renforcerai sans doute d’autres !)
Comme les expériences des autres sont toujours utiles quand on prépare un voyage, je publie ici les chiffres concernant le budget, le coût de la vie locale, et quelques autres informations facilitant la vie des touristes. Vous pourrez trouver les détails dans les comptes-rendus journaliers au fur et à mesure que je les publierai (voir l’onglet ‘index des voyages’).
Nous avons visité la bande extrême sud de l’Allemagne, aussi bien côté Ouest avec le Bade-Wurtemberg (lac de Constance) que côté Est avec la Bavière. Juste une précision : si vous vous intéressez aux châteaux, passez votre chemin, nous n’en avons pas visités… Lire la suite »







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