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Pour faire suite – avec retard – aux commentaires de la note précédente ainsi qu’à la note de Saturnas, voici nos nichoirs à abeilles solitaires :

Les osmies ont déjà pondu dans une trentaine de trous.
Ci-dessous, les trous qu’elles font dans la terre :

AàG a également fait des nids à bourdons et à forficules avec des vieux pots de fleurs.

Le cotonéaster fait le bonheur de tout ce petit monde, ça bourdonne en permanence là-dedans !

Voici les liens utiles pour aider ces insectes (ils en ont bien besoin !) : le site de la cabane de Tellus, un pdf de la LPO et un autre de l’INRA.

Celui-là s’est posé sur le dos de Roro, qui en a été assez effrayé ! Comme il était beaucoup plus lent que ses compères, j’ai pu en faire de beaux gros plans nets où on voit même sa trompe (ou sa langue ?).

En parlant de Journées de ceci ou cela, voici que notre planète a droit non pas à sa “journée”, mais à son “heure”… C’est vraiment pingre, oui je sais, mais c’est déjà un beau progrès si l’on considère qu’auparavant c’étaient seulement 5 minutes !

Cette action aura lieu le samedi 28 mars à 20h30. C’est “l’occasion pour les citoyens d’envoyer un signal fort à nos dirigeants en montrant de façon symbolique et visible leur implication et leur demande de changement” selon Serge Orru (WWF-France).

Lorsque les dirigeants se réuniront pour négocier un nouvel accord sur le climat, ils devront sentir que le monde entier a les yeux braqués sur eux. La crise économique a montré que le monde peut s’unir et prendre des mesures en temps de crise. Nous avons besoin de mettre la même énergie et les mêmes moyens face à la crise climatique qui est devant nous” ajoute Serge Orru.

Plus de détails sur cette page. Pour passer de la version belge à la version française, il suffit de changer le be en fr… Je ne vous engage pas à vous enregistrer sur le site du WWF par contre : profiter de l’occasion pour faire une collecte d’informations personnelles, non merci.

Avis à tous ceux qui seront demain du côté d’Orléans, Tours, Bourges, Blois, Vierzon…
Ce lundi 2 février à midi aura lieu une manifestation de soutien en forme de pique-nique à la ferme de Ste Marthe à Millançay (Loir-et-cher) : plan d’accès.

Extrait de l’appel de Philippe Desbrosses :

Nous manifesterons avec dignité, dans le calme et la bonne humeur en accrochant un petit coeur rouge en carton à nos vêtements pour nous reconnaître entre amis. Des artistes et des personnalités de toutes tendances nous accompagneront.
La réalisatrice Coline SERREAU sera présente avec sa troupe de chanteurs et de comédiens.
Nous lancerons à cette occasion une pétition de soutien avec un collectif d’associations et plusieurs grandes O.N.G.
Le but est d’éviter que la plus importante coopérative agricole de France anéantisse mon entreprise, pionnière depuis plus de 30 ans en Agriculture Biologique, et détruise les emplois des 24 salariés qui y travaillent, tout en ruinant ma famille.

L’existence de cette ferme bio est mise en danger par la mauvaise gestion d’un dossier par le conglomérat agro-industriel LIGEA-AGRALYS (anciennement Franciade). Malgré un pourvoi en Cassation (jugement en juin prochain), la sentence est applicable immédiatement. Cette sentence consiste à rembourser des aides de l’Union Européenne car la Ferme était caution solidaire de la coopérative qui a perçu ces montants et a mal géré le programme pour lequel ils étaient alloués.

La ferme risque donc d’être saisie et mise en vente par les huissiers dès aujourd’hui, alors que le jugement en cassation lui donnera peut-être raison dans quelques mois !!

Je résume ici grossièrement mais tous les détails de cette triste histoire sont sur le blog de Delf.
Merci de faire circuler cette information même s’il est trop tard pour assister à cette manifestation de soutien, car ce n’est que le début de la mobilisation.

edit>Des nouvelles de la manif de lundi.

Voilà une idée originale lue chez Dilettante, qui propose une “écotaxe” volontaire sur les objets inutiles que nous achetons – ou acceptons. Plus de détails ici. Je trouve qu’il y a de l’idée…

Après, l’argent de ces taxes, vous en faites ce que vous voulez. Cela peut être seulement virtuel, c’est-à-dire servir juste de baromètre. Ou bien vous pouvez utiliser cet argent pour de bonnes œuvres, pour la recherche, que sais-je. C’est vous qui décidez, contrairement aux taxes que vous prélève le gouvernement…

Le but est simplement de prendre conscience – et garder à l’esprit – que le “pouvoir d’achat” sert en partie non négligeable à cela : acheter de l’inutile. Il faut donc se motiver à combattre en permanence l’influence du marketing sur nos (en)vies.

Halte au “j’achète donc je suis” ! En cette période de Noël, mais aussi le reste de l’année…

Préambule : désolée pour le nombre de liens dans cette note, mais il est difficile de faire un compromis entre lisibilité/longueur de la note et “exhaustivité”/nuance des informations sur ce sujet qui prête à polémique.

Les îles Féroces, ce sont bien sûr les Féroé. Le sujet avait déjà été évoqué dans les commentaires de cette autre note il y a un an et demi, en parlant du massacre des dauphins par le Japon. Ici ce n’est pas de l’autre côté de la planète, c’est juste à côté de chez nous. Les 18 îles Féroé (en féringien : Føroyar, en danois : Færøerne) appartiennent au Danemark… mais ne jetons pas la pierre aux Danois pour autant ! Ces îles possèdent leur propre gouvernement et ont une très large autonomie.

J’en parle aujourd’hui car 006 m’a envoyé un lien vers un article de Marianne évoquant cette tradition barbare : chaque année, les îliens massacrent des dauphins jusqu’à en rougir la mer. Ce rituel séculaire, auquel assistent aussi des enfants, est dénoncé depuis longtemps par différentes organisations : dès 1983 la Sea Shepherd (considérée par certains comme une organisation “éco-terroriste”) avait tenté de s’y opposer.

En 1985, le Sea Shepherd II devient le premier navire de protection de la nature à venir s’opposer au massacre des globicéphales perpétré aux Îles Féroé. Le Capitaine Paul Watson et son équipage rencontrent alors le Premier Ministre des Féroé et le préviennent que la Sea Shepherd Conservation Society va lancer une campagne contre le massacre illégal des globicéphales.

En Juillet 1986, le Sea Shepherd II lève l’ancre et part en direction des îles Féroé pour témoigner du massacre et perturber la chasse « sportive » au globicéphale. Le Capitaine envoie 5 membres d’équipage parlementer avec le gouvernement. Ceux-ci sont arrêtés et maintenus prisonniers sans charge. Le Sea Shepherd II refuse de quitter les eaux féroïennes tant que les détenus ne seront pas relâchés. Les féroïens répondent par des attaques au gaz lacrymogène et au fusil. Paul Watson voit passer une balle à moins d’un pouce de sa tête et ordonne alors à son équipage de se défendre à l’aide des lances à eau et des canons chargés de garniture pour gâteau au chocolat et pour tarte au citron. Les assaillants féroïens sont humiliés et le Sea Shepherd II parvient à prendre la fuite avec nombres de documents témoignant du massacre des cétacés et d’une intense confrontation. L’incident est retransmis au travers d’un documentaire primé, produit par la BBC, intitulé « Black Harvest » (NdDDC : “Moisson Noire”).

(…)

En juillet 2000, l’Ocean Warrior navigue jusqu’aux îles Féroé pour s’opposer au massacre annuel des globicéphales. Encore une fois, cette chasse fait la une des médias en Europe. Sea Shepherd organise une pression économique sur les entreprises qui, comme le géant Unilever, achètent encore des produits de la mer en provenance des Féroé (90% de leur économie). Plus de 20 000 commerces européens mettent un terme à leur contrat avec les Féroé sur demande de Sea Shepherd.

Dans l’article de Marianne, les photos de ce loisir sanguinaire sont dures mais, en tant qu’images figées, je les trouve plus “supportables” (si je puis dire !) que la vidéo japonnaise. Elles semblent curieusement dater de 2005 (j’ai essayé autant que faire se peut de recroiser les informations mais ce n’est pas toujours évident). Les photos se trouvent à la fin de l’article donc vous pouvez aller le lire sans crainte. Je relaie seulement une vue d’ensemble, pour montrer l’ampleur de ce massacre : de l’ordre de 1500 à 2000 cétacés, dont une majeure partie globicéphales, en seraient victimes chaque année.
Si vous cherchez “grindadráp” dans flickr vous trouverez de nombreuses autres photos qui témoignent de cette boucherie…

feroe

A noter, le commentaire de Jean-Paul (n°43) dont voici un large extrait car je le trouve très intéressant :

On remarquera en passant que les images sont estampillées “lail-alsahara.com”, site saoudien. On aura donc compris qu’il s’agit de la réponse du berger à la bergère autour de la fête de l’Aïd el Kebir, où on montre que les Vikings peuvent se comporter avec des cétacés comme les musulmans avec les moutons. Ironie du sort, Féroe (Føroyar) veut dire “îles des moutons”.
(…)
L’archipel Féroé est danois. Mais il s’agit (comme le Groenland) d’une région autonome, avec son drapeau, son gouvernement et son parlement locaux, qui ne fait pas partie de la Communauté Européenne (à l’instar de nos Territoires d’Outre Mer). En fait les Féroé ont choisi de ne pas faire suivre le Danemark dans l’UE pour ne pas être soumises aux règles communautaires sur la pêche. Il existe dans cet archipel de 48 000 habitants un fort courant politique indépendantiste.

Comment réagir ?
Il faut savoir que cette pratique fait l’objet de protestations depuis 1984. Ces campagnes ont probablement eu certains effets : le harpon de chasse (avec lequel on hissait l’animal sur le bateau) a été interdit par les autorités féringiennes en 1986, la lance (avec laquelle on tirait un des globicéphales vers le rivage pour attirer le groupe) a été interdite en 1995, les crochets pointus, avec lesquels les hommes dans l’eau agrippaient les animaux n’importe où pour les échouer sur le rivage, ont été remplacées à partir de 1998 par des crochets émoussés agrippant l’évent.
Les Féroé ont mis en place une page internet http://www.whaling.fo/thepilot.htm (pilot whale = globicéphale), pour expliquer et justifier cette chasse.

On peut continuer à agir :
(…)
- En protestant auprès :
(…)
* et surtout des autorités féringiennes :
- le bureau du Premier Ministre
Løgmansskrivstovan
Tinganes
Postboks 64
FO- 110 Tórshavn
Faroe Islands

Fax: +298 351015
mail: info@tinganes.fo
et lms@fl.fo (Dpt des affaires étrangères)

- Le Parlement
Føroya Løgting
Tinghúsvegur 1-3
Postboks 208
FO- 100 Tórshavn
Faroe Islands

Fax : +298 363901
mail : logting@logting.fo

Pas besoin d’en mettre une tartine, ils ont l’habitude, une petite phrase suffit, genre :
« I ask the Faroes to stop the slaughter of pilot whales, which is unacceptably cruel, and is no longer a necessary food source for the population.
Sincerely
»

Certains comparent cette cruelle tradition avec celle non moins exécrable de la tauromachie. J’ignore si le nombre de victimes est comparable mais au moins une chose ne l’est pas, à mon sens : la fragilité de l’espèce.

Extrait du site de la Swiss Cetacean Society (oui je sais ça fait bizarre que ce soit suisse !) :

Pour des raisons de traditions, il ne se passe pas une saison sur les Iles Féroé sans que des bateaux à moteur encerclent les globicéphales (Globicephala melaena) passant à proximité des côtes, pour les ramener dans une baie peu profonde. Ils sont ensuite attrapés puis tirés sur la plage au moyen de longues gaffes munies d’un crochet leur infligeant de profondes blessures, souvent aux yeux ou dans l’évent. Les chasseurs s’efforcent ensuite d’achever l’animal au couteau, lui sectionnant la carotide et la moelle épinière en tranchant profondément juste derrière l’évent. Mais fréquemment ils n’y parviennent pas et l’agonie se prolonge alors plus de 15 minutes. Le reste du groupe assiste au massacre, et les cétacés saisis d’une terreur panique s’infligent quantité de blessures supplémentaires. La totalité d’un troupeau de globicéphales, femelles enceintes et petits confondus, est ainsi exterminée au cours d’une prétendue “manifestation folklorique”. Les dauphins qui accompagnent fréquemment les globicéphales sont eux aussi massacrés sans merci.

Pour la seule année 1996, 1′392 globicéphales et 324 dauphins bleus et blancs (Stenella coeruleoalba), une espèce pourtant protégée, ont trouvé la mort de cette façon abominable. Ce véritable bain de sang va à l’encontre de la législation internationale protégeant les mammifères marins (Conventions de Berne et de Bonn); quant aux quelques dispositions prises dans la législation locale, les habitants de Iles Féroé semblent n’en avoir cure.

On se doit certes de respecter les traditions des autres peuples, mais à considérer celles-ci isolément, nous négligeons gravement nos devoirs envers le monde végétal et animal. De surcroît, la chasse au globicéphale telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui n’a vraiment plus grand chose à voir avec une quelconque tradition : entre les hors-bord super rapides, sonars, échographes, appareils radios et autres moyens high tech utilisés actuellement pour traquer le cétacé, on ne lui laisse plus aucune chance. Depuis l’encerclement des animaux en haute mer jusqu’au massacre dans la baie, où ils assistent impuissants à la mise à mort de leurs congénères, nageant littéralement dans leur sang en attendant leur tour, il s’écoule plusieurs heures d’une brutalité sans nom.

Vous êtes horrifiés, révoltés ? Alors s’il vous plaît regardons une petite minute dans nos propres assiettes… Nous en avons moins conscience, c’est (rendu) moins visible, c’est sans doute moins impressionnant qu’une mer de sang et ce sont des bestioles moins “mignonnes” que les dauphins dont on vante qui plus est particulièrement l’intelligence, la sociabilité, la sensibilité, la richesse du langage, etc. Mais fondamentalement, ce qu’il se passe dans notre assiette n’est pas si différent.
Pour ne pas encourager cela, mangeons moins (ou pas) de viande et de poisson, et évitons le plus possible les élevages industriels (l’un dans l’autre ça se compensera au niveau du portefeuille)…

Mon but en concluant ainsi n’est pas de culpabiliser qui que ce soit, mais de rendre conscient que la grande majorité des poules, boeufs, veaux, agneaux, poissons, etc. que nous mangeons sont traités et tués avec la même indifférence.
Je ne suis personnellement pas “100% végétarienne” et ne le deviendrai peut-être jamais, mais je crois qu’en consommant autrement on peut changer beaucoup de choses… sans doute plus qu’en signant les pétitions qui fleurissent en ce moment contre les îles Féroé, ce qui n’empêche bien sûr pas ceux qui le souhaitent de les signer ;-)

Vous en avez marre d’être réveillés le dimanche matin par des vendeurs de tapis ? Vous êtes un chanceux à qui on annonce régulièrement qu’il a gagné ceci ou cela, sans avoir jamais joué à rien ? Vous avez reçu la mini-cafetière gratuite qui remplit un tiers de tasse -et ne fonctionne que deux semaines- après vous être déplacés (en couple, condition obligatoire à un éventuel achat impulsif) jusqu’à un magasin de fauteuils en cuir suite à une invitation téléphonique ? Vous avez conscience qu’on vous “achète” vos données en échange d’une réduction ? (Ou pire, que vos amis “vendent” vos données dans le même but, tout à fait innocemment et bien sûr sans demander votre consentement ?)

Vous en avez assez des tonnes de courriers (ou courriels) de pub qui arrivent dans votre boîte sans même que vous sachiez où ces commerciaux ont trouvé vos données ? Avec les “désinscriptions” que vous êtes légalement autorisés à demander mais qui ne marchent quasi jamais, que ce soit par courrier, email ou téléphone…

Vous souhaitez que l’opt-in (adhésion sur base volontaire) soit instauré plutôt que l’opt-out (type “liste Robinson” ou autocollant antipub sur sa boîte aux lettres) ? Vous vous demandez combien de sociétés ont dressé votre “profil” de consommateur ? Et comment ils ont rassemblé toutes ces informations ? Et à qui ils les vendent ?

Exprimez-vous !

La Commission de la Protection de la Vie privée organise, via Internet, une enquête publique concernant le marketing direct en Belgique. Ca ne vous prendra que quelques minutes pour répondre. Et merci Yannounours pour l’information !

Depuis quelques mois, une dizaine d’associations préparent la création d’une plate-forme de vigilance et d’action sur la publicité dans l’espace public.

Intitulée “Vigilance Action Pub”, cette plate-forme a pour objectifs :
- de mener un large débat public et critique sur la place de la publicité dans la société et en particulier dans l’espace public
- d’obtenir des règles encadrant davantage les pratiques publicitaires
- de valoriser les alternatives au discours porté par la publicité commerciale

Pour que ce combat porte ses fruits, nous devons être très nombreux.
Rejoignez-nous !

Les membres actuels de la plate-forme ont adopté une charte fondatrice et un mode de fonctionnement démocratique.
Nous invitons toutes les associations et personnes qui adhèrent à nos objectifs de nous rejoindre et de participer à la 1ère Assemblée générale, le jeudi 2 octobre 2008 à 19h à Bruxelles, au café « l’Horloge du Sud » (rue du Trône, 141 – 1050 Ixelles).

Accès : bus 34, 38, 80, 95 – arrêt Parnasse. Train : 3’ à pied de la gare du Luxembourg ou 10’ en bus depuis les gares centrale et du midi.

Toutes les infos nécessaires sont sur le site de l’asbl Respire.

EDIT> Et rebelote ! Demain, samedi 23 août à 21h, n’oubliez pas d’allumer une lumière pour le Tibet…

Une bougie pour le Tibet. Pour la liberté.
Un geste de protestation simple et hautement symbolique.
Où que vous soyez dans le monde, montrez votre opinion.

Quelques actions parmi celles proposées par candle4tibet, où vous pouvez vous inscrire afin d’acter votre participation à cette manifestation et ainsi peser sur vos politiciens nationaux.

# Allumez une bougie le 7 août 2008 à 21h dans votre fuseau horaire (chez vous ou en public)
# Conduisez avec vos phares allumés le 8 août 2008
# etc. (voir site)

Je vous invite à aller lire et signer cette pétition. N’hésitez pas à la faire connaître autour de vous !

Le but est de parvenir à faire une étude objective sur les possibilités de financement d’une RTBF sans publicité commerciale… ce qui serait quand même la moindre des choses, non ?

C’est ce que dit Jane Goodall.
Voici des extraits de sa longue interview (3 pages) dans Le Monde par F. Joignot. Merci à Claire de m’avoir envoyé cet article !

Le docteur Jane Goodall a bouleversé les sciences de la nature, l’éthologie, toutes nos conceptions bornées sur les “animaux-machines” – de mauvais prétextes, dit-elle, pour les massacrer. Elle a mené en Tanzanie la plus longue enquête jamais faite sur les chimpanzés, vivant parmi eux, les étudiant jour et nuit.

Ses recherches, comme celles de Diane Fossey sur les gorilles et Frans De Waal sur les bonobos, ont fait reculer le “propre de l’homme“. Elles ont mis en évidence l’usage d’outils, une conscience de soi, le recours à des symboles, des formes de ruse, de politique et de culture chez les grands singes. Elles ont révélé que nous étions “le troisième chimpanzé“, leur proche cousin. Des découvertes qui rendent leur extinction annoncée encore plus odieuse.

Jane Goodall a été honorée pour ses travaux par la National Geographic Society, reçu la médaille Benjamin Franklin pour les sciences de la vie, le titre de “messager de la paix” des Nations unies, la récompense Gandhi-King pour la non-violence – et elle est officier de la Légion d’honneur française. Elle est l’auteur de plusieurs livres, essais et articles d’éthologie importants. Elle sillonne désormais le monde pour alerter l’opinion. Elle passe à Paris en cette fin janvier pour lancer un nouveau combat, défendu dans son dernier ouvrage paru : Nous sommes ce que nous mangeons (Actes Sud).

Dans son livre, Jane Goodall dénonce notre “boulimie” occidentale de viande. Elle en énumère les conséquences, comme l’avait déjà fait l’économiste Jeremy Rifkin dans son étude Beyond Beef (“Au-delà du bœuf“, Plume Books, 1993, non traduit). Les chiffres qu’ils citent effraient. 1,2 milliard de bœufs, vaches, veaux et moutons destinés à l’abattage vivent sur terre : 100 000 bovins sont abattus par jour aux Etats-Unis, 3 000 000 par an en France. Ce véritable continent d’animaux de boucherie, et la monoculture céréalière qui l’accompagne, occupent 25 % des terres cultivées planétaires. Un tiers des céréales mondiales nourrit le bétail que dévorent un demi-milliard d’Occidentaux trop gras.

Au Brésil, 23 % des terres arables vont à l’alimentation du bœuf exporté, au détriment du maïs et des haricots noirs, nourriture de base des paysans. 90 % du bœuf du Guatemala, pays en malnutrition, part aux Etats-Unis. 50 000 tonnes de bœuf passent chaque année de l’Amérique latine aux Etats-Unis.

Les conséquences ? L’obésité (…) L’eau gaspillée (…) Et le réchauffement planétaire (…) – une molécule de méthane accumule 25 fois plus de chaleur solaire qu’une molécule de CO2.

Beaucoup de grands poissons sont condamnés à court terme : elle en dresse la liste dans son ouvrage, au chapitre “Le pillage des mers et des océans“. D’après des enquêtes canadiennes récentes, le saumon boccacio, la raie tachetée, le chevalier cuivré, le colin, l’églefin, l’espadon, le capelan, le thon, la morue (ou cabillaud) sont tombés en Atlantique en dessous des 10 % de leurs populations de 1950.

Quand j’étais petite, la morue était considérée comme le pain de la mer . Elle était très bon marché. Nous en achetions dans les fish and chips et les emportions chez nous dans du papier paraffiné. Aujourd’hui, la morue est en voie d’extinction. Tout comme le saumon sauvage. Nous mangeons des saumons d’élevage entassés dans des fermes piscicoles où on les nourrit avec des petits poissons, décimés à leur tour. Ils attrapent des poux de mer qui se répandent hors des cages et exterminent les espèces sauvages. Ils présentent des ulcères, des maladies du foie, deviennent obèses. Les producteurs les traitent avec des antibiotiques et des hormones de croissance. Ils les inondent avec des colorants roses pour que leur chair soit présentable dans les supermarchés. Des études menées par la biologiste Angela Morton en Colombie-Britannique ont montré qu’ils sont infestés par des bactéries résistant à 11 antibiotiques sur 18.

Le docteur Jane Goodall ne se lasse pas d’égrener les absurdités associées à ce qu’elle appelle l’”agrobusiness”. “Prenez l’usage méthodique des semences à rendement élevé. Elles finissent par appauvrir dangereusement le patrimoine génétique des plantes mondiales. En 1970, dans toute l’Asie, les semences de riz ont été attaquées par un virus. Les scientifiques ont cherché partout une espèce résistante. Ils en ont trouvé une seule, dans une vallée indienne reculée. Aujourd’hui, cette vallée a été submergée par un projet hydro-électrique. Que se serait-il passé, si cela était arrivé avant ?

Quand elle parle des OGM, c’est pour mettre en garde. “De très nombreuses anecdotes montrent que les animaux ont une aversion naturelle pour les OGM. Ainsi les oies sauvages ne vont jamais dans les champs de colza à graines modifiées. En Amérique, des éleveurs ont constaté que les vaches préfèrent le maïs naturel au maïs Bt, les porcs dédaignent les rations OGM. Quant aux ratons laveurs, ils dévastent les champs bio, pas les autres. Pourquoi ? Ils développent des sens plus acérés que les nôtres. Une étude systématique réalisée en Grande-Bretagne par le chercheur Arpad Pusztai a montré que les pommes de terre Bt rendent malades les rats de laboratoire. Ce chercheur a été suspendu, puis, heureusement, réhabilité par la revue The Lancet.

Derrière sa critique de la nourriture industrielle, les animaux demeurent toujours au cœur de ses préoccupations. “Aux Etats-Unis, les produits chimiques agricoles tuent à peu près 67 millions d’oiseaux chaque année. En Iowa, on ne les entend plus saluer le printemps sur les terres cultivées. Silent spring, ” le printemps silencieux”, la prophétie de Rachel Carson, une des initiatrices du mouvement écologique des années 1960, semble en passe de se réaliser. C’est affreux…” Quand on oppose à Jane Goodall qu’il faut bien développer une agriculture intensive pour nourrir une population de six milliards d’humains, elle se fâche.
Je crois à l’avenir de la culture biologique.
– Mais cela ne suffira pas…
– Les jeunes générations comprennent, je le vois dans toutes mes conférences. Elles vont boycotter la nourriture industrielle, elles vont changer leur manière de se nourrir, et cela va gagner le monde…
– Vous voyez des signes d’optimisme ?
– Partout. En 1990, aux Etats-Unis, les consommateurs ont acheté pour 1 milliard de dollars d’aliments et de boissons issus de l’agriculture biologique. En 2002, ce chiffre atteignait 11 milliards. Que se passera-t-il en 2020 ? Résultat immédiat, de plus en plus de fermiers américains choisissent de se convertir aux méthodes biologiques. On comptait en 1997 485 000 hectares bio . Ils avaient doublé en 2004. C’est très encourageant. Il faut aussi voir les rendements. Pendant la sécheresse de 1998, les exploitations bio américaines ont donné des récoltes beaucoup plus abondantes que les fermes industrielles. Cela commence à se savoir… Même si notre vieux monde industriel, voué au profit rapide, ne change pas par préoccupation éthique ou par compassion pour les animaux, il devra bien évoluer ne serait-ce que pour survivre. Cela me rend optimiste !

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