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Moukmouk en a déjà parlé, voici encore de l’eau pour alimenter le moulin.
Extrait de La Libre :
(…)
Censée pulluler de façon temporaire et cyclique, la méduse est en train de s’installer durablement en Amérique du Nord, au Japon ou en mer Caspienne, au point de devenir invasive. (…)
L’activité humaine n’est sans doute pas étrangère au fait que la bestiole se sente partout comme un poisson dans l’eau. D’abord, la surpêche débarrasse la méduse de ses prédateurs naturels : thons, poissons lune ou tortues.
La pollution joue aussi un rôle car les méduses résistent à l’eutrophisation des eaux et se nourrissent du plancton développé par les déchets. (…)
Enfin, le réchauffement aquatique favorise la reproduction d’espèces telles que la Pelagia noctiluca, répandue en Méditerranée. (…) Une Chironex au venin létal a été retrouvée près de Marseille. Inquiétante migration pour cette espèce habituée des côtes australiennes.
Les vacanciers ne sont pas les seules victimes, les méduses attaquent aussi les poissons, mangeant les plus petits, contaminant les plus gros. En Irlande, des centaines de milliers de saumons sont ainsi devenus non comestibles cet hiver, ce qui n’est pas sans conséquences économiques. L’écosystème trinque aussi. Au large de la Namibie, la faune marine se compose à 80 % de méduses et le phénomène menace de se généraliser. (…) Les méduses peuvent également causer des troubles inattendus à proximité de centrales nucléaires comme ce fut le cas à Gravelines (France), où des “groseilles de mer” ont menacé de colmater des conduits.
Pour contrer la prolifération de l’ennemi aquatique, la résistance s’organise. Au Japon, des filets coupants ramassent par millions les envahissantes Namura, méduses géantes. A Cannes ou à Barcelone, d’autres types de filets servent de barrages pour protéger les touristes. A la Réunion, des tortues ont été réintroduites pour réguler le biotope, avec une certaine réussite. La même expérience vient d’être tentée aux Baléares, mais les spécialistes sont sceptiques car les reptiles ont tendance à revenir sur leur lieu de naissance. (…)
Je n’ai jamais rien lu de cet auteur, mais je suis tombée sur ce texte, un peu décalé, sans prétention, et j’ai eu envie de le relayer. Il date de quelques mois mais n’a rien perdu de son actualité :
Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l’incurie de l’humanité, nous y sommes. Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l’homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu’elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d’insouciance. Nous avons chanté, dansé. Quand je dis « nous », entendons un quart de l’humanité tandis que le reste était à la peine. Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l’eau, nos fumées dans l’air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu’on s’est bien amusés. On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l’atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu. Franchement on s’est marrés. Franchement on a bien profité. Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu’il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre. Certes.
Mais nous y sommes. A la Troisième Révolution. Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu’on ne l’a pas choisie. « On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins. Oui. On n’a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. C’est la mère Nature qui l’a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies. La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, d’uranium, d’air, d’eau. Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l’exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d’ailleurs peu portées sur la danse). Sauvez-moi, ou crevez avec moi. Évidemment, dit comme ça, on comprend qu’on n’a pas le choix, on s’exécute illico et, même, si on a le temps, on s’excuse, affolés et honteux. D’aucuns, un brin rêveurs, tentent d’obtenir un délai, de s’amuser encore avec la croissance. Peine perdue. Il y a du boulot, plus que l’humanité n’en eut jamais. Nettoyer le ciel, laver l’eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l’avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est –attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille- récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n’en a plus, on a tout pris dans les mines, on s’est quand même bien marrés). S’efforcer. Réfléchir, même. Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire. Avec le voisin, avec l’Europe, avec le monde. Colossal programme que celui de la Troisième Révolution. Pas d’échappatoire, allons-y. Encore qu’il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l’ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante. Qui n’empêche en rien de danser le soir venu, ce n’est pas incompatible. A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie –une autre des grandes spécialités de l’homme, sa plus aboutie peut-être. A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution. A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.
Fred Vargas
Avis à tous ceux qui seront demain du côté d’Orléans, Tours, Bourges, Blois, Vierzon…
Ce lundi 2 février à midi aura lieu une manifestation de soutien en forme de pique-nique à la ferme de Ste Marthe à Millançay (Loir-et-cher) : plan d’accès.
Extrait de l’appel de Philippe Desbrosses :
Nous manifesterons avec dignité, dans le calme et la bonne humeur en accrochant un petit coeur rouge en carton à nos vêtements pour nous reconnaître entre amis. Des artistes et des personnalités de toutes tendances nous accompagneront.
La réalisatrice Coline SERREAU sera présente avec sa troupe de chanteurs et de comédiens.
Nous lancerons à cette occasion une pétition de soutien avec un collectif d’associations et plusieurs grandes O.N.G.
Le but est d’éviter que la plus importante coopérative agricole de France anéantisse mon entreprise, pionnière depuis plus de 30 ans en Agriculture Biologique, et détruise les emplois des 24 salariés qui y travaillent, tout en ruinant ma famille.
L’existence de cette ferme bio est mise en danger par la mauvaise gestion d’un dossier par le conglomérat agro-industriel LIGEA-AGRALYS (anciennement Franciade). Malgré un pourvoi en Cassation (jugement en juin prochain), la sentence est applicable immédiatement. Cette sentence consiste à rembourser des aides de l’Union Européenne car la Ferme était caution solidaire de la coopérative qui a perçu ces montants et a mal géré le programme pour lequel ils étaient alloués.
La ferme risque donc d’être saisie et mise en vente par les huissiers dès aujourd’hui, alors que le jugement en cassation lui donnera peut-être raison dans quelques mois !!
Je résume ici grossièrement mais tous les détails de cette triste histoire sont sur le blog de Delf.
Merci de faire circuler cette information même s’il est trop tard pour assister à cette manifestation de soutien, car ce n’est que le début de la mobilisation.
edit>Des nouvelles de la manif de lundi.
Durant la conférence universitaire sur le réchauffement climatique tenue à la Exeter University cet été, le climatologue Kevin Anderson a éprouvé devant le public d’experts rassemblés un sentiment étrange : il a souhaité avoir tort. Sentiment partagé par nombre de ceux qui savaient ce qu’il s’apprêtait à dire. (…)
Malgré tous les discours des politiques, les avertissements scientifiques, les grands titres dans les médias et les promesses des entreprises, il allait affirmer que les émissions de carbone étaient en train de monter en flèche, hors de contrôle, bien au dessus des sombres scénarios contenus dans le rapport publié l’année dernière par le GIEC et dans le rapport Stern. (…)
« En tant qu’universitaire, j’aurais aimé qu’on me dise que c’était un très bon travail et que les conclusions étaient solides », déclare Anderson. « Mais en tant qu’être humain, j’aurais désespérément voulu que quelqu’un pointe une erreur, et qu’on me dise que j’avais tout faux. »
Personne ne le fit. La crème de la communauté scientifique des climatologues britanniques conserva le silence, stupéfaite, lorsque Anderson montra que les émissions de carbone depuis 2000 avaient augmenté bien plus vite que quiconque ne l’aurait crû possible, principalement en raison du boom économique d’un monde en développement basé sur le charbon. (…)
Le niveau de CO2 est actuellement de 380 ppm, soit 280 ppm de plus qu’à l’époque de la révolution industrielle, et il augmente de plus de 2 ppm par an. La position officielle du gouvernement est que la communauté internationale devrait avoir pour objectif de limiter cette élévation à 450 ppm.
Les résultats scientifiques sont encore parcellaires, mais des experts disent que cela pourrait offrir une chance raisonnable de limiter une éventuelle montée des températures à 2°C au dessus de la période pré-industrielle, seuil que l’Union Européenne définit comme dangereux. (L’augmentation de température est déjà de 0.7°C et un supplément estimé à 0.5°C est garanti, en raison des émissions passées.) (…)
A 650 ppm, les recherches actuelles indiquent que le monde pourrait fait face à une augmentation catastrophique de la moyenne des températures de 4°C. Mais, prévient Anderson, même ce scénario inquiétant ne pourrait être réalisé que si les pays riches adoptaient « une réduction draconienne des émissions en une décennie ». Seule une « récession économique planifiée » sans précédent pourrait y suffire. La crise financière actuelle ne s’en approcherait même pas. (…)
Bob Watson, le scientifique en chef du Ministère de l’Environnement britannique et l’ancien président du GIEC, avertissait cette année que le monde devait se préparer à une augmentation de 4°C, ce qui éliminerait des centaines d’espèces, créerait des pénuries de nourriture et d’eau dans les pays vulnérables et causerait des inondations qui déplaceraient des centaines de millions de personnes. Le réchauffement serait encore plus sévère sur les pôles, ce qui pourrait accélérer la fonte des glaces du Groenland et de l’Antarctique occidentale. (…)
On y lit [NdDDC : dans un rapport du gouvernement australien publié cet automne] que les nations développées telles que le Royaume-Uni, les USA et l’Australie, devraient réduire leurs émissions de dioxyde de carbone de 5% par an pendant la prochaine décennie pour atteindre l’objectif de 450ppm. Le Britain’s Climate Change Act 2008, la législation la plus ambitieuse de son espèce dans le monde, entend réduire les émissions d’environ 3% par an jusqu’en 2050. (…)
Henry Derwent, l’ancien président de la délégation Britannique aux négociations internationales sur le climat, maintenant président de l’International Emissions Trading Association, estime qu’un nouveau traité sur le climat ne comprendra probablement pas d’objectif de stabilisation, que ce soit 450 ou 550ppm. (…)
La hausse des chiffres des émissions dues à l’activité humaines intervient au pire moment, alors même que les scientifiques ont découvert que les forêts et les océans de la Terre pourraient perdre leur capacité d’absorption du carbone répandu dans l’atmosphère. La plupart des projections climatiques prennent pour hypothèse qu’environ la moitié de toutes les émissions de carbone soient réabsorbées dans ces puits naturels.
Les modèles informatiques prédisent que cet effet s’affaiblira lorsque le monde se réchauffera, et une série d’études récentes suggèrent que c’est d’ores et déjà le cas.
La capacité de l’Océan austral à absorber le dioxyde de carbone s’est affaiblie d’environ 15% par décennie depuis 1981, alors qu’en Atlantique nord, les scientifiques de l’Université d’East Anglia ont montré un déclin dramatique des puits de CO2 entre les milieux des années 1990 et 2000.
Une étude indépendante publiée cette année montre que la capacité des forêts à absorber le dioxyde de carbone anthropogénique (causé par l’activité humaine) faiblissait, parce que le changement de durée des saisons altérait le moment où les arbres passaient de l’état de puits de carbone à celui de source émettrice.
Les sols pourraient également relâcher leurs réserves de carbone : la preuve est apparue en 2005 qu’une vaste étendue de la Sibérie Occidentale subissait un dégel sans précédent.
Dans cette région, la plus large tourbière gelée du monde a commencé à fondre pour la première fois depuis sa formation il y a de cela 11000 ans. Les scientifiques pensent que la tourbière pourrait commencer à relâcher des milliards de tonnes de méthane emprisonnés dans les sols, un gaz à effet de serre 20 fois plus puissant que le CO2. L’Organisation Météorologique Mondiale a récemment annoncé la plus grosse augmentation des niveaux de méthane dans l’atmosphère depuis 10 ans.
Des experts affirment que la gravité des résultats des études récentes, combinée au boom sans précédent des émissions de carbones, nécessite une réévaluation urgente de la situation. Dans un article publié ce mois-ci dans la revue Climatic Change, Peter Sheehan, un économiste de l’Université australienne Victoria, écrit que l’ampleur des récentes émissions implique que les réductions de carbone préconisées par le GIEC pour stabiliser les niveaux dans l’atmosphère « ne peuvent pas être pris comme un guide fiable pour une décision politique immédiate ». Les réductions, dit-il, doivent être plus importantes et concerner plus de secteurs.
Plus tôt cette année, Jim Hansen, un climatologue expert de la NASA, a publié un article qui avertissait que les objectifs de CO2 mondiaux devaient être révisés de façon urgente pour prendre en compte le risque d’effet rétroactif sur le système climatique. Il a utilisé des reconstitutions du climat terrestre du passé pour montrer que l’objectif de 350ppm – niveau bien plus bas que celui atteint aujourd’hui – est nécessaire pour « préserver une planète similaire à celle sur laquelle la civilisation s’est développée et la vie sur Terre s’est adaptée ». (…)
« C’était déjà très urgent. C’est devenu très, très urgent. » [NdDDC : citation de Watson, pour le mot de la fin]
Article complet (en anglais) : The Guardian, D. Adam, 09.12.2008
Traduction Nicolas Sautet pour Contre Info.
Voilà une idée originale lue chez Dilettante, qui propose une “écotaxe” volontaire sur les objets inutiles que nous achetons – ou acceptons. Plus de détails ici. Je trouve qu’il y a de l’idée…
Après, l’argent de ces taxes, vous en faites ce que vous voulez. Cela peut être seulement virtuel, c’est-à-dire servir juste de baromètre. Ou bien vous pouvez utiliser cet argent pour de bonnes œuvres, pour la recherche, que sais-je. C’est vous qui décidez, contrairement aux taxes que vous prélève le gouvernement…
Le but est simplement de prendre conscience – et garder à l’esprit – que le “pouvoir d’achat” sert en partie non négligeable à cela : acheter de l’inutile. Il faut donc se motiver à combattre en permanence l’influence du marketing sur nos (en)vies.
Halte au “j’achète donc je suis” ! En cette période de Noël, mais aussi le reste de l’année…
Rajendra Pachauri préside depuis 2002 le GIEC dont les rapports ont posé scientifiquement la réalité du changement climatique. A ce titre, cet ingénieur et économiste indien de 67 ans a reçu le prix Nobel de la paix 2007, conjointement avec Al Gore. Invité au Conseil informel des ministres de l’environnement et de l’énergie de l’UE, il a appelé les Vingt-Sept à tenir l’engagement de réduire d’au moins 20 % leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020. Citant Gandhi, il a exhorté les Européens à être en pointe dans la lutte contre le réchauffement : “Si vous voulez que le monde change, a-t-il lancé aux ministres, vous devez incarner ce changement.“
Six mois se sont écoulés depuis la conférence de Bali. Les négociations en vue d’aboutir à un accord international sur l’après-Kyoto avancent-elles ?
Il ne s’est pas passé grand-chose et c’est inquiétant. Il reste peu de temps avant le sommet de Copenhague en décembre 2009 même si, dans ce genre de négociations, c’est toujours un peu pareil : chacun observe l’autre et attend le dernier moment. Cela conduit à s’entendre dans le meilleur des cas sur des compromis alors que, cette fois-ci, nous avons besoin d’un accord solide et ambitieux. Pour contenir la hausse des températures en deçà de 2°C – 2,4°C, qui est selon nos travaux la ligne à ne pas franchir pour ne pas se mettre gravement en danger, il ne nous reste que sept ans pour inverser la courbe mondiale des émissions de gaz à effet de serre. C’est très peu.
Quel rôle peut jouer l’Europe ?
L’Europe a un rôle essentiel à jouer, elle doit continuer à montrer le chemin comme elle a commencé de le faire. Si elle ne prend pas la décision d’être la première grande région à réduire volontairement ses rejets de dioxyde de carbone, il est vain d’espérer un accord international. Jamais les Etats-Unis ou la Chine ne monteront dans le train.
(…)
Que pensez-vous des doutes exprimés par certains sur la réalité du changement climatique ?
Ils sont marginaux et reflètent le plus souvent des intérêts particuliers qui redoutent d’être pénalisés par la transition à une économie “décarbonée”. Mais, objectivement, il n’y a plus de place pour le doute. La science a apporté tellement de preuves. Nous n’avons plus besoin d’aucune démonstration pour savoir sur une base scientifique que le réchauffement climatique est en cours et que l’essentiel de ce réchauffement est le fait des activités humaines. Mais il restera toujours des gens pour le contester. Il existe encore une Société de la Terre plate, dont les membres continuent et continueront encore pendant des siècles de nier la rotondité de la Terre…
Les objectifs généralement affichés sont de conserver le niveau de CO2 en deçà de 450 à 550 ppm. Mais de récents travaux indiquent qu’il faudrait demeurer en deçà de 350 ppm, un niveau qui est déjà dépassé…
Le GIEC ne donne pas de conseils, il se contente de donner une évaluation des différents scénarios. Ensuite, c’est à la communauté internationale de décider. La considération principale est que nous devons stabiliser le niveau de gaz à effet de serre à un niveau qui soit en deçà du niveau d’interférence humaine dangereuse avec le climat. Comment définir ce qui est dangereux ? Et plus important : dangereux pour qui ? Pour certains petits Etats insulaires, le niveau actuel est sans doute déjà dangereux. J’étais récemment en Nouvelle-Zélande où j’ai rencontré le président des îles Kiribati (Anote Tong), dont le pays sera submergé avant la fin du siècle. Il est bien conscient du fait que, pour les habitants de son pays, qui devront partir, le niveau de danger est déjà dépassé. La communauté internationale ne peut pas décider de ce qui est dangereux sur la foi d’une moyenne : il n’y a pas de moyenne dans le danger représenté par le changement climatique.
(…)
Extraits du Monde du 07.07.2008
C’est un article un peu long (3 pages), mais je vous conseille vivement sa lecture intégrale dans Le Monde du 27 juin. Il a été rédigé par Laurent Carpentier. En voici quelques extraits :
Sur les rochers du Cap Fréhel, ce printemps, ils étaient 3 fois moins nombreux qu’il y a 2 ans. Ailleurs, ils modifient leurs itinéraires de migration, ils décalent leurs périodes de reproduction, ils changent leur régime alimentaire. Les bouleversements du mode de vie des oiseaux constituent l’un des meilleurs indicateurs des évolutions climatiques en cours. Et tous les signaux sont en train de passer au rouge. Les temps changent, et comme nombre d’espèces de volatiles, les hommes vont aussi devoir s’adapter.
Le phytoplancton est parti le premier. Parce que les eaux de la mer du Nord s’étaient réchauffées d’un petit degré, ces micro-organismes marins ont subitement migré vers des fonds plus rigoureux. Le zooplancton l’a suivi. Et puis dans leurs sillages, on a vu s’en aller le lançon, ce “poisson-fourrage” dont se nourrissent les gros poissons et les oiseaux marins… Parmi les vastes colonies de mouettes tridactyles, de guillemots et de pingouins, de sternes et de fous de Bassan qui peuplent les côtes britanniques, souffla un vent de panique. Les oiseaux, poussant de plus en plus loin leur maigre pêche, perdirent leurs forces. Pénurie alimentaire, échec de la reproduction, révoltes de la faim… La désolation fit place à l’effroi : goélands et labbes – ces superprédateurs incapables de pêcher eux-mêmes –, se mirent en colère et, affamés, se jetèrent sur les œufs, les poussins, et même sur ces maudites mouettes qui rentraient bredouilles. Guerre et famine… Un jour de 2004, quand les ornithologues écossais revinrent sur la falaise qu’ils étudiaient, il n’y avait plus d’oiseaux.
Il a beau avoir toujours son sourire en coin, on lit l’inquiétude dans les yeux de Bernard Cadiou. Ses jumelles pendent, désœuvrées : ici, dans les Côtes-d’Armor, la face nord-ouest de la Grande Fauconnière, ce rocher de granit rouge sculpté par les vents en contrebas du cap Fréhel, habituellement peuplée de dizaines de couples de cormorans huppés, est bien déserte. Seules quelques silhouettes noires et débonnaires, au cou hautain et au bec souligné de jaune trônent sur les trop rares amas de brindilles et d’algues. “On dénombrait quelque 350 couples il y a deux ans. Aujourd’hui, il y en a trois fois moins… Et, alors que les cormorans commencent à s’accoupler dès février, cette année on n’a vu le premier œuf que le 21 avril… La forte tempête que nous avons eue le 11 mars ne peut à elle seule expliquer le phénomène. Même les nids qui sont abrités du vent n’ont pas reçu de nouveaux locataires…“
(…)
Pour ceux qui s’inquiéteraient de savoir quelles sont les conséquences du réchauffement climatique, les oiseaux – qu’ils soient marins, migrateurs ou hibernants – sont un indicateur riche d’enseignements quant à la rapidité des évolutions en cours. Le phytoplancton est parti le premier, puis le lançon, puis les cormorans… Et puis qui ? Un simple degré d’augmentation de la température et c’est tout un écosystème qui s’effondre. Quand on sait que les climatologues du GIEC font état dans leur rapport d’une possible élévation des températures de 1,8 à 4 °C au cours du siècle à venir, on imagine le grand chambardement qui se prépare dans cette nature où les êtres vivants, nous compris, sont interdépendants ! Et les climatologues savent que, quand bien même les objectifs de réduction des gaz à effet de serre annoncés par les grandes nations seraient atteints – ce qui est déjà en soi largement improbable vu la révolution énergétique que cela suppose –, la durée de vie de ces gaz ne permet pas d’imaginer un redressement miracle et rapide de la situation.
Les oiseaux sont des alarmes qui ne cessent de se déclencher. C’est l’hirondelle qui n’annonce plus le printemps parce qu’elle préfère passer l’hiver dans son étable, la cigogne qui s’est en grande partie sédentarisée, c’est l’échasse blanche qui s’implante au nord de la Loire et le héron garde-bœuf, pensionnaire de Camargue, qui batifole aujourd’hui en baie de Somme… C’est l’inséparable de Fischer, un petit perroquet d’Afrique tropicale, qui s’installe près de Nice, ou encore la grive que les chasseurs attendent désespérément lorsqu’elle hésite à quitter ses froides terres de Scandinavie. En 1989, la communauté scientifique française s’est dotée d’un outil de surveillance territoriale des volatiles, le programme Stoc (Suivi temporel des oiseaux commun). En 2006, 18 ans après sa mise en place, on constate que les communautés d’oiseaux se sont déplacées de 124 km vers le nord !
(…)
“La recherche a beaucoup souffert d’une dérive moléculariste qui s’est faite au détriment de l’entomologie de terrain, moins confortable et moins gratifiante“, écrit le climatologue Jean-Pierre Besancenot dans “Notre santé à l’épreuve du changement climatique” (Delachaux et Niestlé, 2007). Ce qui est vrai pour les insectes l’est aussi pour les oiseaux. “Il n’y a plus personne pour observer le vivant“, regrette Philippe J. Dubois. La biologie moléculaire a raflé tous les crédits de la recherche. Et quand il s’agit aujourd’hui de surveiller et de connaître le comportement et les mouvements des insectes – ces importants vecteurs de maladies pour l’homme –, la phénologie des plantes – ces formidables indicateurs de l’état de santé de la planète –, ou l’évolution d’oiseaux qui prennent de plein fouet les bouleversements environnementaux, on en appelle à la bonne volonté publique. L’Observatoire des saisons, l’Observatoire des papillons des jardins, Phénoclim… grâce à Internet, chacun est aujourd’hui invité à faire la vigie de cette nature en danger.
Le programme de Stoc met ainsi à contribution plus de 1000 ornithologues amateurs, chacun étant chargé d’une parcelle de territoire à observer, noter, étudier au fil des ans selon des protocoles établis par une équipe de chercheurs. “Outre le déplacement significatif des populations d’oiseaux vers le nord, les résultats de ce suivi sont riches d’informations, constate Romain Julliard, biologiste de la conservation, qui est au Muséum national d’histoire naturelle un des responsables du programme. On voit ainsi deux tendances se dégager : la première, c’est que d’une part les effectifs des espèces spécialistes – qu’elles soient agricoles, comme les perdrix, les linottes, ou les alouettes ; ou forestières comme les mésanges boréales et les pouillots – baissent au profit d’espèces généralistes comme le pigeon ramier… La seconde, c’est que les espèces habituellement situées au Nord dégringolent alors que celles ordinairement situées au Sud sont en hausse.” (…) C’est là que Romain Julliard et ses collègues officient au chevet de ces espèces en mutation. Bousculées par le climat, certes, mais pas uniquement. L’urbanisation galopante, la disparition progressive des bois, des prés, des marais leur est une menace bien plus immédiate. Comme l’est l’empoisonnement des sols par les “intrants” – engrais et pesticides en tout genre. “L’équilibre naturel est une image d’Epinal, sourit Romain Julliard. En réalité, nous sommes dans des systèmes très dynamiques, et facilement déséquilibrés… Mais ce qui est rassurant, voyez-vous, quand on étudie les oiseaux, c’est de voir que les choses sont réversibles. Au Danemark, où l’on a largement diminué le recours aux engrais, les alouettes sont revenues…“
(…)
Extraits de l’article “Un climatologue de la NASA accuse les pétroliers de “crime contre l’humanité et la nature”, Le Monde, 25.06.2008
Jeudi 23 juin 1988, sous une canicule inédite, le climatologue James Hansen témoignait devant une commission parlementaire du Congrès des Etats-Unis. Il annonçait être certain à “99 %” que le climat terrestre était entré dans une période de réchauffement provoqué par les activités humaines.
Très médiatisée, l’intervention est demeurée dans les annales comme l’entrée du changement climatique dans le débat public… Invité par des représentants démocrates, lundi 23 juin, à s’exprimer à nouveau devant une commission du Congrès, James Hansen, 67 ans, a réitéré ses avertissements.
Son intervention dresse d’abord l’état des lieux des connaissances sur le climat. Selon le directeur du Goddard Institute for Space Studies – l’un des principaux laboratoires de sciences climatiques de la NASA –, la machine climatique est proche d’un “dangereux point de bascule“. Il faut, dit-il, réformer les pratiques agricoles et forestières, taxer le carbone, établir un moratoire sur la construction de nouvelles centrales à charbon et bannir complètement ces dernières, à l’échelle mondiale, d’ici à 2030.
Le chercheur prédit une élévation du niveau des mers d’environ 2m à la fin de ce siècle si rien n’est entrepris pour limiter les émissions de gaz à effet de serre.
Surtout, M. Hansen dénonce “le vaste décalage entre ce qui est compris par la communauté scientifique compétente et ce qui est connu par les décideurs et le grand public“. Pour expliquer le peu d’actions entreprises depuis vingt ans pour entraver le changement climatique, il met en cause les “intérêts particuliers” privilégiant leurs “profits à court terme“.
“Des sociétés ayant leurs intérêts dans les combustibles fossiles ont propagé le doute sur le réchauffement, de la même manière que les cigarettiers avaient cherché à discréditer le lien entre la consommation de tabac et le cancer. Les PDG de ces sociétés savent ce qu’ils font et connaissent les conséquences sur le long terme d’un scénario business as usual. A mon avis, ces dirigeants devraient être poursuivis pour crime contre l’humanité et la nature.“
(…)
Daniel Nahon est professeur de géochimie à l’université Paul-Cézanne d’Aix-en-Provence. Grand connaisseur des fragilités de la Terre, il tire la sonnette d’alarme. “Les sols n’en peuvent plus. Nous sommes au bord de l’abîme et, si cela continue, il y aura des famines“, s’emporte-t-il. A force de pollution industrielle, de pesticides à hautes doses, d’urbanisation forcenée, d’érosion, de déforestation et d’irrigation mal contrôlée, près d’un quart des terres utilisables dans le monde, en effet, sont déjà dégradées. Et leur proportion par habitant se réduit comme peau de chagrin, quand il faudrait doubler la production agricole, d’ici à 2050, pour nourrir 9 milliards de Terriens.
(…) Lassé de l’indifférence quasi générale sur cette question cruciale, Daniel Nahon a publié L’Epuisement de la terre, l’enjeu du XXIe siècle. Il y rappelle que le sol cultivable, qui a permis à l’homme de passer du stade de chasseur-cueilleur à l’agriculture, a mis des milliers d’années pour se constituer.
Il a fallu pour cela que la roche mère se décompose, puis qu’elle soit fertilisée par le lent travail des plantes et des bactéries. Non renouvelable, ce patrimoine devrait être considéré comme un bien mondial à protéger. D’autant plus précieux qu’en l’état actuel de nos connaissances techniques, on ne peut se passer des sols pour les cultures.
(…)
Rien que dans l’Hexagone, “l’urbanisation – routes et villes – provoque à elle seule la disparition de 60 000 hectares de bonnes terres arables par an“, explique Dominique Arrouays, directeur de l’unité Infosol à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) d’Orléans. “Cela représente en 10 ans l’équivalent d’un département français !“, dit-il. A cela s’ajoute l’érosion, que va inévitablement amplifier la montée en puissance des phénomènes météorologiques extrêmes. Une seule pluie très forte, si elle survient sur une zone en pente, suffit en effet à faire disparaître 50 tonnes de terre… Avec, à terme, un réel danger de désertification.
(…)
Extraits du Monde.
Je n’ai pas l’honneur de le connaître, mais ça n’empêche pas d’être sensible à la menace de disparition qui pèse sur lui. On connaît suffisamment le peu de cas que Sarkozy fait de la culture et de l’éducation, pour ne pas craindre le pire…
Les sciences, c’est quelque chose de fabuleux, d’inouï. C’est la découverte de la vie, l’explication de tout ce qui nous entoure, de l’infiniment petit à l’infiniment grand. Comprendre, savoir… quelles ambitions, non ?
C’est également un puissant moteur de progrès pour l’humanité (même si certains l’utilisent malheureusement dans des buts bien moins nobles).
Et comme l’école n’est pas toujours apte à faire naître cette passion chez les enfants, le Palais de la Découverte me semble une excellente initiative pour attiser la curiosité, provoquer les questionnements, donner goût aux expérimentations, freiner l’obscurantisme, mettre en branle la réflexion et la logique, sans oublier l’esprit critique… Sûr que ce programme ne doit pas plaire au Président
Bref, je vous engage à lire et signer cette pétition pour soutenir le Palais de la Découverte… avant qu’il ne soit trop tard.

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