Monastère de Varlaam et monastère d’Agios Stefanos
Comme chaque matin, c’est un coup de klaxon qui nous réveille vers 6h30. C’est le grand-père venant livrer le pain et les tomates pour le petit-déjeuner, qui se sent obligé de réveiller ainsi toutes les chambrées… allez comprendre pourquoi !
Enfin ne nous plaignons pas, nous avons eu une plage de tranquillité (22h30 – 6h30) assez exceptionnelle pour la Grèce.
Confiants dans notre stratégie d’arriver pile à l’heure d’ouverture, nous prenons la route pour Varlaam… pour nous rendre compte que le parking est déjà plein de bus !
Nous partons sur-le-champ au couvent St-Étienne (Agios Stefanos), mais c’est encore pire (il faut dire que c’est le plus facilement accessible). Nous retournons au Grand Météore pour chercher un sentier mentionné sur la carte, histoire de se promener un peu… seulement il ne semble pas exister. Décidément c’est la loose ce matin
C’est notre dernier jour dans les Météores, nous nous résignons donc à affronter la foule et retournons au monastère de Varlaam. Il doit son nom à l’ermite qui décida de vivre sur ce piton et d’y bâtir une petite chapelle au milieu du 14e siècle.
La passerelle d’accès est assez sympa
(sauf pour deux d’entre vous, je sais !)
Voici comme d’habitude la tour qui permettait de monter et descendre les gens et le matériel dans un grand filet de cordes.
Par chance l’église est vide ! On retrouve à nouveau beaucoup de scènes de tortures dans les fresques.
Les photos étant interdites dans le catholikon, je ne peux que vous donner ce lien (en bas de page) ou celui-ci.
En fait, malgré les quatre cars, il y a assez peu de monde… soit ils roulent à moitié vide, soit les lieux sont suffisamment vastes pour ne pas qu’on se marche sur les pieds (il faut préciser que Varlaam est le second plus grand monastère, derrière le Grand Météore).
Après le décès de l’ermite, le site resta à l’abandon durant près de deux siècles.
Ce n’est que vers 1517 que deux moines vivant au Grand Météore s’attelèrent à la restauration de la chapelle et à des travaux de construction pour agrandir l’ermitage. Ils sont considérés comme les frères fondateurs.
Le monastère s’agrandira ensuite rapidement grâce aux dons des fidèles et à l’arrivée de nouveaux moines.
Il sera restauré en 1780.
Voici le fameux tonneau géant dont je vous avais parlé, il n’est pas aisé de le photographier car le lieu n’est ni grand ni lumineux.
Dans la même pièce se trouve ce mobilier précieux incrusté de nacre.
Ce campanile est la signature propre au monastère de Varlaam, on le reconnaît de loin.
Le panorama depuis la terrasse n’est pas moche, c’est le moins qu’on puisse dire… Ça ne me déplairait pas d’en avoir un pareil sous les yeux tous les matins !
Nous avons une jolie vue sur le Grand Météore, qui ne désemplit pas :
En haut de la tour, ils ont conservé le treuil et le filet d’époque. Alors, ça vous tente ?
Imaginons un instant…
La nacelle métallique "moderne" ne donnera pas forcément plus confiance à certains !
Ce n’est qu’en 1922 qu’un escalier fut taillé dans le roc.
L’accès actuel est franchement aseptisé mais il lui reste encore un petit quelque chose, malgré tout.
Au revoir Varlaam…
Nous repartons vers Agios Stephanos mais devant les 9 autocars encombrant le parking, nous rendons les armes.
Allons plutôt en ville à Kalapaka faire quelques courses et visiter des églises orthodoxes "normales" !
La plupart sont malheureusement fermées mais, pour celle-ci, nous avons la chance de voir justement arriver le prêtre ! Nous lui demandons si nous pouvons entrer et prendre des photos. Réponse affirmative
Fresques murales :
Le dôme peint est particulièrement somptueux.
Nous voulions visiter une église possédant un grand campanile, de loin nous l’avions bien repérée mais dans le dédale des rues nous ne l’avons pas retrouvée. Dommage, nous avons apparemment raté ceci !
Une petite église ancienne, toujours à Kalambaka. Je crois qu’elle datait du 11e ou 12e siècle, à moins que nous n’ayons confondu avec l’autre, ce qui semble arriver souvent
Des restes de fresques anciennes sont encore visibles sur certains murs.
Le style semblait moins mono-maniaque à l’époque.
En route pour le chat des bois ! Nous avons repéré un chouette endroit de pique-nique – bon ok il est le long de la route, mais il est sous les arbres : à l’OMBRE (les places sont chères) ! Et il y a donc un chat. J’avais exprès acheté des saucisses, ça nous donnera droit à un concert et des ronronnements, à défaut de caresses.
On rencontre un gars venant de Riga qui se balade à pied avec la bite et le couteau smartphone, on lui file une bouteille d’eau car avec la chaleur et le soleil qu’il y a, c’est un coup à faire un malaise. On le remonte en voiture jusqu’à Roussanou, où une colonie de chats achève le reste de saucisses.
On s’éloigne de Kalambaka jusqu’à la grande rivière mais elle est complètement à sec, il y a même des engins de chantier en train de prendre du gravier ou je ne sais quoi. Vu que la zone est glauque et en plein soleil, on ne s’attarde pas.
La rivière est au fond… si si !
On remonte à Agios Stefanos même si l’heure de réouverture n’est pas encore atteinte. On glande, on s’ennuie un peu, mais on est assis à l’ombre et on peut mener une étude sociologique
Voici les ruines de monastère qui nous avaient échappées au premier regard :
Quand les portes du couvent s’ouvrent enfin (commandées à distance, miracle de la technologie monastique), nous nous y engouffrons ! Les premiers bâtiments furent construits par l’ermite Jérémie à la fin du 12e siècle. Un empereur byzantin leur fit dotation en terrains et en argent lors de sa visite au 14e siècle et le monastère obtint son indépendance en 1545.
Le monastère, presque déserté, fut transformé en couvent au début des années 1960 et prospère depuis lors (je ne sais pas s’il faut y voir un lien de cause à effet
). Autant les nonnes de Roussanou n’avaient rien trouvé à redire à mon t-shirt sans manches, autant ici je dois porter un grand châle sur les épaules en plus de la jupe portefeuille. Vu la chaleur, je manque défaillir !
L’église se remplit très rapidement, nous préférons abandonner les lieux après un premier aperçu… et y retourner 1/4h plus tard quand elle est à nouveau déserte.
Vous pouvez en avoir un aperçu ici ou là.
Ils ont également une seconde église plus récente, ça fait bizarre car c’est beaucoup plus grand, plus lumineux, et les peintures ont l’air neuves.
Je me demande pourquoi seuls les couvents ont un petit jardin central ?
J’imagine que c’est Saint Michel :
On retrouve l’aigle bicéphale, emblème de l’église orthodoxe.
A priori les deux oiseaux en train de béqueter une tête symbolisent la tentation, les écarts par rapport à la foi.
Comment ça, on dirait que j’étais en manque et que je me suis jetée sur la moindre verdure ? Paaaas du tout !
Au revoir Agios Stephanos…
Voici la chapelle Saint Georges, ancien ermitage où demeure la tradition de mettre une pièce de tissu à Pâques pour s’attirer la protection du saint.
On retourne rapidement à Roussanou pour chercher des petits sachets d’herbe que les nonnes font sécher (tilleul, menthe, etc.) et nous partons nous promener du côté de Doupiani… mais là non plus nous ne trouverons pas le sentier indiqué sur la carte. C’est n’importe nawak !
La plupart des cloches sont situées hors église, en portique ouvert.
On a une belle vue sur le village de Kastraki :
On voit bien ici le fameux rocher en forme de pic, aiguille semblant en équilibre, au pied duquel nous étions monté la veille.
Ça faisait longtemps que vous n’aviez pas eu droit aux plantes séchées non ?
La lumière baisse, nous allons manger à la taverne Bouffidis, tenue par la même famille que notre logement. Nous avions un peu peur que ce ne soit un tourist-trap car c’est le premier resto sur la route des Météores, avec le grill bien mis en avant, le grand-père qui tourne les broches en essayant de rabattre les touristes qui passent… bref de quoi nous rendre un peu méfiants de prime abord ! Mais j’ai choisi des tomate et poivron farcis au riz et c’était délicieux
Par contre ils ne font que réchauffer des plats, manifestement ils ne cuisinent rien sur place (sauf cuire au barbecue bien sûr) : AàG aurait voulu du riz avec ses souvlaki, impossible ! Il n’y a que des frites micro-ondées. Coutume locale, boh on a pris l’habitude maintenant…
C’est la gentille grand-mère qui nous sert, on est comme des coqs en pâte. Elle apporte à AàG, dont le bedon va bientôt exploser, une saucisse en plus de son plat, nous donne une grappe de raisins en dessert…
En fait elle culpabilise car elle vient de nous annoncer qu’elle nous avait cherché de vue toute la journée : ils se sont trompés en nous attribuant notre chambre actuelle, ils avaient oublié de prendre en compte la venue d’un groupe ce soir… et nous devons donc changer de chambre en urgence, même si c’est notre dernière nuit.
Le fait de changer de chambre nous dérange beaucoup moins que de savoir qu’un grand groupe de jeunes arrive ! (ouaip on est racistes anti-jeunes, d’abord
)
On se retrouve logé… à la "cave" ! Malheureusement ça ne fait pas plus silencieux car nous sommes juste entre l’entrée secondaire de la villa (le terrain est en pente) et la cuisine servant de pièce commune. On voit défiler les troupes et ça nous fait craindre le pire.
Je vais régler la note dès ce soir car, ce matin au petit-déjeuner, on a vu un couple qui souhaitait partir tôt et la grand-mère a dû aller tirer sa petite-fille du lit pour faire la facture, donc on s’est dit qu’on allait lui éviter la répétition de ce scénario peu agréable.
Je ne comptais pas demander de compensation par rapport au changement de chambre car j’avais trouvé leur attitude correcte, mais finalement on a quand même eu droit à 10€ de réduction… tout simplement car elle n’avait pas de monnaie à nous rendre ! Ça tient parfois à peu de choses
Finalement le bordel ne durera que de 23h30 à 1h du matin, c’est encore raisonnable par rapport à nos craintes. J’ai juste dû aller demander un peu moins de bruit (en chemise de nuit, c’est toujours génial) mais ils ont été très corrects, je pense qu’ils ne s’étaient pas rendus compte qu’il y avait du monde dans cette chambre (forcément, on fait pas de bruit, nous
).


11 commentaires
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28 janvier 2012 à 23:10
elPadawan
Dommage pour les cars de touristes… enfin ça ne vous a pas empêché de bien profiter de la journée quand même on dirait
29 janvier 2012 à 12:35
Dr. CaSo
Pour voir ces magnifiques sites, je pense que j’arriverais à surmonter ma peur des passerelles, maintenant. Enfin, il se peut que je sois bientôt obligée d’aller là-bas pour vérifier, parce que c’est vraiment superbe comme coin!
29 janvier 2012 à 20:53
dieudeschats
elPadawan> La chaleur était pire que les touristes

Dr. CaSo> Et pourquoi pas ?
En tous cas bravo à tous les deux d’avoir eu le courage d’affronter cette note fleuve
30 janvier 2012 à 3:13
Koridwen
Moi aussi je veux des félicitations!
Heureusement que tu as précisé "(tilleul, menthe, etc.)", sinon on pouvait se poser la question. :p
J’adore les ruines du monastère sur le pic rocheux, on se demande comment ils ont fait pour se nicher là-haut, j’adore aussi le vieux dessin, et cette photo http://bxl1.free.fr/meteores/P1170125.JPG me rappelle les haltes dans les villages typiques lors de mon trek au Népal, je sais ça n’a rien à voir mais j’ai eu un véritable sentiment de déjà vu en la regardant (un ensemble de détails …).
31 janvier 2012 à 19:50
dieudeschats
Koridwen> Toutes mes félicitations ! (et je le pense sincèrement hein ! quand j’ai vu la longueur après coup, je me suis dit que c’était vraiment exagéré
)
Étonnant, ce parallèle avec le Népal… ok ils sont haut perchés aussi, mais quand même !
1 février 2012 à 18:03
Koridwen
Merci!
Et oui j’avoue que mon cerveau fait parfois des rapprochements hasardeux. ^^
En fait c’est un ensemble de choses: le balcon, le grand espace de dalles devant, les plantes, les femmes assises et debout, … et peut-être d’autres détails qui m’échappent. C’est plus un ressenti d’ensemble qu’une vraie ressemblance.
Là-bas les maisons typiques ont des grands balcons-coursives en bois, les villages-étapes (pour les caravanes, sherpas et trekkeurs) sont fait tout en pierre et bois, avec beaucoup de verdure, et la route qui passe devant est dallée et parfois très large pour faciliter le passage, elle peut donc ressembler à une cour selon la disposition des maisons. Voilà pourquoi j’ai un petit sentiment de déjà vu en repensant aux villages-étapes les plus prospères et les mieux entretenus.
2 février 2012 à 20:58
dieudeschats
Je ne pensais pas qu’il y avait beaucoup de verdure dans les villages népalais… faudrait que j’aille voir ça par moi-même
3 février 2012 à 1:27
Koridwen
Si, le Népal est un pays luxuriant, même en altitude (l’Himalaya est plus proche de l’équateur que les pôles, la Russie, tout ça …). Pendant mon trek j’ai vu des citronniers aux citrons géants et des fleurs impressionnantes jusqu’à 1500-2000m d’altitude … les villages sont donc souvent naturellement verts et les plantes ornementales, quand il y en a, s’épanouissent bien.
Mais oui il faudrait que tu ailles voir ça par toi-même … et si tu as de la place dans tes bagages tu sais à qui penser.
3 février 2012 à 10:18
dieudeschats
J’avais en tête des paysages du Ladakh et ça semblait très minéral, mais c’est vrai que le Népal est tout de même plus au sud
5 février 2012 à 10:19
Valérie de haute Savoie
Je crois que c’est mon billet préféré. Je le trouve magnifique à tous points de vue et je te remercie d’avoir pris autant de ton temps pour nous raconter ce voyage.
5 février 2012 à 16:58
dieudeschats
Valérie> C’est marrant, parce que ce n’était pas du tout notre journée préférée
Merci à toi de prendre de ton temps pour lire et commenter !