Monastère Agios Nikolaos Anapafsas, atelier de fabrication d’icônes et monastères non visitables

En quittant Aghia Triada, nous allons zieuter Agios Stefanos mais le parking est tellement rempli d’autocars que nous nous enfuyons vite fait.

Sur la route du retour, nous nous arrêterons au monastère Agios Nikolaos Anapavsas (Saint-Nicolas). Il est sur un pic étroit et s’est donc développé en hauteur (étages) plutôt qu’en surface. Abandonné fin 19e, il tomba en ruines et subit les bombardements durant la seconde guerre mondiale. Il fut restauré dans les années 1960.

Sur le chemin, en bas du monastère, se trouve une petite chapelle troglodytique.

Ci-dessous vous avez le choix entre l’échelle et la nacelle ;-)

L’accueil à l’entrée n’est pas très sympa et la minuscule église est pleine comme un œuf, encombrée du même groupe de Français qu’à Roussanou. On se demande comment ils font pour tenir tous dans cette pièce sans qu’eux-mêmes ou leurs sacs ne frottent les murs entièrement remplis de fresques :s (voir ici ou )

On doit attendre leur départ car impossible de voir quoi que ce soit sinon. En attendant, on profite des explications données par leur guide. Certains sont intrigués par une représentation de l’enfer (flammes) dans laquelle se trouve notamment le plus haut dignitaire religieux ! Il leur est répondu que c’est pour symboliser le fait que l’habit ne fait pas le moine et que tout le monde est jugé sur un pied d’égalité, peu importe la position sociale occupée dans la vie terrestre.

Nous allons ensuite faire un peu de cuisine pour un chien maigre traînant du côté de la Sainte Trinité : je verse de l’eau sur des bouts de pain, il se jette dessus…

C’est notre tour de manger, nous nous installons sous les arbres pour pique-niquer. 30°C à l’ombre, on souffle un (petit) peu.

Nous tentons de faire une promenade mais la chaleur est tellement étouffante… c’est bien simple, même la tortue terrestre que nous croisons avance plus rapidement que nous ! :mrgreen:

Nous verrons l’extérieur de deux petites églises au passage (dont la Panagia mentionnée sur la carte ??), quelques tombes et un petit portique avec une cloche.

Nous montons jusqu’au rocher vertical qui semble tenir en équilibre au-dessus du village de Kastraki (Καστρακί). Il est beaucoup moins impressionnant vu ainsi !

Nous redescendons au village vers la Chapelle St Georges, une grotte dans la falaise qui abrite plein de pièces de tissu colorées. C’est juste à côté que se trouve notre logement.

Nous reprenons la voiture jusqu’à un atelier de fabrication d’icônes orthodoxes se trouvant à Kalampaka (Καλαμπάκα). C’était une grossière erreur, on tombe dans l’industrie touristique telle qu’on l’exècre. On n’a même pas franchi la porte qu’on a déjà un Mehmet sur le dos, à nous proposer un loukoum et un ouzo avec un grand sourire ! Nous déclinons poliment.

Une dame nous récite, au pas de charge et dans un anglais impeccable, les étapes de fabrication, du croquis jusqu’à la dorure à la feuille d’or. On passe devant une employée en train de dessiner, voilà tout pour "l’atelier de fabrication", qui est surtout une gigantesque boutique vendant bien sûr des icônes mais également un univers complet d’objets rivalisant à qui sera le plus kitch et le plus inutile :shock:

Lorsque la vendeuse comprend que notre budget souvenirs ne nous dirige pas vers le rayon des icônes à 3 chiffres, elle ne prend même plus la peine d’arborer son sourire artificiel et nous plante là. Cependant, où qu’on aille dans cette ‘grande surface’, elle reste dans les mêmes parages que nous, histoire de nous garder à l’œil.

Alors que nous sommes en train de choisir une icône dans un coin, elle revient à la charge… pour nous engueuler dire que celles-là sont des icônes de type russe, qu’on doit aller dans l’autre rayon pour les icônes de type grec ! Ok ok, on s’énerve pas, on va t’en prendre une grecque s’il n’y a que ça pour te faire plaisir…

Dans l’un des monastères il y a des icônes faites par les moines et même si elles sont de facture plus maladroite, j’ai regretté de ne pas en avoir prise une là ! Dans les autres monastères, elles viennent manifestement d’ici (ou similaire).

Ce magasin et son voisin font partie du circuit touristique des autocars, je ne peux m’empêcher de me demander quel pourcentage se fait le guide sur les achats de son groupe. Soudain une foule débarque et nous finalisons rapidement notre modique et unique achat avant de nous esquiver.


°o°

Nous n’avons pas le courage d’aller dans un restaurant, on a besoin de se retrouver seuls sans pression touristique. On va faire quelque courses dans l’enfer de circulation qu’est le centre de Kalabaka et on se prend une petite route de campagne précédemment repérée.

Je me rends compte que mes mollets sont remplis de grosses cloques pleines de liquide… ils sont complètement brûlés malgré qu’ils aient été couverts par le pantalon la majorité du temps !

On s’arrête presque immédiatement en nous apercevant de la présence d’orifices murés sur une plateforme accessible facilement à pied (une fois n’est pas coutume !).

Certaines cavités sont ouvertes, d’autres fermées par une porte. Il semble que cela serve de bergerie.

Détail sur un mur :

La vue sur Kastraki depuis notre abri sous roche, ma version et celle d’AàG (les rendus de nos appareils sont assez différents comme vous pouvez le remarquer) :

Du fait de l’odeur et des mouches, ça n’en fait pas un endroit idéal pour pique-niquer et nous allons un peu plus loin :mrgreen:

Je vous mets les photos en double car la lumière, lorsque le soleil a commencé à baisser sur l’horizon, donne des couleurs de roche beaucoup plus rose, contrairement à la lumière plus "crue" lors de notre arrivée sur place :

Vous aussi il y a des choses qui vous intriguent sur cette falaise ? Non je ne parle pas des vignobles ;-)

Bon moi j’arrive à rien avec mon petit APN, sauf que je vois un bâtiment suspect à côté, derrière les branches de l’arbre…

AàG, c’est une mission pour ton zoom !

Mais oui ce sont bien des constructions en bois, à moitié dans des grottes et à moitié en surplomb sur le vide de la falaise !

On distingue des planchers ou des plateformes, des restes de parois ou de murs, des échelles articulées qui me font froid dans le dos rien qu’à imaginer leur état… et à côté cela semble bien être un monastère à moitié troglodyte :)

On emprunte un chemin qui s’enfonce dans cette direction, on ne sait pas trop si c’est une voie privée ou non, mais l’envie d’éclaircir ce mystère passe avant ce genre de détail !

Entretemps le soleil a fini de se coucher et l’ombre rend la pierre soudain grise et terne.

Eh mais ! Ça n’en serait pas un autre, là-bas dans la paroi ??

On ressort le zoom et… bingo :D

Les deux semblent avoir été tout juste rénovés, ils ont l’air en parfait état d’entretien.

L’excitation retombe quelque peu quand, au bout du chemin, nous tombons sur une grille et un panneau bilingue grec/anglais annonçant, ainsi que nous nous y attendions, que l’accès est interdit :

Monastery Aghia Trias
Asketirion
of St. Nikolas
Entrance is prohibited

Ça me donne envie d’explorer toutes ces cavités et j’adore la petite porte donnant sur le vide avec l’échelle volante qui s’arrête en pleine falaise :)

Nous sommes à présent bien placés pour voir de face la façade de l’autre monastère troglo.

Cosy, non ? Il ne manque que les fleurs au balcon !

On ne comprend pas trop quel est leur chemin d’accès. Serait-ce le monastère qui est appelé "Bantowas" sur la carte ? Par contre cette même carte ne mentionne curieusement rien sur la falaise d’en face…

Nous allons ensuite *sous* les constructions en bois, les pilotis sont impressionnants. Rien ne semble accessible mais vu que la lumière baisse, nous ne farfouillons pas beaucoup. Nous trouvons juste une petite "maison à icône".

Cet endroit est tellement intrigant, avec ses anciens ermitages et ses monastères fermés… nous sommes frustrés de ne pas pouvoir percer la clé du mystère mais néanmoins bien contents de leur découverte fortuite :)

Les moines orthodoxes ont donc encore quelques endroits où trouver la paix dans les Météores !