Bon je vous avais dit que je ferais “dans le détail” !! En plus il n’y a pas beaucoup de photos pour cette journée-ci, donc ça va vraiment être saoulant, vous êtes prévenus
Samedi 1er octobre 2005 – Des vacances qui ne commencent pas si bien que ça.
Si l’aéroport de Zaventem a un avantage, c’est bien d’être facilement accessible en train depuis les grandes gares bruxelloises. Sauf que.
Notre train direct pour Bruxelles est supprimé sans réelle information préalable, pour cause de travaux. Nous voilà obligés d’attendre l’omnibus, dont les quelques wagons sont évidemment bondés de voyageurs pris au dépourvu.
Arrivés à Bruxelles-Nord, notre correspondance, le « Brussels Airport Express », est en retard. Heureusement que nous avions prévu suffisamment de temps, sachant qu’on ne peut jamais compter sur la SNCB !
Il y a des files monstrueuses à l’enregistrement des bagages, je ne sais pas où tous ces gens vont mais… notre file à nous, Istanbul via Turkish Airlines, se compose de très exactement deux personnes
C’était pareil lorsque nous étions partis pour Tallinn et Zagreb.
La file qui mène au contrôle des passeports nous semble gigantesque. Notre avance ne nous semble soudain pas si grande que ça. On s’amuse du manège de certains qui zigzaguent en douce pour gratter une place : le surnommé « Doudou », un africain en robe chatoyante, est particulièrement roublard ! Il y a également une dame qui transporte une grande orchidée, elle est obligée de la mettre de biais dans le détecteur ^^
L’avion de la Turkish Airlines part avec un peu de retard. Là, première grande surprise : on nous sert à manger et…
1) on a le choix entre deux plats, c’est le grand luxe
2) ce sont des plats (très) chauds – et garantis sans porc
3) c’est bon ! je ne laisse pas une miette sur mon plateau
Lorsque nous avions pris l’avion auparavant, que ce soit avec SN Brussels Airlines, la LOT (Polish Airlines) ou Croatia Airlines, les repas avaient toujours été des plats froids dégueulasses.
Nous arrivons à l’heure à Istanbul, nous avons donc 1h20 pour le transit vers Ankara. Nous ne traînons pas et arrivons au contrôle des passeports quand la file est encore raisonnable. Je tends ma carte d’identité et là deuxième grande surprise, le gars me réclame un visa ! Or, pour un citoyen belge, la carte d’identité suffit pour rentrer en Turquie, c’est du moins ce qui est écrit sur tous les sites officiels. J’essaie de lui expliquer et je lui montre mon ancien passeport au cas où cela l’amadouerait, mais la porte de prison en face de moi ne connaît qu’un seul mot : VISA ! L’est pas très aimable, alors je n’insiste pas. La file pour les visas est énorme, comme le temps nous presse je demande à des gens de pouvoir en court-circuiter une bonne moitié et ils acceptent – ouf, c’est toujours ça de gagné.
Allégée de 10 euros et nantie d’un beau visa collé dans mon passeport périmé, nous retournons faire la file au contrôle, anxieux qu’on nous refuse à nouveau. Ca prend un de ces temps, bordel ! Cette fois-ci je passe sans problème et c’est en courant que nous parcourons les longs couloirs car notre avion est déjà en phase d’embarquement. Ils sont avares de panneaux dans cet aéroport, nous devrons finalement demander pour trouver le chemin du « domestic transit ». Nous courons d’un point contrôle à un autre, avec mon sac de 6 kg c’est un peu pénible.
Inutile de décrire notre soulagement quand on pose le pied dans l’avion, un quart d’heure avant l’heure théorique de décollage ! Des passagers arriveront encore bien après nous, ils n’ont pas l’air inquiet ni essoufflé, c’est typiquement le genre de truc que je ne peux pas comprendre ^^
Côté hublot, je surveille le chargement des bagages, guettant l’arrivée des nôtres. En effet, nous avons entendu des histoires comme quoi certains passagers doivent récupérer leurs bagages lors de leur correspondance et les faire réenregistrer. Comme notre correspondance est également un avion de la Turkish Airlines, ça ne s’applique normalement pas pour nous, mais je suis une grande stressée. J’aperçois nos deux sacs à dos sur un chariot, ils sont placés (avec douceur, ça change de Zaventem) sur le tapis roulant montant vers la soute, je suis soulagée. Le vol ne dure qu’une heure, mais on nous sert quand même une collation. Je découvre ainsi mon premier vişne suyu (que je traduirais par jus de cerises aigres ou sures ?).
Arrivés à Ankara, deux bus attendent indistinctement les passagers. Nous montons dans le premier, qui est aussi rempli qu’une boîte de petits pois. On en voit se diriger vers le 2ème (quasi vide) et se faire remballer, donc nous ne tentons pas l’aventure. Le hall d’accueil est minuscule et les bagages commencent presque aussitôt à défiler : des valises mais aussi plein de cartons vaguement ficelés, des sacs en jute, voire des sacs plastiques, c’est assez hallucinant. On attend. On attend encore. On attend toujours. Quasi tous les passagers sont repartis avec leurs multiples bagages, les nôtres ne sont toujours pas là.
Un employé nous fait comprendre avec quelques maigres mots d’anglais que nous devons aller au guichet « bagages perdus / réclamations ». Je refuse vigoureusement, puisque je les ai vus se faire embarquer dans l’avion, il est impossible qu’ils ne soient pas arrivés à bon (aéro)port !
Nous attendons encore, sans plus de résultat. Finalement, il revient et nous fait signe de le suivre. Nous sortons de l’aéroport (warning intracrânien) pour y rerentrer 100m plus loin. Il y a en fait une autre salle pour les bagages internationaux. C’est sans doute là que le deuxième bus devait mener… Pourtant nos bagages viennent d’Istanbul, trafic national donc ! Nous avons de la chance de les retrouver car ils nous attendent depuis facilement 1/2h.
Dehors il fait déjà nuit. Nous nous faisons accrocher par un chauffeur de bus Havaş (nous n’avons d’ailleurs vu que cette compagnie-là pour relier le centre ville). Le trajet est hyper cher : pour environ 30km, ils font payer 9 liras (6 euros) par personne ! Le trajet nous familiarise avec la manière de conduire des Turcs : ils naviguent aux klaxons. Klaxons au pluriel car le bus en a une demi-douzaine de différents. Eh oui c’est élaboré comme langage. Ce n’est pas forcément agressif, c’est souvent pour dire « attention garde ta droite car je vais te dépasser ». Quand je vous disais que c’était un langage élaboré.
Arrivés au terminal, des hordes de taksi veulent nous manger tout crus. Nous préférons naviguer au hasard des rues, cherchant Ulus, un quartier où se trouvent nombre d’hôtels. Il est très difficile de se faire comprendre lorsqu’on demande la route et les sacs pèsent, pèsent… Un petit moment de galère et l’obscurité n’arrange rien.

Nous finissons par trouver le Turist Hotel ***, qui exhibe des tarifs raisonnables par rapport aux autres… enfin du moins sur internet ! Car sur place c’est un autre discours qu’on nous sert. D’abord le petit jeu classique du « l’hôtel-est-complet-mais-finalement-il-y-a-quand-même-une-chambre-pour-vous ». Ils annoncent un prix de 80 dollars (80 liras), soit le double des tarifs indiqués sur le net. On refuse, c’est trop cher pour nous, pouf « special discount for you », le prix passe miraculeusement à 60 dollars. Nous partons.
Nous essayons de trouver un hôtel un peu plus en retrait de la grande avenue et nous tombons sur le Aktaş Hotel *** où ils semblent a priori un peu plus honnêtes puisqu’un panneau annonce les tarifs. La chambre est correcte, la salle de bain un peu moins mais il est tard et nous ne sommes pas du tout assurés que ce soit mieux ailleurs.
Je m’apprête à prendre une bonne douche : il n’y a pas d’eau. Hum. Je descends à la réception, le gars me dit « no problem » et me rapporte une bouteille de la cuisine. Je lui dis : hayir, duş ! Il m’assure que dans 5 minutes c’est réglé, et ce fut le cas. AàG part en promenade pour découvrir la capitale et faire quelques photos de nuit. Il y a des publicités géantes très alléchantes ;-p

Plus tard on frappe à la porte, je pense que c’est lui et vais ouvrir. Je sortais tout juste de la douche, j’étais en chemise de nuit avec les cheveux trempés, pas encore démêlés. C’était un gars de l’hôtel, et il frappait en fait à la porte des voisins. Hum !
L’eau d’Ankara est super chlorée, nous devons la laisser reposer longtemps avant de pouvoir la boire. Plus tard dans la soirée, AàG veut aussi prendre une douche. A nouveau plus d’eau. Super, l’hôtel est en travaux quoi.
Nous avons passé une nuit épouvantable. La circulation est toujours aussi dense pendant la nuit, les klaxons toujours aussi nombreux… et, surtout, il y a le foreur fou de l’hôtel. Le foreur fou avait déjà sévi en soirée, puis nous avions eu quelques heures de répit. A 2h du matin, le foreur fou s’est réveillé, frais comme un gardon, et a décidé de continuer ses travaux. Impossible de déterminer l’étage d’où le bruit venait, le foreur fou a continué par intermittence jusque 5h. AàG, qui a été investiguer, me rapporte qu’aux autres étages c’est la foire, tout le monde est réveillé, il y a de la musique à fond, etc. Pour cela au moins nous avons de la chance, nos voisins sont silencieux. A 5h30, une femme se lamente à hauts cris dans l’hôtel, on entend des gens qui s’en mêlent et essayent de la calmer sans succès. Nous ne saurons jamais ce qu’il s’est passé, s’il y avait un “vrai” problème ou si c’était juste quelqu’un de saoul.

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17 août 2008 à 20:12
dieudeschats
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